Le papy du DRS : Septuagénaire et tortionnaire

Mohamed Mediene 2On ne sait si le diminutif affectueux « Papy » le froissera, l’indiffère ou même l’amusera comme Rab-Edzayer. Son mérite revient à deux journalistes français qui ont eu «privilège» d’approcher et de voir le saint visage du général Mediène. Dès les premiers regards, ils tombèrent des nues, éberlués et sans voix. Le monstre n’avait rien d’un monstre… Les deux auteurs de « Paris Alger Histoire passionnelle » lui trouvaient plutôt un profil de grand-père, un grand-père tendre et affectueux. Et c’est comme ça que le quolibet est né. Comme l’Algérie n’a pas porté plainte et lui n’a pas envoyé un Bombardier pour les dissuader, on en conclut qu’il ne lui prête pas davantage d’importance. Alors, adoptons-le et utilisons-le chaque fois que cela est nécessaire.

Papy pour les Algériens est un dieu vivant. Il est surtout connu ou soupçonné d’être l’un des généraux les plus sanguinaires répertoriés dans toute leur histoire. Il utilisa des méthodes de guerre qui feraient frémir des montagnes et trembler le Trône céleste, mais cela c’est une autre histoire qui n’est pas encore écrite. Aujourd’hui, il est question simplement des tortures. De simples tortures qu’il utilise systématiquement quand il veut faire cracher un suspect. Passage à tabac, chiffon, mise à nue, humiliation, traitement dégradant, sodomie, menace de déshonorer la mère, l’épouse ou les filles de la victime, etc.. Rien d’extraordinaire en somme, ces méthodes sont utilisées partout, en Syrie, en Irak… La chose qui le distingue des autres, c’est probablement son âge. Imaginez un ancien tortionnaire, vieillard, qui à plus de 70 ans reprend du service. Invétéré dans la violence, il ne s’en repent jamais. Dieu lui accorde quelques années précieuses supplémentaires pour qu’il en profite et efface ses péchés passés, et lui, il ne trouve rien de bon que la torture pour finir sa vie et mourir avec le mirage de sa superpuissance.

Wallah h’chouma. c’est une honte. Une honte ! Un homme de son âge qui continue à torturer et un vieux responsable qui persiste à salir les services de renseignement algériens. En 2014! Comme si la décennie noire n’est pas assez. Avec ses méthodes barbares, il fait passer les officiers de l’armée pour des salopards et les hommes d’État pour des lâches qui ferment les yeux sur les violations des droits de l’homme. Le nom de DRS traîne dans les tribunaux en tant que repaires de tortionnaires… Que dira le général Mohand Tahar Yala un homme de bonne famille, par exemple ? Mohamed Chafik Mesbah, un intellectuel formé à bonne école, quelle cabriole, usera-t-il pour camoufler cet arbitraire inadmissible? Eux et d’autres grands feudataires qui devant les médias, ont soutenu à bà bout de bras la cause, le professionnalisme et la réputation du DRS, où vont-ils se cacher quand on leur oppose les témoignages de torture? Ils n’ont d’autre posture que de faire profil bas, tergiverser ou mentir. Les pays qui se respectent ne torturent pas leurs délinquants, ils ont d’autres moyens pour parvenir aux faits. Si la violence pouvait sauver donner de la puissance et sauver un pays, le bloc soviétique, celui-là même où rab-edzayer avait fait ses premiers pas dans le monde ténébreux des supplices, aurait survécu. Combien de Russes Staline avait-il tués? Le peuple russe a vomi et ses méthodes et son héritage.

Quant aux deux journalistes français, on ne se sait s’ils maintiennent le profil de papy du général Toufik s’ils apprennent le témoignage de Chani Medjdoub principal accusé dans le dossier de l’autoroute est-ouest ?

Procès de « l’affaire de l’autoroute Est-Ouest »: les avocats de Chani à l’offensive (en direct de la Cour d’Alger)

Publicités

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
Cet article a été publié dans DRS, Terrorisme d'Etat. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Le papy du DRS : Septuagénaire et tortionnaire

  1. Mohamed dit :

    Comment se fait-il que Bouteflila n’ait pas pu le faire juger devant les instances internationales pour les disparus, l’usage de la torture qu’il a encouragée, les massacres collectifs, sans parler de l’affaire Boudiaf…

    J’avoue ne plus rien comprendre, Bouteflika aurait donc aussi du sang sur les mains?

Les commentaires sont fermés.