Gaïd Salah et la machine du temps inverse

Gaïd Salah Amar Saadani 1Jusque-là, un équilibre fragile faisait rouler cahin-caha le pays. Un équilibre façonné et imposé par la violence par les janviériste, le DRS et Bouteflika. Il vient de subir une nouvelle fêlure. C’est assez pour craindre le pire. Derechef, le ciel s’assombrit peu à peu au-dessus de l’Algérie, un vent de panique se lève, les morts tendent les oreilles et les fossoyeurs se préparent en silence, imperturbables comme ce temps qui file écrasant tout sur son passage. Au loin s’étendent des roulements de tambour entrecoupés de cris d’orfraie. Le front plissé, les vieux regardent l’horizon ; ils augurent : un malheur est possible.

Ce sont-là, excessifs pour certains, les présages métaphoriques d’un cataclysme annoncé. Un militaire n’a jamais été un visionnaire. Il pourrait, avec un peu de chance, gagner quelques galons dans le monde des stratèges, mais la perception avec la grandeur et la décadence de son pays appartient au monde vaste des thuriféraires. Aveugle et insensible. Les mains de Gaïd Salah, si l’on prête attention, sont parsemées de taches de vieillesse, la peau flasque. Elles doivent trembloter sous les gants noirs, comme celles des vieux de son âge. Pourtant, son dernier geste politique relève du dilettantisme juvénile. En prenant sa revanche hasardeuse sur le général Hocine Benhadidi qui l’a traité d’incapable et lui dénia le titre de chef d’état-major devant le monde entier, le général Gaïd Salah, le bras séculier de la République, a soufflé sur les braises. Perché sur son trône de l’homme puissant, déconnecté de la réalité, il ne doute probablement pas dans quel engrenage il a mis les doigts. Plus qu’un acte de parrainage compromettant, son soutien ostensible à Amar Saâdani, un véritable pied de nez au général Mediène, a sapé les fondements d’un multipartisme déjà bancal. Comme en 92, par la volonté du chef de l’état-major poussé par des forces occultes, perverses, l’Algérie s’ouvre à tous les dangers.

Un journaliste, chafouin, bavant de dépit, lui jette à la figure au nom des généraux de l’autre clan cette phrase assassine  : «Fais ce que tu veux, à condition que je ne t’attrape pas». Le voilà prévenu.

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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2 commentaires pour Gaïd Salah et la machine du temps inverse

  1. Condor dit :

    La fameuse « lettre fraternelle » a au moins un mérite: Désormais, il ne faut pas un être Einstein pour deviner le « fromagisme » qui caractérise le système….

  2. Narimane dit :

    c’ est vrai Condor .Le fait que le general exprime tout haut ce que tout le monde savait deja ce qui est un secret de polichinelle depuis des lustres. Le pouvoir militaire d ‘essence sournois pervers, machiavelique choisit son camp maintenant au grand jour ,en terrain conquis.À vaincre sans péril on triomphe sans gloire .Algerie : royaume des gens cupides et stupides.

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