Le cri d’orfraie de Louisa Hanoun *

Louisa hanoun1On lit maintenant dans les journaux que la dame de fer algérienne n’apprécie pas la politique qui se mijote à El Mouradia. Mais pas du tout. Après son tonitruant «Bouteflika n’a pas tenu ses engagements» voilà qu’elle s’en prend directement à son frère Saïd Bouteflika. Elle lui reproche de se laisser commander par un groupe d’homme d’affaires prédateurs dont le chef de file n’est d’autre qu’Ali Haddad, le nouveau golden boy version Bouteflika-DRS.

Les médias anti-Bouteflika, comprendre les godillots de Rab-Edzayer, ont sauté pieds joints sur les deux rares occasions du chef de PT pour amplifier ses critiques et du coup réamorcer leurs batteries en faveur de l’homme au visage caché. Dans une guerre de tranchées, on fait, dit le dicton, feu de tout bois. Et c’est bien là que réside tout l’intérêt des journaux comme El Watan, Le Matin et autres relais pour les accès de patriotisme de notre Passionaria.

Dans une bonne guerre médiatique, il n’est pas dans l’intérêt des journaux qui reprennent en chœur les accès de fronde de Hanoun contre son camp, de préciser qu’elle était de tout temps un maillon important et un bouclier fidèle à la stratégie de conquête du pouvoir de Bouteflika. L’instinct de prédation et les fortes ambitions personnelles chez cette dame n’ont rien à envier à ceux d’Ali Haddad qu’elle attaque par-derrière maintenant. Elle a mangé au même râtelier que le sien. Elle a été de toutes les guerres qu’ont menées Bouteflika et son frère pour mener à bien leurs campagnes électorales et les politiques stériles y compris l’exploitation du gaz de schiste —plus une cupidité d’hommes d’affaires corrompus qu’un impératif national— qu’ils ont imposées à l’Algérie. C’est elle, surtout, qui a berné le peuple en l’invitant de voter pour une tête «fonctionnelle», un candidat potiche, et a affirmé qu’elle est capable de réfléchir et de gouverner 36 millions d’habitants.

Si, maintenant, la harpie trotskiste pousse des cris d’orfraie, ce n’est pas par patriotisme. Il faut chercher la clé de ce mystère dans l’odieux jeu d’équilibre des pouvoirs, dans la main secrète des clans ou dans la convoitise insatiable des prédateurs.

https://youtu.be/7mN6tdQBBYI

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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