Madame Labidi prend une déculottée à l’APN

La ministre de la Culture réagit à la façon de Saïd Bouteflika et d’Amar Saâdani

Louisa HanouneLa ministre est la cible d’un feu nourri de la part du parti des travailleurs. Louisa Hanoun a créé l’événement ces trois derniers jours. Elle brandit ex abrupto l’étendard de la lutte contre la haute corruption. Sans mettre de gants, elle prend à partie la ministre de la Culture dans la session plénière et l’accuse de corruption, de Labidi cultureconflit d’intérêt et de népotisme en faveur de son fils. Il faut dire qu’elle a bien ajusté son tire : il est étonnant que le PT ait pu réunir autant de forfaits chez un seul ministre. Habituée, comme elle l’est, à l’art de la vocifération, la pétroleuse algérienne, assistée par son bras droit Djelloul Djoudi, a voué sa victime aux gémonies. Madame Labidi, de son côté, se trouve aujourd’hui dans de beaux draps. Le coup étant resté sans réaction convaincante ; il est peu probable que la menace de porter plainte conditionnée par la persistance de l’accusation puisse la blanchir aux yeux de l’opinion.

Pour réhabiliter son honneur comme elle dit, la ministre déstabilisée ne peut pas faire l’économie d’une plainte immédiate en bonne et due forme. Toute autre tergiversation ne fera que la confondre. La menace de plainte du genre de celle de Saïd Bouteflika à l’encontre de Hicham Aboud ou celle d’Amar Saâdani  à l’encontre du fils de Nezzar, on sait qu’il en advient… De l’esbroufe et de la poudre aux yeux, histoire de croire qu’on a eu le dernier mot. Pas plus que ça.

La part du DRS

Reste le volet politicien de cette guerre Hanoune-Labidi. En existe-t-il ? Peut-être bien que oui et peut-être bien que non. Mais, l’Algérie étant ce qu’elle est, la prudence, mère de sûreté, dicte de se poser des questions par-delà les apparences. En l’occurrence, le contexte est très important. Il y a comme un mystère. Louisa Hanoune n’a pas brillé par son combat contre les ministres voleurs ou corrompus. La pétroleuse enflammée de l’Algérie, sauf en ce qui concerne des travers du président ou des crimes de la sécurité et des généraux barbares où elle n’ouvre jamais sa bouche, s’est bien accommodée avec la pègre pendant de longues années. Elle a croisé le fer avec quelques ministres, mais avec des accusations générales, rien de très sérieux. Chakib Khalil était déjà à terre en train de mordre la poussière quand elle l’a pris en chasse. Ce n’était pas de la bravoure. À quoi devons-nous la déculottée d’une ministre aujourd’hui ?

La réponse a peut-être un lien avec le procès de l’autoroute Est-ouest. À l’heure où le monde politique en Algérie est focalisé sur le procès de l’autoroute est-ouest et découvre effaré, que le redoutable DRS est au cœur du scandale tant sur le plan de l’enquête par ses manières bestiaes que sur le plan de l’implication de ses hauts officiers dans la corruption, comme par hasard, l’opinion entend un grand boom dans les médias : une ministre vient d’être jetée en pâture à la vindicte publique.

Si monsieur Madjdoub Cheni clame haut et fort d’être victime de la guerre des clans, on se demande si madame Labidi en son for intérieur n’en pense pas autant.

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