Retour sur l’opération de Bouira (1)

Soldat ANPHormis, le « contre-terrorisme » extrême dit « pédagogique » de Rab-Edzayer et son acolyte, le sinistre général Smaïn, peu de choses ont changé dans l’approche de l’ANP dans la gestion sécuritaire. Les erreurs et les ratés d’hier entachent toujours les efforts déployés à grands frais par l’Algérie en vue d’endiguer le phénomène parasitaire du djihadisme. Les réflexes primaires du triomphe, du va-t-en-guerre, de l’arrogance et de la grande gueule médiatique, ont toujours la côte chez les généraux.

À Bouira, dernier coup de filet contre les groupes djihadiste, il y eut une nouveauté d’essence barbare : les dépouilles des islamistes tués sont, déshabillés, triturées, photographiées et exhibées comme du gibier, un acte contraire aux principes et mœurs universels. Qui aurait parié sur le recours à la profanation des cadavres au service de la gloire ? L’armée qui se flatte d’être érigée au rang de « puissance régionale » vient de montrer les limites de son professionnalisme. Les dépouilles appartiennent à Dieu, les actes décadents et indignes ternissent davantage l’image de l’armée qu’elles n’affectent les morts. Pour clore la parenthèse de ce point, l’exhibitionnisme à travers les cadavres de l’ennemi prouve à qui veut bien voir qu’il subsiste dans les rangs de l’ANP des officiers dégénérés qu’il faut avoir à l’œil ou, mieux, traiter.

Avant d’évoquer sa gestion médiatique et politique, une dernière parenthèse sur l’opération de Bouira elle-même. Que montrent à première vue les photos controversées pour des yeux dépassionnés ? Une dizaine de corps de race nord-africaine alignés sur un coin perdu d’un djebel, des barbes, des accoutrements d’islamistes, et un arsenal de guérilla classique sont censés nous renseigner sur l’éclatante victoire de l’armée sur les islamistes. Sur les détails, l’observateur n’a pas d’autre choix que de se fier aux communiqués officiels en attendant les infos d’autres sources pour le recoupement. Par contre pour les analyses, chacun est libre d’utiliser les instruments de son choix. Il est extrêmement étrange que les quelques cadavres exhibés ne présentent pas des traces de projectiles, ni de plaies béantes, ni d’amputations de membres indiquant qu’ils aient succombé à des explosions d’obus. Les corps sont visiblement intacts. Plus étonnant, le cas de deux ou trois cadavres calcinés retient l’attention. Les bras ouverts et figés de l’un d’eux laissent perplexe. L’avant-bras à l’équerre, regard droit, la victime n’avait pas eu le temps de changer son étrange posture, un geste qu’il pouvait faire instinctivement en fraction de seconde -Il tient une position de conducteur de véhicule-. La version donnée par le chef d’état-major de la 1re Région militaire, qui supervisait les manœuvres depuis une salle d’opération mobile (selon El Watan), ne permet pas d’expliquer l’état des cadavres. S’ils n’ont pas été gazés, enfumés dans une grotte ou brûlés vifs au napalm ou des armes incendiaires — armes interdite par le droit international —, leurs morts donnera bien du tracas aux observateurs non spécialistes des armements.

http://www.elwatan.com/actualite/terrorisme-les-details-de-l-operation-de-bouira-22-05-2015-295360_109.php

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3 commentaires pour Retour sur l’opération de Bouira (1)

  1. yuba dit :

    A voir les cadavres c’ est evident qu ‘ils ont été gazés, enfumés dans une grotte ou brûlés vifs au napalm ou des armes incendiaires , Nos heros qui ont sauvés l’ algerie n’ ont pas a s’embarraser de morale …. Ils se vanterait presque de ne pas s’encombrer de l’impureté déstabilisante des valeurs , des regles et des principes de guerre

  2. younés dit :

    ces façons (horribles et cruelles) de faire donnent une idée de la nature de ceux qui dirigent nos vies , notre pays et qui font les lois , dieu sauve nous!

  3. Condor dit :

    A mon avis, le plus grave, c’est que ces images témoignent du rapport avec la mort et le cadavre qui s’est construit dans le psyché de nos soldats, et de là, au sein de l’institution, au file des années de lutte contre le terrorisme. C’est une dérive pathologique, entre sadisme et masochisme, qui n’augure pas forcément de bonnes choses pour l’avenir….

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