Un journaliste d’El Watan ouvre le feu sur Gaïd Salah

Adlène Meddi lance un appel de détresse à Rab-Edzayer !

Gaïd Salah El Watan JanissaireRelatant la vie tumultueuse du grand Victor Hugo, un critique littéraire avait déclaré, parmi le flot d’éloges qu’il versa sur lui, une phrase dont on ne sait si elle est de son cru ou si elle est un oracle d’un quelconque esprit brillant : « C’est dans les situations de crise que le fond des âmes apparaît. » Justement, l’âme d’un journaliste brillant d’El Watan a éclos avec fracas au lendemain du pétard de Gaïd Salah. Son dernier article, un morceau d’anthologie dans le monde abyssal des généraux qui s’entrechoquent, a pris au dépourvu ses lecteurs. Hébétés, ils découvrent à la brillante plume un côté tranchant, acéré, capable de tremper dans le doux miel et de répandre sur un chef d’état-major le plus mortel des vitriols. Parfaitement. Il faut lire l’article pour le croire. Hélas, mille fois hélas, l’audace surprise ne sera pas au profit de la démocratie dont il chantait les vertus à longueur d’année sur les colonnes  d’El Watan Week-end, encore moins au service de la vérité et la justice des années de plomb qui ne sont pas pas arrivé à lui remuer les tripes autant que la lettre de Gaïd Salah, mais au profit des seuls Rab-Edzayer et ses sbires.

L’article en question est un pamphlet sévère contre deux personnalités : « le soldat » Ouyahia et le général Gaïd Salah le vice-ministre de la Défense. Le premier sera shunté tant il ne vaut pas la corde pour le pendre. Qu’il soit le prochain trois quart de président ou l’habituel cheval de Troie monté par l’heureux élu de la junte, le bébé moustachu l’artisan de la machine de fraude répugne par ses simagrées usées jusqu’à la corde. L’écouter, c’est être esclave deux fois de Rab-Edzayer . De ce côté-ci, rien de nouveau sous le soleil donc. L’intérêt s’anime quand la lorgnette du lecteur arrive sur la partie consacrée à « Droopy », quolibet donné à Gaïd Salah par ses troupes avant qu’il ne soit propulsé sous les feux de la rampe. Là, commence la zone de houles et de remous et c’est tout le pays qui tangue.

El Watan Week-end jette en pâture le chef d’état-major au pied du général Mediène. Placardé sur toute l’étendue de la Une, le chef de l’armée est d’emblée traité de janissaire qui complote. Dans l’article, le journaliste se lâche comme un fauve sur sa proie. Il faut feu de tout bois et n’épargne rien. La virulence est telle qu’il commet le sacrilège de retourner sa plume contre le «dieu de l’Algérie». Il ne lui pardonne pas le silence (qu’on devine lâche) et le cynisme à rester les bras croisés devant « la situation qui se dégrade ». L’appel in petto à l’intervention des sanguinaires du DRS pour faire pièce au clan présidentiel ne laisse plus aucun doute. La zizanie au sein de l’ANP est livrée ainsi en vrac au monde entier. Les les puissances étrangères qui s’en pourlèchent les babines comme toujours dans de telles occasions, n’ont pas dû rater une miette. Comme la plume peut être versatile et assassine !

Répétons la question du départ. Adlène Meddi a-t-il eu cette réaction pour la démocratie, pour la justice ? Il n’y fera pas la moindre allusion. Ses sources et ses aiguilleurs ? Des généraux mis sur la touche par le président Bouteflika, ils ruminent dans l’ombre leur déchéance et piaffent d’impatience dans l’attende du moment propice pour en découdre avec le général Salah et le jeter aux orties. Le journaliste lui prévoit le sort du général Belloucif et lui transmet la menace de ses détracteurs : «Fait ce qui te plait, à condition que je ne t’attrape pas.»  Le genre de généraux qui alimentent ses fantasmes n’est pas difficile à cerner. Surdoués de la torture et les exécutions expéditifs, ils sentent le besoin de reconquérir le pouvoir et commander d’une main de fer le pays.

Un article qui va aussi loin dans la clochemerle militaro-militaire avec un parti pris inconditionnel pour la police politique, il n’y en a pas beaucoup dans les grands quotidiens. Il faut le faire. Seul le général Benhadidi n’a pas eu de scrupules à étendre ce linge sale sur la place publique. Même Salima Tlemçani, réputée proche du DRS, n’aurait pas voulu «transmettre». S’il n’est pas Mohand Ziri , Adlene Medddi s’en est inspiré en le surpassant pour l’occasion.

Pour finir comme par le début, rien de mieux que cet adage universel que l’Algérien doit graver dans sa mémoire : On ne doit jurer de rien. Si une personne ne rend pas son dernier souffle, son bilan en politique restera provisoire. La prudence dans les jugements est le principal viatique des lecteurs et observateurs.

http://www.elwatan.com/actualite/le-dernier-complot-des-janissaires-12-06-2015-297101_109.php

Gaïd Salah El Watan Janissaire

Advertisements

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
Cet article a été publié dans armée, DRS, Presse. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Un journaliste d’El Watan ouvre le feu sur Gaïd Salah

  1. Belahreche dit :

    On a toujours dit que la prostitution est le plus vieux métier du monde. Il faut bien comprendre l’acception du vocable et sa projection dans l’horizon temporel. Nonobstant, ce métier est pour le meilleur et pour le pire, où le divorce n’existe pas. Lié à Rab Dzair, ad vitam eternam, la prostitué n’arrive pas à en découdre.

Les commentaires sont fermés.