L’Algérie de Bouteflika-DRS ignore les disparus et présente des excuses pour une mini-jupe

Mini jupeLe ministre de l’Enseignement supérieur Tahar Hadjar a présenté au nom du gouvernement ses excuses à une étudiante victime d’une bavure liée à ses habits. Portant une jupe jugée trop coutre, la fille s’est vue signifier un refus d’accès à l’examen. L’information fut ébruitée, et la blogosphère s’est enflammée. Ça tiraillait et ça s’entrechoquait comme dans une vraie bataille de croisade. Les médias français qui ont des yeux et des oreilles rivés sur notre pays attisèrent le feu de la passion comme à chaque  polémique sociétale. Entre-temps, l’Administration avait déploré le zèle du fautif et regretta l’incident. La fille à la mini-jupe fut réhabilitée dans son droit et le monde commençait à oublier cette mini histoire passionnelle.

Alors que l’accalmie semblait s’installer et que tout était rentré dans l’ordre, voilà qu’un grand chevalier entre au galop au champ de bataille vide. Sabre au clair, il fait une déclaration solennelle qui étonna plus d’un. Le ministre Hadjar, fraîchement nommé, exprime urbi et orbi sa solidarité avec la victime à la mini-jupe. Poussant plus loin son élan chevaleresque, le ministre présenta, au nom du gouvernement, ses plates excuses à la midinette. L’Algérien aurait pu pouffer de rire, mais…

L’acte de contrition du ministre a donné lieu à des réactions contrastées. Dans le chienlit sociétal où les protagonistes s’écharpent jour et nuit, l’indifférence des uns répondait à l’ironie des autres; le sarcasme leur dit ça ne se passera pas comme ça.. Loin de ce micmac, à regarder de près cette histoire d’excuses officielles, d’aucuns pourraient y trouver matière à réflexion et débat. Elle soulève des questions de principe, des questions plus sérieuses que le mode vestimentaire. Les excuses publiques présentées avec une spontanéité remarquable par un haut commis de l’État à un citoyen ordinaire pour un tort causé par un agent de l’autorité publique, relèvent de l’invraisemblance, voire de l’hérésie quand l’on aborde des dossiers sujets à des controverses. Dans le pays du DRS et de Rab-Edzayer, aucun responsable ne s’aventurerait à présenter des excuses officielles pour les milliers de morts et les milliers de disparus de la décennie noire. Des flots et des flots d’eau de pluie passeront sous le pont avant qu’un autre Hadjar se décide à le faire au nom de l’armée nationale et de l’État algérien.

Plutôt que de mettre sur pied une commission de justice et vérité à l’instar de la Tunisie, l’autorité publique préfère élaborer une charte, organiser un grand referendum festif sans débat contradictoire pour contraindre le peuple à un choix captieux : l’oubli ou le chaos.

https://www.youtube.com/watch?v=hIPgdVn4hzA

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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Un commentaire pour L’Algérie de Bouteflika-DRS ignore les disparus et présente des excuses pour une mini-jupe

  1. lucide dit :

    Les dictatures fomentent l’oppression, la servilité et la cruauté ; mais le plus abominable est qu’elles fomentent l’idiotie. »
    de Jorge Luis Borges(citation)

    « Le drame des dictatures, c’est qu’elles donnent toute licence aux malades mentaux, aux mégalomanes, aux méchants, aux malhonnêtes gens d’aller jusqu’au bout de leur folie, de leur mégalomanie, de leur méchanceté, de leur malhonnêteté. »citation

    George Orwell écrivait « Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traitres n’est pas victime! il est complice. » Tout est dit rien à rajouter, surtout si ce peuple croit tout ce que raconte ce pouvoir illegitime, Ce qui engendre notre perte nous les musulmans , c’ est de croire en l’ absent DONC de croire n’ importe qui ! ! !

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