Les SSSA d’El Watan resurgissent et confient des informations «ultra secrètes»

CIA renseignement américainChuuuut ! Il faut lire le pétard à voix basse. Il ne s’agit pas pas de n’importe quel article. Quand les informations sont livrées sous le sceau du secret et offertes par des sources sécuritaires sures et anonymes (SSSA) du quotidien d’El Watan, c’est qu’il est question, à n’en point douter, de renseignements confidentielles de la plus haute importance. De ce genre dont raffolent les initiés et les fins observateurs étrangers qui daignent s’intéresser à notre pays. En clair, lire ces informations revient à avoir la conviction d’être dans la cour des grands de ce grand et vaste pays. L’enjeu est donc très important…

De quoi il s’agit cette fois ? Les SSSA d’El Watan parlent d’espionnage — le cœur commence à battre — contre la présidence et l’institution miliaire : les deux et uniques piliers de l’Algérie puisque le reste, c’est du carton. Les services de Renseignement des puissances étrangères, en particulier la CIA et la DGSE française, sont à l’affût de la moindre information leur permettant de comprendre la pétaudière du pouvoir algérien. Tzagat ya l’khawa ! Il y a le feu dans la baraque.

Pour ce faire, les SSSA avertissent les Algériens, comme une grave menace, que les puissances étrangères ont pris des contacts secrets et publics (tiens !) avec diverses personnalités civiles et militaires pour leur tirer les vers du nez. Ils sont en quête des données sur « la relation entre le président de la République et les décideurs militaires et sécuritaires », sur « les stratégies adoptées par le Haut Commandement militaire face à la situation régionale » et enfin sur « les 10 plus hauts gradés de l’armée, des services de sécurité et du DRS ». Et pour boucler la boucle, les gorges profondes susurrent au quotidien El Watan qui transmet ces importantes informations à ses lecteurs par une rare charité algérienne, que les jeunes loups de l’ANP (les officiers qui ont un avenir probable dans le haut commandement) sont dans le collimateur des renseignements étrangers. C’est à couper le souffle, en effet, mais pour… les corniauds.

Pourquoi le journal le plus branché sur le sujet de la sécurité a-t-il balancé ces truismes ? Tout le monde espionne tout le monde. Chacun avec ses moyens, ses techniques et ses appâts. Les téléphones portables des dirigeants européens eux-mêmes sont sur le système d’écoute américain. L’Algérie a plusieurs fois eu affaire avec des ressortissants étrangers, y compris français, arrêtés pour activité d’espionnage. Un agent de la CIA posté à Alger a même utilisé des moyens peu orthodoxes pour arriver à ses fins… Le DRS dormait et l’Algérie n’avait pas réagi. Il a fallut qu’une victime porte plainte pour que le scandale éclate. Où sont le scoop des SSSA et le sérieux d’El Watan ? Nulle part. S’ils voulaient se rendre utiles à leur pays, les informateurs militaires pouvaient le faire de mille manières. Par exemple, ils doivent avoir des informations sur un certain officier supérieur à la retraite du nom de Dorbane dont le fils est impliqué dans le scandale de Sonatrach. Ils participeraient à la préservation des intérêts de la nation s’ils mettent au clair les dessous de la disparition mystérieuse de son nom de la procédure judiciaire. Salima Tlemçani qui a succinctement fait état de l’affaire Dorbane, a laissé les lecteurs sur leur fin et a renforcé l’idée que les gros poissons sont des militaires et sont au-dessus de la loi.

La parodie barbouzienne n’est pas finie. Plus loin dans l’entrefilet, le lecteur apprend qu’il n’y a rien de méchant dans leurs intentions. Washington et Paris ont décidé de nous espionner non pas pour nuire à notre pays ou le faire chanter, mais seulement pour prévenir un scénario catastrophe. Ils veulent se rassurer de la solidité de l’institution militaire et dissiper leurs craintes que l’opacité du pouvoir algérien et le dernier rififi entre la présidence et le DRS ne conduisent le pays et la région vers un bourbier. Comme ils sont gentils, ces services secrets !

Avant d’arriver à la fin, le lecteur tombe sur ce qui peut être le fin mot de ces «révélations». En substance, les SSSA qu’il faut ranger sans hésitation dans le camp de rab Edzayer, assurent que les services de renseignements étrangers n’ont pas pu percer le secret des militaires. Voilà de quoi être fier. El Hamdoulilla, rab Edzyer et Gaïd Salah n’ont pas cédé aux pressions, ils n’ont rien dit sur la bombe ato… Oups! Le patriotisme quand il est militaire, il est sans faille. Par contre, se désolent-ils, l’état de santé du président n’a aucun secret pour les étrangers. On jurerait un message sibyllin : la présidence est ouverte aux quatre vents… Et pas seulement au sujet du dossier médicale de Bouteflika.

Enfin, cette dernière précision laissée dans le tout dernier paragraphe. Les relais de Rab-Edzayer affirment que les militaires ne s’impliquent pas dans la politique, mais… si la situation l’exige… Comprenne qui pourra.

Paris et Washington veulent percer le secret des décideurs militaires et sécuritaires

Affaire Sonatrach 1 : Une polémique, un report et des questions

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Un commentaire pour Les SSSA d’El Watan resurgissent et confient des informations «ultra secrètes»

  1. nounou dit :

    dés qu’on lient quelque chose d’eux une odeur pestilentielle nous envahit !pardon je vais vomir!!!

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