Gaïd Salah Souhaite la «prospérité» au «frère» Amar Saâdani et provoque un séisme

Gaïd Salah Amar Saadani 1Dans une déclaration publique sans précédent, le chef d’état-major Gaïd Salah a adressé ses félicitations au secrétaire général du FLN Amar Saâdani à l’occasion de sa réélection par le comité central. Après la tombée du rideau sur le 10e congrès tout s’effacera avec les coups de balai du service d’hygiène, absolument tout. Les paillettes du spectacle, les discours creux, les résolutions infécondes, les visages congestionnés, les envolées patriotiques et… last but not least les nombreuses fanfaronnades coutumières. Ceux qui ont suivi de loin le congrès retiendront deux faits marquants, l’un mineur et l’autre majeur : la reconduction de Saâdani, le héraut du clan Bouteflika et la Lettre du général Gaïd Salah.

Si la réélection de Saâdani consacre sans surprise l’option de la rupture avec le clan de rab Edzayer et poursuit le plan de confinement de son rôle et de ses influences, le message de soutien que lui adressa nommément Gaïd Salah, quant à lui, a fait l’effet d’une bombe. Les conséquences risquent d’être lourdes pour l’avenir du pays.

Jamais dans l’histoire de l’Algérie indépendante, un chef d’état-major n’a osé ou pensé jeter un pavé dans la mare. Le message de félicitation et de solidarité au « frère Amar Saâdani » ne tarissait pas d’éloges, il le couvera de lauriers jusqu’au délire, sans niveau intellectuel, sans vision politique, Saâdani n’est rien d’autre qu’un godillot malléable et corvéable, on le fait gagner pour des vétilles. Même le message de soutien du président Bouteflika, n’aura pas autant d’impact sur l’avenir de Saâdani et de l’Algérie que celui de Gaïd Salah.

Personne ne s’attendait à ce coup d’éclat. Il n’y a pas l’ombre d’un doute que les félicitations et le soutien médiatisé de Gaïd Salah relèvent d’une vengeance personnelle. À travers les éloges, au demeurant grotesques, faites à Saâdani — le seul du clan Bouteflika qui, à la veille des dernières élections présidentielles, accepta de porter l’estocade au puissant général Mediène —, le chef de l’état-major a voulu rendre la monnaie de sa pièce à ce même général qui, un an plutôt, le traîna dans la boue par l’entremise du général Hocine Benhadidi. Les termes blessants avec lesquels ce dernier traita Gaïd Salah sont restés gravés dans l’histoire.

L’opinion publique ne s’est pourtant pas indignée par la querelle entre les deux vieux reîtres, complices à des degrés différents et dans la sauvagerie de la décennie rouge et dans la situation dramatique dans laquelle patauge l’Algérie. En apportant sa solidarité à Saâdani, Gaïd Salah a craché sur toute la classe politique et remis en cause le principe de neutralité de l’armée. Rien ne subsiste de démocratie. Le FLN devient de facto le parti de l’armée et l’armée le bras droit de FLN. Devant ce fait accompli et cette trahison publique, le peuple et l’opposition n’ont plus le choix. Ocobre-88 est à recommencer. À ce titre l’appel de SG du RCD, Mohcen Belabbes, est à prendre très au sérieux. Il propose une marche populaire le 5 octobre prochain. Une date symbolique qu’il serait urgent d’exiger sa célébration nationale et ses victimes élevées au rang des Martyrs. Les 500 jeunes morts en octobre -88 ont pays de leurs vies le multipartisme et le principe du principe de neutralité de l’armée que vient de balayer la lettre de Gaïd Salah.

Si l’armée ne s’entretient pas avec l’opposition et ne lui donne pas des garanties tangibles, que va la stabilité du pays écrasé par le duo FLN-armée qui plus est a été à l’origine de tous les désastres. Le terrorisme que Gaïd Salah prétend défendre se nourrira d’une situation d’impasse démocratique. Les intégristes et leur alter ego les Rab-Edzayer en herbes fleuriront et reprendront du service.

Gaïd Salah a manqué de tact. Resté en relatif retrait dans la guerre des clans, il a de déplacé le collimateur des journaux et de l’opinion sur sa personne. Il leur a donné l’arme de l’abattre médiatiquement au grand bonheur de son rival.  Tout puissant qu’il soit, il a tort de sous-estimer le poids des médias et des réseaux sociaux. Une réunion solennelle avec toute l’opposition où il sera clairement déclaré que le patriotisme n’est pas l’apanage du FLN aura pour effet de clamer les esprits et remettre chaque partie à sa place.

Advertisements

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
Cet article a été publié dans armée, Hommes du système. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Gaïd Salah Souhaite la «prospérité» au «frère» Amar Saâdani et provoque un séisme

  1. Belahreche dit :

    Ceux qui ont appelé l’armée à intervenir n’ont qu’à rentré leur tête entre leurs épaules. Les pompiers pyromanes laicards de Rab Dzair n’ont que les yeux pour miauler à l’égard des chatons.

Les commentaires sont fermés.