Le procureur M. Benmhidi aux victimes du DRS : « La torture est un disque ressassé »

Circulez, il n’y a rien à voir

justice-injusteDès qu’un citoyen annonce à la Justice qu’il a été torturé par le DRS, la balance judiciaire perd son équilibre, elle se dérègle littéralement. C’est que Thémis, l’allégorie de la Justice, de Algérie n’a pas les yeux bandés. Non seulement elle regarde et distingue les généraux, les hiérarques du reste des citoyens, mais elle n’a pas froid aux yeux. M. Benmhidi, le procureur en charge du dossier de l’autoroute est-ouest, a eu l’outrecuidance de livrer la dernière édition de cette vérité immuable. Bienvenus à la justice intraitable dans les questions des droits de l’homme.

L’une des phrases les plus gratinées que le procureur ait dit dans son réquisitoire contre Medjdoub Chani et certainement de toute sa carrière, c’est celle-ci : « La torture est un disque ressassé ». En découle alors une autre loi informelle bien apprise par le parquet : les accusations pour tortures ne sont pas et ne seront jamais instruites. Les tortionnaires de Chani Medjdoub ont un dieu qui les protège.

En refusant de considérer la plainte pour torture, le parquet ferme brutalement les lourdes portes de la Justice au nez du simple citoyen. Pour Benmhidi, une plainte pour torture devient un disque et l’innocence du DRS, une évidence éternelle.

Si elle est examinée sous toutes ses coutures, la phrase du procureur révélera des traits sordides. Elle appartient à la panoplie de la répression des grandes tyrannies. C’est une sentence avant le procès. L’attitude scandaleuse de Brahimi conduit invariablement au non-sens, à l’arbitraire, à la justice qui bouche ses oreilles, à la soumission au pouvoir, etc.

Rappelons quelques B.a.-ba du droit à monsieur le procureur. Le tribunal, par essence, est le premier endroit où les préjugés sont bannis. Tous les citoyens sont égaux devant le juge. La loi ne regarde pas combien de fois une plainte fut formulée. Lorsqu’il porte plainte pour torture, le citoyen dont les droits sont sacrés et protégés par la loi doit bénéficier d’un traitement digne et sa plainte devait être traitée avec sérieux et rigueur.

Si M. Benmhidi ne voulait plus entendre le vieux disque des tortures — un disque que 20 000 disparus n’auront plus l’occasion de le chanter — il pouvait ester les plaignants pour outrage contre corps constitué. Comme il est probe, il ne l’osera jamais… Dès lors, pour fuir le devoir de vérité que l’éthique et la loi l’y contraignent, mais aussi pour retrouver la paix d’une conscience perturbée, il recourt à des formules creuses dignes au mieux des simplets.

http://www.tsa-algerie.com/20150501/lourdes-peines-requises-contre-les-accuses-le-procureur-defend-le-drs/

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Un commentaire pour Le procureur M. Benmhidi aux victimes du DRS : « La torture est un disque ressassé »

  1. yuba dit :

    ce « procureur » fait preuve de lacheté et de perversion a l’ etat brut, pauvre algerie.

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