Naïma Salhi: une femme «très» soumise cherche pouvoir politique…

Naïma SalhiDésolé si des circonstances fortuites ont concouru aujourd’hui pour mettre à l’honneur les travers islamistes dans le blogue. Il s’agit d’un problème sociétal et politique d’une grande importance.

En matière de déclarations choquantes, mensongères, farfelues ou pédantes, la classe politique et intellectuelle algérienne détiendrait un bon recueil anthologique. Si bien qu’elle se classerait sans difficulté dans le peloton de tête si un classement mondial leurs est réservés. Sans rappeler les perles trop nombreuses, citons une déclaration fracassante fraîchement émise par la présidente d’un parti politique de tendance islamiste.
Naïma Salhi, chef du Parti de l’Équité et de la proclamation (PEP) a exprimé sa fierté d’être une femme totalement soumise à son mari. Malgré ses obligations envers les membres et les sympathisants de son parti, au demeurant actifs sur le terrain, elle fait savoir lors d’un débat télévisé, qu’elle n’entreprend rien, absolument rien, sans informer son époux et sans avoir reçu son approbation. Elle lui est serait complètement dévouée. C’est son guide dans la vie publique.

L’enjeu que cache cette déclaration est considérable sur la vie politique. Il concerne toutes les femmes politiques voilées. Sont-elles libres de leurs décisions et de leurs actions ? Sont-elles aptes à prendre des responsabilités importantes dans les appareils de l’État ? Des questions qui devraient nous interpeller et trouver des réponses urgentes dans la Constitution.

Étant dans un pays conservateur, voguant au gré des courants contradictoires, il est clair que certains applaudiront madame Salhi, ravis de l’entendre affirmer sa dépendance de envers son conjoint. Ils y voient un signe de piété fervente et une application stricte d’une recommandation religieuse, mais ils ne se demandent pas ce qu’il adviendra de l’engagement partisan de cette épouse « exemplaire ». Ses principes et prises de position politique soumis par essence à la seule conscience d’un être libre et responsable, sont-ils tributaires de la volonté et de la clairvoyance incertaine de son mai ?

La position de cette dame est intenable. Elle ne peut courir sur deux chevaux à la fois. Toute son activité politique est motivée par la prise ou le partage du pouvoir à travers les élections démocratiques. Sa vie politique entière tourne autour de ce but. Il est inconcevable que le peuple puisse être représenté, par une politicienne qui, avant de proposer des idées, des projets, des lois, prendre des décision qui engagent la nation, elle demande l’autorisation de son mari… Comme si le peuple avait élu un couple et non un candidat.

Après l’épouse d’Abdellah Djabellah, la candidate intégralement enniqabée des dernières élections législatives où elle a refusé de dévoiler son visage, l’Algérie fait face à une nouvelle pierre d’achoppement politico-étique qui entrave le bon fonctionnement de la République et qu’il faut s’employer à supprimer rapidement.

Madame Salhi n’est pas digne de diriger un parti politique ni de se présenter dans une quelconque joute électorale. Pour y avoir droit, il faut un minimum de maturité.

Naima Salhi : «je suis une femme soumise à un degré incroyable»

 

 

 

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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