Le DRS, maison des monstres et de la maffia

DRS en AlgérieUn autre grand scandale de corruption éclabousse le visage du général Mediène. Trois autres colonels du DRS ont interféré dans la vie économique et abusé de leurs pouvoirs aux fins de gonfler leurs comptes personnels et ont fomenté des procès bidon contre des opérateurs économiques qui refusaient de se plier à leurs ordres. Trois colonels sont impliqués dans l’affaire du port. Le colonel Farouk, ex-attaché du DRS au ministère de la Culture, le colonel Sofiane, attaché à la surveillance du port d’Alger, et enfin le colonel Omar, haut responsable de la Police judiciaire du DRS, ont mis main basse sur le port d’Alger. Ils ont inféodé son administration et instrumentalisé l’appareil judiciaire dans le but d’éliminer de la concurrence des opérateurs portuaires et remporter des contrats juteux. Les dessous de l’affaire ont fait l’objet d’un article peu amène sur le site Mondafrique.com qui, avec cet article, rompe avec une très mauvaise habitude… Espérions que l’audace dont il a fait preuve hier n’est pas un feu de paille ou pire une diversion. Espérons aussi qu’il rompe avec l’idée que seuls les islamistes sont responsables des questions des violations des droits de l’homme pendant la décennie rouge. Ils doivent bien s’apercevoir que l’impunité dont jouissent les officiers du DRS impliqués dans les scandales financiers n’est pas étrangère à celle qui couvre les actes barbares des généraux Bentalha.

Rien n’est dû au hasard, l’état de lavette des juges algériens, de leur ministre de tutelle comme on va le voir et la servitude décomplexée de la presse ne permettent pas d’accuser l’infortune. . Pour les observateurs et les historiens, le scandale est tombé comme une grosse météorite sur une ville ; c’est la dévastation. L’accumulation des affaires de corruption conduit à une vérité toute simple. Le DRS n’est pas seulement la maison de l’ogre qui dévore les enfants quand il a faim, il tient lieu aussi de repaire d’une maffia puissante et organisée. Certains hauts officiers de cette baraque, jugeant qu’ils en ont assez donné pendant la décennie noire, ils exigent en retour un butin conséquent. L’Algérie doit les traiter en seigneurs et casquer pour leur bien-être. En dépit de tous les chants de gloire que ses feudataires ont chanté sur elle depuis des années, la vérité a éclaté. Du mois sur «l’intégrité irréprochable des hommes du Rab-Edzayer». Piano, mais elle a fini par jaillir. Choquante et implacable. Comme la mort. Qu’on en juge. :

— le sinistre général Abderrahman embringué dans une affaire de trafic de drogue alors même qu’il dirigeait la 2e région militaire.  L’ex-wali D’Oran Bachir Frik le crie sur tous les toits, mais ni le système pourri ni la justice malade ne veulent l’entendre. L’affaire a défrayé la chronique et s’est retournée contre le journal El Watan;
– le colonel Fawzi, celui qui orchestrait d’un bâton de maestro toute la racaille de la propagande au privé comme au secteur public, fut éclaboussé dans l’affaire de la gestion de l’Anep. Le colonel fut limogé et l’affaire classée sans suite. Des ragots… ;
– le colonel Khaled, ex-attaché au ministère de la Justice, bénéficie dare-dare d’une retraite après l’éclatement du scandale de l’autoroute. Il s’en tire avec une sanction minime. Il sera le seul que la justice entendra et jugera;
– Les deux super généraux Abdelkader Aït-Ourabi et Mhenna Djebbar, à la surprise générale, ont trempé dans la même affaire au même titre que le ministre Ghoul. Pour se défausser, la justice invente une parade : «le disque ressassé». Quant aux médias, ils préfèrent le silence des lâches plutôt que la colère des dieux…;
– les trois colonels Sofiane, Farouk et Omar, héros de l’affaire du port d’Alger éclaboussent, par leur prédation davantage «la colonne vertébrale» de l’ANP. Les trois seigneurs de la guerres s’en tirent avec une retraite dorée…

À ce train, il ne reste pas beaucoup au général Mediène pour jeter l’éponge et déclarer forfait. Il mesure plus que quiconque l’endurance et la force de frappe de son rival. Même avec un pied dans la tombe, il l’écrase avec son ramassis de conjurés. Les coups de boutoir, aussi mats que ravageurs, font mal à sa bâtisse. Elle en tremble et se lézarde. D’autres scandales risquent de précipiter l’effondrement. Les partisans du DRS tombent des nues, ils se font discrets. Leurs louanges partent en fumée ou tournent à l’hypocrisie. Désabusés, ils s’expriment peu. C’est que la réputation du généralissime en a pâti, le mythe du «pilier de l’Algérie» se déconstruit. Le rafistolage devient ridicule. Comment arrêter le massacre? À chaque déballage, la douleur redouble. Malgré la carapace, malgré le silence complice des Salima Tlemçani et l’indifférence apprêtée des Kamel Daoud, Mediène assiste impuissant à sa propre déconfiture. Au fond de son bunker, l’homme le plus puissant qu’a connu l’Algérie se désagrège à petit feu, l’amour-propre au fond de l’abîme. Une peur le taraude : opinion publique. Elle doit être mise à l’écart coûte que coûte. «Mettez ça sur le dos de l’honneur de l’armée, de l’Algérie»! Ya-khi l’armée est intouchable.

Le DRS n’est pas fait que de vermine et de barbares. Des officiers honnêtes existent, mais à quoi servira un tissu sain quand il jouxte une excroissance maligne ? Les pitoyables parmi eux sont ceux qui dans leur discours chauvin, arrogant, menaçant, étouffent les dérives de leurs camarades et distribuent à tout vent les titres de traîtres aux opposants. L’esprit de corps, nous dit-on.

Les grandes lettres de noblesse et de l’intégrité, gravées à son de trompe sur les hautes murailles du DRS subissent les effets du temps, se flétrissent et se détachent comme des feuilles mortes emportés à la moindre brise. Du balai! Le mythe de héros écrit avec le sang des victimes n’a jamais appartenu qu’au monde des fables et de la prestidigitation. Le grand manitou assistera le cœur brisé à la débâcle de ses prétentions. Aujourd’hui il raque les fautes du passé. Dans les médias on parle de plus en plus de la compromission de ses officiers. Le chroniquer d’El Watan Chawki Amari a même osé l’impensable. Il a suggéré qu’on fasse changer le nom des services secrets, une manière d’enterrer ses scandales. Avant d’aller solder ses comptes avec les morts, la honte l’accable de toutes parts. Assailli, il ne refusera rien à l’autre clan. Même pas le largage de ses faucons. Solitude et amertume doivent être son lot quotidien.

Enfin, le constat de la corruption au sein de l’armée doit être reconnu sans quoi le mal persistera et son affront continuera de mettre en doute sa probité et ses sacrifices. L’impunité des ministres stipendiés tire son explication de ce silence assourdissant, de cette compromission. La peur d’ouvrir la boîte de Pandore condamne l’Algérie à la pandémie et à la déstabilisation.

http://mondafrique.com/lire/economie/2015/06/03/comment-3-colonels-du-drs-ont-confisque-un-marche-de-12-millions-deuros-au

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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7 commentaires pour Le DRS, maison des monstres et de la maffia

  1. said dit :

    Qui s ‘assemble se ressemble.Qu ‘on ne vienne pas nous raconter des salades du style  » y en parmi eux (la meute) des gentils », Un type gentil, un type honnete ,sa conscience lui interdirait d approcher et de collaborer avec des charognards,
    “Tous les arts ont produit des merveilles : l’art de gouverner n’a produit que des monstres.”
    Louis Antoine de Saint-Just

  2. Belahreche dit :

    Le MALG, la SM, et DCSA, et enfin le DRS sont le même monstre sous divers accoutrement. Néanmoins, le DRS demeure le mal absolu pour l’Algérie et les Algériens.

  3. Bouarroudj dit :

    Reda Malek, ( FLN,) premier ministre algérien du 21 août 1993 au 11 avril 1994 declarait La peur doit changer de camp .Mais il aurait du dire « on doit terroriser la population afin de la couper des terroristes » parceque les terroristes ,eux, etaient bien cachés dans les maquis , donc à l’ abri….de la repression………………, aussitot dit aussitot fait.

  4. youssef dit :

    La SM-DRS : une Police politique et une mafia tentaculaire, ramifiée partout !

    De nos jours, le DRS s’est mué en « mafia tentaculaire », « ramifié » à tous les domaines d’activité sécuritaire, politique, économique, sociale et associative, et tissé sa « toile d’araignée », son quadrillage partout : institutions, associations, entreprises, sociétés, tous les secteurs, à tous les stades et échelons. Ses agents et correspondants ont pour domaines de prédilection : le commerce extérieur, l’import-export, le trabendo, les trafics en tous genres, le proxénétisme, la prostitution, les hôtels de passes, les lieux de débauche, les bars et restaurants, la drogue, le net, les sites, les blogs, les médias, la presse, les radios, partis, associations, le BTP et autres secteurs où ça rapporte énormément d’argent, l’argent comme autre instrument de domination. Le DRS recrute fortement dans les institutions (facs, lycées, hôpitaux, usines, administrations, entreprises) convoitées quotidiennement par les flux importants de populations, ces populations que le Régime militaire considère comme « l’ennemi intérieur », l’ennemi à abattre, et tient à le surveiller, le contrôler, l’embrigader, le terroriser, le régenter et l’empoisonner par la propagande et l’intox. Son « système concentrationnaire » constitue la « 49° Wilaya » : bagnes, prisons, redoutes, cachots, caves…..où ses sbires assoiffés de sang pratiquent « la torture généralisée », héritée de triste mémoire, celle des sinistres pratiques de Bigeard, Massu, Aussaresses, Le Pen, Godard, Trinquier, Léger et compagnie …..(a placer devant le precedent texte)

  5. Abou Zouar dit :

    En parlant du colonel Fawzi, savez-vous il est où maintenant ?

    • Amar Abou Zouar dit :

      Selon un ami journaliste, il est aller rejoindre les deux Lamari 6 pieds sous-terre!

  6. Belahreche dit :

    @Amar Bouzouar, il est bel et bien vivant, je vous le confirme. Il a même prospéré dans une affaire installé à El Eulma.

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