Boualem fi Jérusalem

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Bouallem-Sansal-à-JérusalemIl pouvait, s’il le voulait, déverser toutes ses larmes en Algérie. Toutes les conditions sont réunies. S’il avait trop de peine sur le cœur au point de faire un pèlerinage au mur de Jérusalem, on pouvait lui montrer les endroits de nos lamentations ou de nos recueillements. Des rochers, des monts, des oueds, des grottes, des stèles, tout ce qu’il veut. De toutes les époques, les morts oubliés jonchent l’Algérie, il y a une abondance de malheurs oubliés et des cicatrices vivantes. Dans n’importe quel coin, le premier enfant peut lui servir de guide vers l’endroit des pleurs, des blessures béantes, des douleurs lancinantes….

Le choix des hauts lieux mystiques ou mythiques est grand et le pouvoir de presser les glandes lacrymales est incomparable. Il peut aussi profiter d’un calme sépulcral absolu à chacune de ses visites. Les curieux le regarderont faire de loin. S’il sent le besoin d’une coiffe pour pleurer, les gens modestes lui en fourniront volontiers et de toutes sortes : de belles calottes de soie, de lin, diverses chéchias des unies aux bariolées, des chèches de différentes régions, fez simples ou brodés avec ou sans gland. Si le cœur lui en dit, il pourrait opter pour les beaux turbans faits et enroulés avec grande dextérité. Ce faisant, il pourra, s’il le veut, prétendre au titre de maître pleureur ou simplement devenir marabout de la littérature des lamentations, grâce à des componctions soutenues et de graves méditations. Ainsi, il pourrait avoir la surprise d’être reconnu par son peuple, devenir célèbre et populaire. Il peut profiter des largesses de généreux serviteurs qui lui attribueraient un aura mystique et lui voueraient un culte après sa mort : Sansal, le saint, qu’ils l’appelleront…

Devant une perspective aussi fabuleuse, aller au pied du mur des Lamentations en Israël, chez les sionistes, qui martyrisent un peuple depuis plus d’un demi-siècle, commettre le suprême culot de se coiffer d’une kippa et inventer des raisons dérisoires pour justifier ces actes iconoclastes, même offerts sur le plus beau des plateaux d’argent, l’imaginaire algérien ne le supporte pas.

Honte à une littérature qui délaisse son peuple et sourit aux oppresseurs !

 

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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3 commentaires pour Boualem fi Jérusalem

  1. Questionnement dit :

    Ce type veut tout simplement faire « carrière » et il a très bien compris par qui il faut passer (au mieux). Au pire il est manipulé par les maitres du monde du moment, après reste à savoir s’il est consciemment ou inconsciemment. Mais vous me direz, aller pleurnicher en kippa au mur des oppresseurs peut-on le faire inconsciemment ? J’en doute fort…

  2. benbel dit :

    quelle littérature ? c’est de la publicité gratuite

  3. mouhouch dit :

    jalousie maladie qui complique ma vie,

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