Le Maroc, l’Algérie et le coup de lapin de Hollande-Peugeot.

Maroc Mohamed VI PSALes Algériens ont été pris de court quand, il y a peu de jours, ils ont appris la décision de Peugeot d’ouvrir une usine importante au Maroc, le grand rival de l’Algérie. Quelques jours auparavant, François Hollande, en visite à Alger, avait fait sensation en annonçant l’intention de la maison Peugeot d’ouvrir une telle usine en Algérie même. Le clan de Bouteflika avait caracolé et comme c’est l’habitude, y a vu la baraka de leur saint patron. Mais voilà que le Maroc trouble la fête.

La promesse française a viré à la monnaie de singe. L’orgueil du pouvoir vient d’en prendre un sacré coup fourré. Même si un jour Peugeot ouvrira une chaîne de production en Algérie, il est presque certain qu’elle suivra les traces de Renault. Elle optera pour mini usine de « courtoisie » avec des conditions super avantageuses pour simplement garantir les bonnes grâces de l’Algérie et y écouler les véhicules produits au Maroc.

Toujours au registre économique, le Maroc continue d’engranger les succès et du coup à narguer Alger. Des industriels de renom et des investisseurs d’envergures ont trouvé chez nos voisins un terrain propice aux affaires. Les gros contrats sont signés au palais royal même. Pas d’obstacles administratifs, guichet accessible et souple, Pas de heurta  au jeu débile de clans ou de machin opaque qui nuit gravement au climat des affaires. Les partenaires étranger savent à qui s’adresser et obtiennent les garanties jamais démenties. L’attrait marocain est manifeste à telle enseigne qu’un observateur algérien a qualifié le Maroc de « dragon du Maghreb ». Au moment où, en Algérie, la gérontocratie s’apprête à parier sur de vieux canassons, tel Ahmed Ouyahia, pour poursuivre la transformation de l’Algérie en « grand cabaret »…, un gros industriel européen de la fibre optique annonça sa décision d’ouvrir une usine de fabrication au Maroc. Les Marocains se pâment et parlent de « fleuron » et « première en Afrique ».

Lors de la divulgation des câbles diplomatiques américains par le site Wikileaks en automne 2011, le monde avait appris, entre autres énormités et bassesses du régime algérien, le mépris de Bouteflika envers le roi Mohamed VI fraîchement intronisé. Le président algérien très imbu de sa personne, disent les câbles, traita son voisin de jeune blanc-bec à qui, suprême vanité, il ne serrera pas la main… Quelques années après ces impairs impardonnables, les résultats économiques de l’un et l’autre se passent de commentaires.

Une autre anecdote cocasse pour clore ce sujet. Le Maroc, le pays de tekchbila tihliwla, ne manque pas lui aussi de trébucher par excès de vanité et de verser dans le délire le plus hilarant. Se sentant probablement le vent en poupe avec ses acquis économiques, qu’il prend pour le Pérou, le roi ou le Makhzen — Ce qui revient au même. Le Makhzen n’a jamais eu l’ambition du DRS de rivaliser avec l’autorité suprême — organisa un symposium singulier à Rabat, il y a quelques mois. Ils y ont invité un grand nombre de spécialistes. L’objet ? La protection du secret industriel! Les stratèges du Maroc prennent déjà  leur parc industriel pour la NASA et veulent se prémunir contre les tentatives d’espionnage qui devine-t-on viendraient de l’Algérie. S’ils croient que Rab-Edzayer, l’éternel, s’intéresse aux secrets scientifiques et industriels, ils se mettent le doigt dans l’œil…

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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