L’extraordinaire «qui-tu-quisme» de Mokri, Adimi et Benbrika

Clairvoyants ailleurs, aveugles chez eux

aaawdafaLe DRS — Services secrets algériens —, ou une poignée de ses officiers barbares a créé et entretenu le terrorisme durant la décennie rouge, il a manipulé de bout en bout les Djamel Zitouni, était au courant que des massacres se préparaient, a laissé faire…, autant d’accusations graves dont les auteurs s’exposent à une répression féroce des médias et des autorités publiques. En Algérie, Dieu et prophète sont outragés au quotidien, à l’armée plus qu’ailleurs, souffler un seul mot sur les crimes du DRS et le ciel tombera sur la tête du profanateur. Dans un climat aussi lourd, toutes les langues se sont avalées. Les dizaines de milliers de victimes innocentes tuées par le DRS n’ont pas d’avocats algériens. Les disparus ne sont dans aucune poche, n’ont jamais existé. Gloire à toi rab Edzayer. Lumière et pilier de l’Algérie ! La vie, la mort, l’amour, le temps, l’histoire et le passé, tous chantent tes louanges.

La folle gamberge d’une possible complicité entre le terrorisme aveugle et des responsables puissants n’est pourtant pas complètement exclue dans le milieu intellectuel ou politique algérien. Tant s’en faut. L’Algérien n’est pas bête… L’accusation taboue grave remporte même un suffrage en Algérie, mais… seulement quand il s’agit de terrorisme dit islamique… manipulé par l’Occident. Sur ce point précis, les notables algériens, nombreux et de diverses chapelles, se déchaînent à qui mieux mieux.

Au lendemain de la publication de dernier numéro de Charlie Hebdo, un numéro consacrant ses célèbres outrages contre le Prophète SAWS, Amar Ben Kada de la chaîne Echourouk TV, a invité dans son émission, des personnalités algériennes plus ou moins connues pour débattre de ce sujet brûlant. Étaient présents sur le plateau : Docteur Abderrezak Mokri, SG du MSP, Docteur Mohamed Adimi, politologue, ex-officier de l’ANP, et enfin Docteur Mohamed Benbrika, un penseur et spécialiste du soufisme, l’un des rares algériens à parler un arabe parfait.

Durant le débat, chacun est allé de son analyse sur l’origine de la haine occidentale pour l’Islam et le manque de discernement entre terrorisme et religion. Chacun a défendu, d’une façon ou d’une autre, le principe que l’Islam interdit d’attenter à la vie des innocents ou même de mandater quiconque de le venger des médisances ou des outrages. Dans la foulée, d’autres questions limitant l’action citoyenne algérienne ont été abordées : le manque de liberté d’expression, la torpeur du régime face aux caricatures françaises, le conflit entre « les francotropistes » et les arabophones, etc. Sur l’origine du terrorisme en Occident, les trois personnalités sont tombées d’accord sur l’existence d’un complot contre l’Islam, qu’une main « occidentale » manipule le terrorisme dont les victimes sont des musulmans en majorité, mais aussi des Occidentaux.

Abderrazak Mokri explique la stratégie de la tension que les puissances étrangères ont mise sur pied. Elle vise à tétaniser les peuples européens et à les contraindre d’accepter des conjonctures économiques difficiles qu’ils refuseraient en temps ordinaire. Le docteur Benbrika a pour sa part fait allusion à un complot légèrement différent. Mijoté dans des « officines secrètes », un nouvel accord Sykes-Picot serait en cours d’exécution. Il convoite les ressources énergétiques et les ressources hydriques du monde arabo-musulman. Le terrorisme islamique, fait de groupes d’ignares et d’illuminés musulmans, serait ainsi l’un de ses instruments.

Les opinions alarmantes de ces messieurs laissent perplexe. Elles se fondent sur des scénarios de type « qui tue qui », puisqu’en bout de ligne, « des laboratoires occidentaux secrets » attisent la haine des islamistes radicaux (Charlie Hebdo et autres médias) et les poussent à commettre des attentats partout, y compris sur leur sol, sacrifiant ainsi des vies innocentes. Quand, en Algérie, on a des lumières comme ça, on se dit hamdoulillah, l’Algérie est gouvernée pars des anges. Elle n’a jamais eu d’« officines secrètes » démentes. Si elles se trouvaient, ces honorables messieurs à la langue châtiée et la conscience bien tranquille, l’auraient déjà dénoncées et auraient prêter main forte à leurs victimes comme le préconisent leur haute morale inspirées des préceptes du Coran et du Prophète dont ils défendent le nom sur le plateau…

https://www.youtube.com/watch?v=m8kSPHQEjdo&list=TLWdnGv27eSJ0

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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Un commentaire pour L’extraordinaire «qui-tu-quisme» de Mokri, Adimi et Benbrika

  1. Amar Boyuzouar dit :

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