Le général Maïza vole au secours de Nezzar le boucher

srgsrt36552sert141

Abdelakder MaïzaLe général Khaled Nezzar a appelé à la rescousse l’arrière-ban de la junte militaire. Il supplia ses amis et ses obligés dont l’ex-chef de la 1re région militaire, le général Abdelkader Maïza, à venir le soutenir dans le procès intenté contre lui en Suisse pour torture par deux réfugiés algériens dont l’un a été castré par les militaires. Et comme le veut « l’esprit de corps » des tueurs d’Algériens, le général en question arrive en trombe et déclare tout de go à la procureure helvétique ( Si on devait résumer son état d’esprit ) : « Foutaises et inepties que tout ça ! Madame la Magistrate ». 

On ne saura pas plus sur son témoignage, bien qu’on devine un peu la stratégie de la défense des généraux algériens qui se serrent les coudes : déni d’un revers de main, contre-accusations, lien subliminal entre la cruauté des terroristes et les plaignants, appuyer des allégations impossibles à vérifier dans le pays quadrillé par le système Bouteflika-DRS, surfer sur terrorisme islamique actuel, invoquer la dureté de la guerre, etc. Le tout présenté avec tact etstratégie des hyènes. Dans le climat de terrorisme actuel, les bouchers de la sale guerre brillent de mille feux. « Voyez comment se comportent les islamistes, Madame la Magistrate. »

En l’absence de tribunaux impartiaux et d’une justice indépendante, les généraux algériens aux méthodes expéditives ont le beau rôle en Algérie. Ils y coulent des jours heureux loin des souffrances de leurs victimes. Leurs allégations, tout comme celles des généraux des dictatures arabes, se présentent à l’opinion comme un tonnerre, une gifle cinglante aux « ennemis de la nation », un coup de fouet aux versions contraires ou un oracle indiscutable. La presse aux ordres les transmet et y met les artifices adéquats pour leur donner le lustre de la vérité absolue. Les journalistes, rodés à la rhétorique anti-islamiste, n’iront pas recueillir les réactions des victimes, encore moins prendre le soin d’enquêter. Les paroles du général Nezzar ou de Maïza ne souffrent pas de contradicteurs en Algérie. Leurs successeurs leur garantissent l’impunité totale. Faits accablants ou non, aucune victime de la décennie noire ne peut déposer plainte. La couverture absolue donne aux généraux et la police des ailes et leur fait croire que la vérité se trouve de leur côté. Alors l’arrogance et les tons cassants, bonjour !

Pour donner de l’allure à son témoignage, le général Maïza, d’un ton triomphant, déclare aux médias avoir fait le même témoignage à un « panel onusien » entre 1998 et 2002. Il laisse croire ainsi que des enquêtes sérieuses ont été réalisées. De la poudre aux yeux pour les profanes. Le panel de l’ONU s’attelle à des enquêtes sérieuses et approfondies seulement quand il s’agit de programmes nucléaires dans les pays musulmans… Dans le cas de l’Algérie, le laxisme de ladite délégation fut flagrant.  Le général peut tromper les crédules, mais les observateurs consciencieux et une bonne partie de l’opinion savent que le pouvoir algérien n’a jamais accordé des visas aux ONG comme Amnesty International ou Human Rights Watch. Ils savent que ce même ONU a condamné l’Algérie à plusieurs reprises dans des dossiers de droits de l’homme en béton et que chaque année elle est épinglée par les rapports de plusieurs ONG et par celui des États-Unis. Plus proche de nous, les vicissitudes du juge Jean Marc Trévidic dans le très médiatique dossier des moines de Tibhirine  en disent long sur la collaboration des généraux dans des enquêtes sérieuses.

Le peu de précision sur le témoignage du général Maïza ne permet pas de faire des commentaires pertinents, mais il ne demeure pas moins qu’il faille souligner certains faits que le général ne risque pas de répéter. Mine de rien, la 1re région militaire dont il fut l’un des chefs fut celle où les pires exactions et les pires massacres ont été commis. La zone où Maïza opérait fut le bastion du sinistre GIA. Un groupe terroriste dont on ne trouve pas encore aujourd’hui une version comparable dans les pays musulmans ravagés par le terrorisme.Par-delà leurs atrocités, ni El Qaïs ni Daech n’ont ciblé en masse des populations qui les soutiennent… Pour trouver des exemples de ce type de boucheries abjectes, il faut aller dans les endroits où agissent en toute impunité les pairs du général Maïza et des services de sécurité analogues au DRS… Les massacres de Syriens à l’arme chimique fournissent probablement un cas fiable de comparaison. Le commandement de la 1re région militaire, le général Nezzar le confirmera plus tard dans un témoignage à Canal Plus, avait refusé de répondre aux appels de détresse des populations de Bentalha qui subissait l’assaut des terroristes. Le prétexte ? Selon le même général, la 1re région n’intervient pas la nuit ! Les généraux du QG et des cantonnements proches du lieu de massacre sont retournés à leur sommeil laissant le GIA passer au couteau et à la hache des centaines de victimes..

Le général Maïza au nom de ses comparses récuse, bien sûr, et crie : « Calomnies que tout ça ! Madame la Magistrate. »

http://www.impact24.info/affaire-nezzar-le-general-maiza-temoigne-en-suisse-pour-balayer-des-inepties/

Advertisements

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
Cet article a été publié dans DRS, Terrorisme d'Etat. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Le général Maïza vole au secours de Nezzar le boucher

  1. Belahreche dit :

    Les yens chassent en meute, ils s’abattent avec une rage inouïe sur leur proie même si celle ci a bien rendu l’âme.

  2. samy dit :

    Madame la magistrate n’ est pas née de la dernière pluie.La justice suisse n est pas la « justice » algerienne., toute personne censée comprendra qu’ un pouvoir qui impose le silence aux victime de la décennie noire en lui interdisant de déposer plainte a des choses a se reprocher .La nature du pouvoir algerien n ‘est plus à demontrer a l’ etranger Il suffit a la magistrate de prendre des informations auprès des ONG qui n’ ont aucune sympathie pour les atteintes aux droits de l’ homme et comme le pouvoir algérien n’a jamais accordé des visas aux ONG comme Amnesty International ou Human Rights Watch c’ est deja un aveux . Ils savent que ce même ONU a condamné l’Algérie à plusieurs reprises dans des dossiers de droits de l’homme, Il lui suffit de lire les comptes rendus d ‘algeria watch ou des temoignages d’ anciens militaires refugiés en Europe ou de nombreux citoyens residant a l’ etranger . .Il n y pas de fumée sans feu

  3. Miloudi Mohamed dit :

    Vous perdez votre temps, ces gens réellement intouchables, il faudra seulement espérer qu’ils meurent les uns après les autres.

Les commentaires sont fermés.