Raymond Nart formel : Smaïn Lamari manipulait Djamel Zitouni

Un barbouze français sans cœur

Raymond Nart  ex-directeur adjoint de la DSTDans le court documentaire diffusé le 18 avril dernier sur France 2 sur le lourd dossier des moines de Tibhirine, les téléspectateurs ont eu droit à un témoignage capital sur les relations qu’entretiennent les patrons du DRS avec le plus sanguinaire des chefs du GIA Djamel Zitouni. Ce dernier été manipulé par le général Smaïn comme un pantin, dit-il en substance, il a été épargné pour faire imploser les groupes armés islamistes. Raymond Nart, 78 ans, n’a pas livré ici une conviction ou une opinion conçue de sa longue expérience dans le monde du Renseignement. Il a rapporté un aveu explicite du général Lamari, l’ami algérien avec qui il collaborait pour traquer les terroristes. Un aveu qu’il a entendu lui-même de la bouche du général. Etc.

La révélation de ce secret, aux conséquences graves, n’est pas nouvelle. À Jean-Baptiste Rivoire de Canal-Plus, le 6 mai 2011, ses confidences furent plus explicites. Le général Smaïn, mort en 2007, lui apprend sur un ton badin qu’avec Djamel Zitouni, la DRS a eu du pot et se trouvait à la tête du GIA. Mais sur France 2, ce serait la première fois qu’il le rend public devant une caméra de télévision, acceptant, lui l’homme de l’ombre, de s’exposer aux feux des médias.

Raymond NartInterrogé sur l’impact de cette relation incestueuse sur le dossier des moines de Tibhirine, l’ex-directeur adjoint de la DST, tendu, se rattrape. Il assure que son ami Smaïn n’y est pour rien. S’il a vraiment orchestré l’enlèvement, il n’aurait jamais permis de restituer les têtes des moines. Ce serait une faute impardonnable. Il est impensable qu’un barbouze de sa trompe ait pu tomber aussi bas.

La plaidoirie en faveur du patron du contre-espionnage algérien sera perçue comme du pain béni par toute une faune d’acteurs et d’observateurs acquis aux thèses du DRS. Sévrine Labat et Yves Bonnet en particulier, doivent se pâmer. Au lendemain de la diffusion du témoignage, le relais des généraux, le journal numérique Algérie-Patriotique, saute sur l’occasion et titre un article : « L’ex-numéro 2 de la DST : Si le DRS avait tué les moines, on n’aurait jamais retrouvé leurs têtes ».

En dépit de sa conviction, personne n’ignore le dilemme dans lequel s’embringue monsieur Nart. C’est bien Djamel Zitouni qui a ordonné l’enlèvement. Comme il est sous les griffes du DRS — le DRS était à la tête du GIA enorgueillit « hadj » Smaïn à son ami —, il ne pouvait se lancer dans une opération aux répercussions médiatiques inévitables. Le vendeur de poulet, ballot aux dires de son marionnettiste, ne pouvait agir sans l’aval de ses maîtres. Sur ce point, Nart n’apporte pas une explication laissant les téléspectateurs et les familles des moines dans la confusion.

Contrairement aux familles des moines de Tibhirine, pour les familles des victimes de Bentalha, de Raïs et d’autres génocides, le témoignage précieux de l’ex-barbouze français ne souffre d’aucun amalgame. Il glace le sang. Il rend le DRS responsable des massacres : Djamel Zitouni était la création abominable de Rab-Edzayer et son plus proche lieutenant Smaïn. L’armée a lâché du lest à Zitouni pendant qu’il commettait les massacres épouvantables. Elle connaissait ses plans et pouvait l’éliminer dès la première tuerie contre les civils. Elle a préféré le garder pour que son étoile monte et son leadership se renforce et fasse de l’ombre aux autres émirs. Monsieur Raymond Nart ne semble pas non plus gêné par cette forte présomption.

La France, pays libre et démocratique, devrait réexaminer le témoignage de Nart à l’aune de la chronologie des grands crimes contre l’humanité commis par Djamel Zitouni en Algérie et en France. Il faut situer la date de la rencontre « amicale » entre Smaïn et Nart. Avant ou après les massacres, avant ou après les attentats de Paris, avant ou après le détournement de l’Airbus…

http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/13h15/13h15-du-samedi-18-avril-2015_874111.html

http://www.algeriepatriotique.com/article/lex-numero-2-de-la-dst-si-le-drs-avait-tue-les-moines-naurait-jamais-retrouve-leurs-tetes

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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3 commentaires pour Raymond Nart formel : Smaïn Lamari manipulait Djamel Zitouni

  1. Belahreche dit :

    Le personnel politique français manque cruellement de courage. Toujours des phrases sibyllines. Comment une marionnette, un vendeur de poulet de surcroît, soit encadré par les criminels de la DRS et et être totalement totalement libres de ses actions. Une contradiction flagrante. Comme Le Hadj Citane Smain avec sa direction du contre espionnage soit l’interlocuteur privilégié de la DST alors qu’il doit être celui de la DGSE. Encore une tare dans les us et cotumes dans la communauté du renseignement. Le Chitan est parti en 2007, mais ses avocaillons continuent à le défendre bec et angle : Bonnet, Marchianni, Pasqua et des journaleux Labat et comparses.

  2. supplicié dit :

    Raymond Nart , Bruguiere, Bonnet , et bien d’ autres « civilisés » rejoignent la meute des monstres a visage humain tels lamari, djebbar nezzar, etc……… la barbarie officielle, ce n ‘est plus l’ apanage des predateurs algeriens.Comment leurs enfants peuvent ils leur faire confiance?

  3. Mohamed dit :

    J’ai quand même du mal à y croire, comment Djamel Zitouni se faisait manipuler par la sécurité militaire?

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