Les moukhabarat pointées du doigt dans la mort du journaliste Mohammed Assimi

Les «journalistes d’El Manar» accusent

hôtel el Manar Sidi FredjUne scabreuse affaire classée vient de remonter à la surface. Elle pourrait avoir des incidences graves sur le milieu de la presse et ses rapports avec les services secrets. Un curieux appel de détresse a été lancé par un groupe de journalistes à l’adresse du premier ministre Abdelmalek Sellal et au ministre de la Communication Hamid Grine. Résidant à l’hôtel El Manar de Sidi Fredj, les journalistes affirment qu’ils vivent une situation dramatique du fait des harcèlements et des intimidations dont ils sont l’objet au quotidien. Ils sont sous les griffes d’une bande de malfaiteurs qui écume l’hôtel et qui a transformé des chambres réservées aux personnes protégées en lieu de débauche. La situation serait d’autant plus grave que ces individus sont armés avec des « engins » au laser genre Taser. Par une nuit, ajoutent-ils, un des journalistes a été accosté, électrocuté et sommé de déménager. Ils l’ont menacé de représailles s’il s’avise de se plaindre de leurs activités ou de les dénoncer.

La bande, disent les journalistes d’El Manar, se compose de sacripants, d’employés de l’hôtel, de prostituées. Des complicités avec des membres des services de sécurité leur assurent couverture et fourniture en armes au laser que seuls les services secrets sont censés posséder.

Les journalistes vont plus loin dans leur accusation. Ils affirment que le journaliste Moahammed Assimi, trouvé mort dans sa chambre verrouillée le 19 avril 2010, un lundi, au même hôtel, n’a pas succombé à un arrêt cardiaque naturel comme il fut déclaré à la presse à l’époque, mais a été tué par cette bande avec une arme au laser. Ils l’auraient électrocuté au niveau du cœur. L’appel de détresse se veut un signal d’alarme aux autorités et à l’opinion publique contre une fin semblable.

Pour rappel monsieur Assimi travaillait pour le journal Le Matin et fut un spécialiste des enquêtes sur le terrorisme. La mort par arrêt cardiaque d’un journaliste proche des services secrets est trop insolite pour ne pas réveiller des soupçons.

Qui ouvrira le dossier ? Qui va prêter l’oreille aux journalistes d’El Manar ? Le DRS ? Certainement, mais ce ne sera pas dans le sens espéré. Sellal ? La marmita ? Soyons sérieux. Hamid Grine ? Un éditorialiste vient de décrire ce qu’est un ministre de la Communication : 4 s dans la pendulette du président et 5 minutes dans l’horloge du pouvoir. N’en rajoutons pas. Mohamed Benchicou, ex-collègue et ex-patron de la victime ? Autant attendre que les poules aillent des dents. Monomane et buté comme il est, il enjamberait des milliers de cadavres tués par des militaires pour atteindre El Mouradia et faire la peau à Bouteflika.

Il est à craindre que personne n’osera remuer les cendres d’Assimi. Son âme comme celle de Boudiaf, de Hachani, de Djaout…, attendra le jour de Dieu. Ça a l’air dérisoire, mais à l’échelle d’une vie d’un être humain, ce n’est pas la Saint Glinglin…

http://www.petitions24.net/110310

http://www.latribune-online.com/index.php?news=32767

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3 commentaires pour Les moukhabarat pointées du doigt dans la mort du journaliste Mohammed Assimi

  1. Bonny dit :

    Cela a été déjà une pratique des éléments du DRS par un passé récent !

  2. Condor dit :

    La fable de « Ti goul ou ti goul pas »:
    « Chambres Sécuritaires », on les appelait ainsi au temps où « El-Manar » était transformée, dès 1993, par les Foufou et les Toutou en « bunker otanien » pour des journalistes dits « menacés par le…terrorisme ». La devise des sous-fifres du DRS était de dire aux journalistes, en statut SDF: « Ti goule, t’as une chambre; ti goule pas, quelqu’un te rendra visite au milieu de la nuit ». Suivez le regard….. Le défunt a dû partagé sa « réponse » en deux tranches: la première « oui ti goule », donc une chambre acquise, la deuxième tranche, où il s’était rétracté, il disait: « non, ti goul pas », alors il a eu droit, le pauvre, à la fameuse visite nocturne.

  3. rouabhi brahim dit :

    le journaliste en question qui fut mon frere ainé son pseudo c’est MOHAMED ISSAMI et non pas MOAHAMMED ASSIMI

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