Hanoune, la magnifique

Louisa Hanoun et le pouvoirComme il fallait s’y attendre, la riposte des parties proche de Rab-Edzayer n’a pas attendu longtemps pour se manifester. Contrairement aux déclarations indignées néanmoins légitimes d’une opposition faiblarde, les interventions « tapageuses » de Louisa Hanoune animent faussement l’arène politique. Pour le malheur des Algériens, des journaux réputés sérieux lui réservent des manchettes et un espace plus grand. Les réactions de l’opposition passent dans la chronique secondaire.

La dame de Djijel, celle qui soutenait mordicus Bouteflika même quand elle le défie dans les élections, passées maîtresse dans l’art de le ménager quand elle tombe à bras raccourcis sur certains de ses ministres, celle qui bénit le prolongement des mandats et fut remerciée par une mémorable accolade, cette fois, « ô miracle ! », elle dérogea à ses habitudes. Elle osa un timide « le président Bouteflika a violé ses engagements ». Comme si les dérives et la condescendance bourgeoise d’un président gâteux pouvaient faire sortir une vierge de ses gonds. Est-elle convaincue que son ami Bouteflika ne sera plus aux commandes pour présider à la distribution de la rente aux prochaines échéances ? Peu importe les raisons réelles de ce déboîtement dans les rouages du système, il est assez rare pour ne pas être souligné.

Madame Hanoune simula une autre sortie, inédite, plus théâtrale. Elle cabotina une fronde à l’adresse de l’armée, la ligne rouge qu’elle ne cessait d’interdire aux autres. Elle s’emporta contre l’ingérence de Gaïd Salah dans la vie politique. Elle le rabroua indirectement pour son soutien à Amar Saâdani qui suait devant les assauts incessants des caciques du FLN. La même femme n’aurait pas renâclé si elle-même fut l’objet des éloges du vice-ministre de la Défense… N’a-t-elle pas rougi comme une tomate de bonheur quand, dans un moment sensible, elle fut la seule personnalité politique reçue aux Tagarins l’année passée ?

À quoi joue-t-elle aujourd’hui et pourquoi la presse, dite indépendante, s’obstine-t-elle à la mettre en avance aux dépens de la vraie opposition ? Sont-ils si naïfs pour tomber dans le piège et oublier qu’elle n’a jamais été du genre à cracher sur la soupe et qu’elle calcule ses pas avant de s’aventurer dans une voie périlleuse ?

Qu’importe, coup de sang ou coup de théâtre, la pétroleuse stipendiée, toujours fière des 1 %  dont l’administration la cingla sans merci dans les présidentielles, confortable dans son rôle de petite starlette avec son air d’amazone intrépide, a appris à crier dans les moments critiques plus forts que le reste des acteurs politiques. Elle sait que gagner en notoriété permet de bien se positionner sur l’échiquier. Faire vacarme médiatique à coup de bouderie, sans vraie intransigeance ni compromission, permet fait monter les enchères et offre du poids pour monnayer le silence devant un régime illégitime. Une fois rassasiée, elle retournera son lance-flamme contre l’opposition en attendant d’autres virages importants.

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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Un commentaire pour Hanoune, la magnifique

  1. Au fond tout cela n’ est que du cinema, ils se chamaillent pour nous distraire chacun joue le role que les maitres du pays leur ont ecrit, mais dans la realité ils s’entendent bien ,ne craignez rien , ils ne se devoreront pas.Le cauchemard continue.

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