Le calvaire de Saïd Aït Abdallah, une victime de la grande corruption au temps de Boumediène

Pour toutes ces raisons, nous nous inclinons respectueusement devant leur courage et leur sacrifice.

Saïd Aït AbdallahSa cause est juste, sa conscience tranquille et son cœur vaillant. Non, il ne baissera pas ses bras, Il parle et il parlera. Rien ni personne ne l’empêchera de continuer son combat. Un combat juste et inégal comme celui de David contre Goliath. Un combat de longue, de très longue haleine. Et du souffle il en a à revendre. Bon Dieu cinq ou six politiciens comme lui et l’étendard de la liberté sera définitivement planté. Depuis les années 70, Aït Abdellah se bat pour dénoncer l’hydre de la corruption. Il a les preuves matérielles et porte même des séquelles graves de ses griffes.

Affecté au ministère du Tourisme, Saïd Aït Abdellah avait une vie rangée et ne manquait de rien. Il assumait sa mission dans les règles de l’art, jusqu’au jour où une grosse commande passa par son bureau… Une affaire d’escroquerie financière qui n’a rien à envier aux grands scandales de ces dernières années. Il refusa une offre mirobolante en échange d’un silence complice. Prenant son courage à deux mains, il dénonça une opération de concussion d’une grande ampleur. Très vite, une mafia tentaculaire le prit en chasse et ne l’a lâché qu’après l’avoir jeté à la rue comme un malpropre et chassé de sa résidence de fonction. La brutalité de ses chiens a fait le reste. Envoyés casser sa maison, ils provoquèrent l’irréparable. Terrorisée par une effraction violente, l’épouse enceinte, se trouvant seule dans la maison, tomba inconsciente. Un moment plus tard, elle fit une fausse-couche jetant le couple dans une tristesse profonde dont il ne se relèvera jamais. Plus rien ne sera comme avant. Depuis ce douloureux coup du sort, s’alluma dans le cœur d’Aït Abdellah et de sa femme, un feu inextinguible, un feu sain et ardent qui appellera justice. Aït Abdellah ne les lâchera pas et ne renoncera jamais à son honneur ni à ses droits. Commença alors un long et âpre combat contre la « haute pègre ».

Trente ans ou quarante ans après, il est là, vivant et plus déterminé que jamais à combattre. Il continue à frapper toutes les portes, même s’il sait que derrière, il n’y pas âme qui vive. Il sait qu’ils sont au-dessus de la loi, qu’ils narguent même les procès qu’il a gagnés, que l’Algérie entière les craint et désire leur grâce, qu’importe, c’est écrit dans le firmament qu’il n’abdiquera jamais.

Si le cas d’Aït Abdellah a mis au grand jour, tôt, l’existence des coteries criminelles écumant l’État algérien, il a surtout souligné la veulerie de la classe politique et de l’establishment qui, voyant de leurs propres yeux le mal et la saignée des deniers publics, témoins directs des injustices que subissent gens de grand honneur, ont préféré se terrer dans le silence coupable comme de vulgaires gotons.

Contrairement aux trouillards et la lie des opportunistes injectés par le DRS dans tous les rouages de l’État et de la société civile durant les années 90 et les années subséquentes , l’élite politique des années 70 se devait être plus sensible aux intérêts de la nation et plus consciente des dangers de la corruption. Surtout, pétrie dans l’esprit du sacrifice et de l’amour de la patrie, encore auréolée de gloire, elle devait être la gardienne du temple, des valeurs de Novembre. Rien n’a été fait. Ki hamou ki tamou. Ils sont partis ; mort, devenus muets comme des carpes ou exilés, ils sont partis pleins aux as ou ont fait profil bas devant les ennemis du pays. Aujourd’hui, un sieur comme Taleb El Ibrahimi, un salonnard depuis qu’il a goûté aux effluves du pouvoir, n’a pas levé le petit doigt dans ces années… Ils sont tous à plaindre. Le fils d’El Bachir el Ibrahimi est pris en exemple parce qu’il faut bien s’en prendre à quelqu’un de cette génération des cancres de la démocratie, cette génération qui nous a légué la peur du régime et le silence devant ses dérives

C’est donc au sein de ce climat de torpeur générale et de complicité passive vieilles de trois ou quatre générations qu’a forci l’hydre de la corruption et de la tyrannie. L’hydre a trouvé un terreau particulièrement fertile depuis l’avènement des généraux dafiste et leur avorton le redoutable DRS. Les grandes affaires de la corruption semblables à celle de Saïd Aït Abdellah se multiplieront, elles seront étouffées ou minimisées. Quant aux vrais patriotes, invariablement, ils subiront persécution et mise au ban. Pour toutes ces raisons, il est vital de relayer, autant que faire se peut, le combat des braves gens comme Saïd Aït Abdellah, Benyoucef Mellouk, Rachid Aouine et d’autres moins connus qui subissent toujours le martyre et vivent dans la précarité. Pour toutes ces raisons, nous nous inclinons respectueusement devant leur courage et leur sacrifice.

https://youtu.be/rnGz5QlRnOo

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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11 commentaires pour Le calvaire de Saïd Aït Abdallah, une victime de la grande corruption au temps de Boumediène

  1. supplicié dit :

    Que pouvons nous faire d autre que de hisser haut le flambeau de la verité pour que les generations qui ne savent rien puissent connaitre la nature de ceux qui nous gouvernent et CONNAITRE l ‘origine de leur fortune provenant de la rapine, de la triche, de l escroquerie et de la corruption .Que les generations presentes et futures sachent avec quel argent sale leur monstre de parent ont transmis a leur progeniture, De quelles manieres des pourris et leurs enfants ont batis et construits des usines, des societes font des affaires et roulent carosse avec l’ argent sale . .Merci EL ERG ECHERGUI de perpetuer le combat.

  2. Je remercie de tout coeur toute l’équipe de EL ERG ECHERGUI et plus particulièrement l’adorable journaliste qui a su trouver des mots justes et qui a cerné dans toute sa dimension les ravages de la corruption.
    A travers cet exposé,j’ai pu mesurer davantage la sensibilité enfouie dans le coeur de l’ALGERIEN qui souffre des terribles maux qui rongent son PAYS.
    Nous ne pouvons qu’exprimer notre gratitude et notre respect à tous ceux animés des idéaux de justice et de liberté.

  3. Kamel HAIDER dit :

    Un idéal que prône un principe intangible…Ainsi , aimerions-nous être , ce journaliste si vindicatif tellement écœuré et si courageux quant à la défense pour la dignité et l »honneur d’une personne intègre de part cette façon de narrer l’histoire d’un homme que l’on a traîné puis malmené pour enfin le calomnier et le punir pour simplement son honnêteté à la patrie et vis-à vis d’une conscience qu’il ne pouvait désavouer sachant qu’elle ait devenue un devoir familial ..Nous ne manquerons pas de partager ce sentiment de noblesse à l’endroit d’un innocent et d’une mère qui fut inquiétée pour le devenir de son homme parce que HONNÊTE , se conformant à l’honneur, à la loi morale témoignant à tout instant une franchise exemplaire …N’est-ce pas là une honnêteté intellectuelle que nous devons respecter et surtout reconnaître à l’honorable Said Ait Abdallah QU’IL EST SIMPLEMENT HOMME. …Mes respects.Mr SAID..et merci au journaliste d’avoir été aussi franc pour remettre les points sur les  » I  » AUX DÉNIGREURS , AUX CALOMNIATEURS ET à qui de droit , ils se reconnaîtront…CHOUKREN

  4. Said Radjef dit :

    A la mort de Boukharouba en 1978, l’Algérie socialiste comptait déjà plus de 6000 milliardaires, c’est à dire autant que toutes les capitales de l’Occident réunies…A cette époque, il faut le souligner, toutes les richesses du pays étaient la propriété de l’État…Pour cela, je salue le courage et la probité intellectuelle de notre ami S Ait Abdellah qui a eu le courage de mettre à nu un régime corrompu qui utilisait le sang des martyrs pour jouer à la révolution…

  5. je salue le courage et l’honneteté de l’homme intègre qui est si SAID .Apparemment l’hydre comme le souligne si bien le journaliste « s’épanouit sur une terre fertile » et on cueillera toujours des »fruits amers » cette hydre ne fait que se développer et le « suceurs de sang » , les violeurs continuent à piétiner la loi morale, la sobriéte, la bravoure des hommes qui dégagent une personnalité de respect ,courage et honneur qualités innées en MR SI SAID AIT ABDALLAH .Un jour  » sonnera le glas » pour les escrocs et les hommes animés de bon sens, d’esprit d’équité, de justice et de liberté écouteront « le requiem » des malfaiteurs avec joie .

  6. LATAPIE ANNE MARIE dit :

    Unique et remarquable est l’histoire de cet homme, véritable fer de lance de la lutte anti-corruption en Algérie. Nous ne pouvons que nous prosterner devant la force, le courage, la bravoure de cet homme qui sacrifia tout sur son chemin dans sa lutte acharnée contre « la pègre ».
    Héro de tout un peuple, il a su repérer les signes avant coureur de ce qu’allait devenir l’Algérie, un pays rongé par la corruption. Corruption qui prit depuis des proportions alarmantes et qui gangrène désormais tous les secteurs de la vie économique et sociale. Pour cela je ne peux que m’incliner devant tant d’AURA. La lutte acharné de MR SAID AIT ABDALLAH pour la justice et pour le changement doit inspirer tous les algériens écœurés par la corruption devenue quotidienne.
    Un grand Bravo. Monsieur.

    Anne marie LATAPIE

  7. http://www.facebook.com/media/set/?set=a.108670249213126.17693.100002104548864&type=3#!/photo.php?fbid=388590414554440&set=a.142793279134156.37621.100002104548864&type=1&theaters.

    Je tiens à remercier toutes ces personnes qui me manifestent leur solidarité avec tant de chaleur et celles également nombreuses à suivre les péripéties de cette affaire.
    Raison pour laquelle j’ai jugé utile d’étoffer celle- ci par des éléments qui lui sont liés.

  8. ali mecili dit :

    Bonjour! je tiens à vous féliciter pour votre honnêteté en refusant cette rachwa et votre courage à être toujours là pour continuer ce combat légitime et sain .Des valeurs qui deviennent de plus en plus rares de nos jours et un esprit combatif comme il en existe peu ces dernières années . Nous sommes là avec vous et si nous pouvons faire quelque chose pour vous aider ,faites nous signe Monsieur le cœur de lion . Bon courage

  9. francis GIUGLARIS dit :

    Un homme contre le pouvoir malsain et l’argent sale.
    Il faut admettre qu’avec les temps qui courent ce n’est pas du tout simple dans ce monde ou tout se vend et tout s’achète.
    Et fort heureusement,il existe des hommes comme SAID qui gardent la tête froide face aux épreuves avec courage et dignité.
    J’ai eu l’honneur et le privilège de connaitre cet homme fabuleux à travers sa pétition adressée au secrétaire général de l’ONU qui m’a beaucoup ému par tant d’engagement de détermination et d’assurance.
    Dans un combat aussi périlleux ponctué de tant de sacrifices juste pour la dignité et l’honneur d’autrui,une grande leçon qui nous interpelle.

    http://lequotidienalgerie.org/2013/03/26/corruption-en-algerie-lettre-ouverte-said-ait-abdallah-a-monsieur-le-secretaire-general-de-lonu/.

  10. jacques Adun dit :

    C’est un homme de courage et de convictions , il a tout mon soutien, l’Algérie peut être fière d’un homme d’une telle envergure .

  11. VICTORIA SEDINA dit :

    c’est un homme de cet envergure qui mérite le prix NOBEL pour son combat contre la corruption qui fait des ravages à travers le monde.
    que les corrompus d’alger le méprisent et le violentent c’est de bonne guerre,mais alors que fait l’ONU et ses instances?
    La preuve par mille que l’argent n’a pas d’odeur dans un monde fait de drames et de malheurs.
    merci pour votre courage,une majestueuse leçon de bravoure reflet de l’âme et du coeur d’un
    SEIGNEUR.

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