Vent de panique, Saïd Bouteflika montre patte blanche à un député cuirassé

Saïd Bouteflika«La promesse d’un député algérien sort de son clapet comme une boule de chewing-gum. Elle éclate sur la figure avant qu’on ait le temps de l’examiner.»

Incroyable ! Inouï ! Ce qui s’est produit relève d’une hallucination politique la plus… hallucinante. On se serait cru volontiers dans un univers onirique. Mais voilà, la preuve matérielle du grenouillage grossier entre un Laribi entretiendéputé au bras long et le clan présidentiel existe bel et bien. La pièce de conviction fut sauvée miraculeusement par une simple capture d’écran…

Les faits

Le 16 mars dernier au soir ou bien le 17 mars au matin — la capture d’écran fut prise avant la fin des 24 heures de sa publication, période où la date n’est pas indiquée sur Facebook —, le député islamiste Hassan Laribi, privilégié par sa relation de longue date avec le général Mohamed Mediène, avait publié une annonce dans laquelle il avertit que sous peu il allait faire une déclaration solennelle sur de graves agissements de Saïd Bouteflika. Il esquissa un peu l’objet du pamphlet en indiquant que Saïd Bouteflika est coupable d’abus de faiblesse, il exploite la vulnérabilité du président et l’a supplanté dans toutes ses activités. Il aurait détourné la présidence à son profit et agirait comme s’il était le véritable président. Il commet ainsi, selon lui, un crime à l’encontre de la nation.

Le 17 mars au soir ou le 18 au matin, l’annonce, dont la capture d’écran est jointe en annexe, disparaît du mur d’Hassan Laribi et aucune déclaration sur Si Saïd ne fut publiée. Monsieur Laribi a, visiblement, préféré avaler sa langue pour une raison inavouable.

Développement et coup de théâtre

Le même jour (17 mars), sur son mur, Laribi publie un autre communiqué et fait état d’une rencontre à 14:30 avec le premier ministre Abdelmalek Sellal au palais du gouvernement. La rencontre, apprend-il, s’est déroulée dans une ambiance cordiale et bon enfant et a duré une heure et demie. La rencontre entre les deux hommes a porté sur plusieurs sujets, dont le gaz de schiste, les disparus et des sujets de moindre importance. Il en ressort que Marmita a gavé son hôte avec des expédients et de… la monnaie de singe. Le député islamiste qui n’est pas un foudre de guerre, mais ,un vrai matois sous les allures d’un saint en matière de mercantilisme, a fait mine d’être convaincu par les réponses de Marmita, comme hier il a fait mine d’être convaincu par les thèses de Rab-Edzayer sur les crimes contre l’humanité. Il retourna chez lui et prêcha des nouvelles rassurantes.

Dans le communiqué de Laribi, nulle trace de sa promesse au peuple, nulle trace de Si Saïd traité un jour plutôt de criminel. Le pamphlet, l’annonce tapageuse, le ton grave, la vérité qu’il allait dévoiler à l’opinion ? Pshiiiiiit ! Waaa.lou. La montagne a accouché d’une souris.

Ce n’est pas fini. Un miracle  propre au pays des merveilles de Bouteflika-DRS s’est produit  du 19 mars. Monsieur Laribi, président ou simple membre de la Commission Défense à l’APN, demande aux Internautes sur son compte Facebook de rester à l’écoute, il est attendu par la chaîne Echorouk TV pour une intervention télévisée avec Kada Benamar, l’animateur de l’émission « Houna el djazaïr ». Notre député s’est retrouvé ainsi projeté sous les projecteurs, à la télévision pour raconter son épopée. Dans un premier temps, Laribi a répondu rapidement par téléphone à quelques questions sur sa rencontre informelle avec Marmita (vidéo 1). Ensuite, il fut carrément invité à s’expliquer sur le plateau de l’émission ; cette fois, il s’est longuement exprimé sur le fameux entretien du Palais du gouvernement (vidéo 2). Dans les deux apparitions, encore une fois, il ne fut pas question de Si Saïd. Waaaa.lou ! Décidément, la promesse d’un député algérien sort de sa bouche comme une boule de chewing-gum. Elle éclate sur la figure avant qu’on ait le temps de l’examiner.

Entretiens télévisés et interprétation

Interrogé sur le motif et l’instigateur de la rencontre, Laribi, malin comme un renard ou presque, donne deux réponses vagues et contradictoires. Une fois (vidéo 1), il dit avoir appelé son ami Sellal pour lui passer le bonjour. Comme si celui-ci tournait les pouces, décida de l’inviter sur le champ pour se tailler une bavette et passer un bon petit moment en son agréable compagnie. La deuxième version plus sérieuse (vidéo 2), mais toujours pas convaincante, Laribi dit qu’il voulait intercéder auprès de Sellal en faveur de citoyens « ordinaires » en difficultés ; sur son bureau traînaient plusieurs dossiers en souffrance que seule une autorité comme le premier ministre était capable de débloquer ; il est un homme serviable et a la main sur le cœur, assure-t-il. On se serait bien pris au jeu de la philanthropie et du dévouement des deux personnalités s’il n’y avait pas un maillon manquant au récit. Qu’est devenue la promesse de Laribi et sa détermination de mettre au pilori Si Saïd, le criminel ? Et comment cette rencontre a eu lieu quelque temps avant le passage à l’acte?

Dans les deux entretiens, Laribi a soigneusement évité de parler de Saïd Bouteflika. Quand finalement l’animateur le pressa avec la question de savoir si sa réception au Palais du gouvernement n’avait pas de liens avec les menaces de dénonciation qu’il avait proférées. Laribi est resté évasif et nia le lien entre les deux et rapporta que Sellal lui aurait affirmé que Saïd n’avait pas les pouvoirs qui lui sont faussement attribués. Laribi n’avait pas l’air de trouver l’affirmation un peu court, il se contenta de l’apparente bonne foi de Sellal ou feignit l’admettre.

Que s’est-il passé dans la tête de l’islamiste qui n’a d’autre argument à l’appui dans ses différents témoignages que le serment des voleurs de vache, quelque chose comme « Allah chahidoun ala ma akoul » (Dieu m’est témoin) ? Pourquoi subitement Laribi s’est-il rétracté après avoir affiché une détermination et une gravité solennelle de dénoncer le crime de Saïd Bouteflika? La volte-face, cousue sur fil blanc, laisse penser que c’est plutôt Sellal, alerté des intentions hostiles de Laribi, qui a pris contact dare-dare avec lui et l’aurait mis en garde ou conjuré de renoncer  à sa menace.

Épilogue

Cette histoire qui transforme le méchant loup en un gentil chien de garde a de quoi faire réfléchir. Saïd Bouteflika a le dos au mur et reçoit trop de coups à la fois. Son frère, ectoplasme dans ses ridicules et pitoyables apparitions, compte de moins en moins pour l’opinion. Les discours martiaux lus à la télé sont sans effets, voire caricaturaux. Plus le temps passe et plus la pression se fait sentir sur sa propre personne. S’il a su éteindre plusieurs feux à ce jour, il n’est pas certain qu’il pourra faire face au brasier du gaz du schiste s’il décide de passer outre la volonté du peuple.

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Vidéo 1 :   https://youtu.be/-AgaqwzLddc

Vidéo 2 :   https://youtu.be/OikND6bMVPU

L’annonce :

Hassan Laribi

Le communiqué :

Laribi communiqué

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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4 commentaires pour Vent de panique, Saïd Bouteflika montre patte blanche à un député cuirassé

  1. Belahreche dit :

    Hassan Laribi a trahi les militants du FIS, au camp du sud, et lorsqu’il était le trésorier à Bir AL Aâter (Tebessa). Il a trahi Djaballah. Il a été recruté pour le DRS par un escroc à l’hôtel Aurassi MM (Moncef Meriem). Voici sa biographie
    L’AVOCAT DU GENERAL TOUFIK, le député Hassan Aribi

    Publié le samedi 15 février 2014 13:24
    Écrit par ML ZOUAIMIA

    Qui est Hassen Aribi 😕
    Un vrai Député crypto Islamiste au service du chef du DRS. Il a réussi à exploser le parti Ennahda de Djaballah lorsque celui est devenu réfractaire aux injonctions du DRS. Il a réussi à garder son siège de député dans le parti des dissidents d’Ennahda avec le groupe d’Adami. Il a été chargé pour des missions auprès des Islamistes du FIS à l’étranger. Il a été également l’intermédiaire dans les contacts avec les groupes armés restés au maquis. Un personnage aussi énigmatique que son chef, le général Toufik. Sauf qu’il est connu dans l’hémicycle par ses

    kabyllie.blogspot.com/2014/02/lavocat-du-general-toufik.html

    • supplicié dit :

      ce hassen aribi prostitué parmi les prostitués comme il en pleut à foison partout en algerie et dans les pays arabes , qui sont la malediction et la cause principale de la descente aux enfers de nos sociétés.

    • Condor dit :

      ARIBI Ahcen (ou si vous voulez LARIBI Hassan) est à l’image de son gourou. Un général qui sait à peine (d’après certains) écrire son nom avec quelques fautes d’orthographe. C’est le sale temps d’un général ignare qui fait appel à un analphabète. Un général fabriqué de toute pièce par le régime Chadli, qui l’a rappelé de son poste en Libye pour la simple raison qu’il avait accepté, en 1975 de mettre en valeur son savoir faire de milicien (repris durant les 1990 avec GLD) pour organiser « la défense de la révolution » dans l’ouest (2ème Région) du pays et se lier à une grande famille, les Fesraoui. Mais les milices de l’ouest, c’était contre qui? les pauvres Marociches qui menaçaient d’envahir l’Algérie. Voila à qui on a confié, dès 1990, les SS du pays. On gère pas la sécurité de l’Etat avec une jugeote de milicien sicilien. jamais.

  2. Condor dit :

    Les choses s’éclaircissent de plus en plus. Rab Dzayer ne rate aucune mouche qui s’invite à sa table, y compris cet islamiste « à vendre au mieux offrant. mais, à lire l’article,peut-on comprendre que « Rab Dzayer » gagne des point contre le frérot, après avoir failli laisser des plumes face au gros, à In-Salah, en tentant de faire impliquer l’ANP dans le l’affaire du gaz du schiste?

Les commentaires sont fermés.