Les généraux Bendaoud et Meliani out

Les derniers jours de rab Edzayer ?

Le général Mohamed MedièneLes médias rapportent un autre coup dur pour le patron du DRS. Le général Bendaoud, responsable de la DSI, a été limogé. Installé à ce poste stratégique en 2013 en remplacement du général-major Tartag, alias le monstre de Ben Aknoun, le général Bendaoud a fait les frais de sa proximité avec le général Daoud, laisse-t-on croire. Le terme de « limogeage », en soi, dans le jargon des services secrets, équivaut à outrage public délibéré au patron du DRS.. Sans plus de précision, le colonel Abdelaziz a pris la relève du général Bendaoud. Ce dernier a occupé le poste depuis 2013 en remplacement du sinistre général Tartag.

En parallèle à cette mesure affligeante qui en dit long sur la tension entre Bouteflika et le général Mediène, un autre organisme du DRS a été soustrait à sa coupe de ce dernier. La Direction générale de la sécurité et de la protection présidentielle (DGSPP) ne dépend plus du DRS. D’aucuns y voient dans cette mesure une vraie rupture entre le président et le général Toufik. Y a-t-il eu de soupçons de trahison ? Simple précaution présidentielle ? Représailles contre des éléments arrogants et indisciplinés du DRS dans l’enceinte de la présidence ? Aucune information n’a été donnée pour l’heure. Mais il est clair que cette amputation réduit le champ d’action du général Toufik. Que lui reste-t-il à part un nom de barbare ? Des mauvaises langues diront que la malédiction des milliers de victimes et de Boudiaf n’a pas fini de le poursuivre.

Ces décisions présidentielles à l’emporte-pièce interviennent au lendemain d’un autre limogeage bruyant. Le général Moulay Meliani et un autre haut officier de la garde républicaine ont été limogés et remplacés séance tenante.

Que signifient au fait ces nouvelles mesures ? Rebondissement dans la guerre des clans ou simple mesure coercitive saine pour négligence criminelle suite aux attentats terroristes ou à une découverte de quelque plan secret subversif ? L’état-major et la présidence ont-ils adopté la politique de « celui qui se trompe paye » ou réagissent-ils par prévention, par paranoïa ? Peut-être que les mois qui viennent apporteront des détails.

Quoi qu’il en soit, le bilan de la guerre du clan est nettement défavorable au général Toufik. Le vide se creuse autour de lui. Les dernières mesures présidentielles accentuent l’érosion de sa réputation et de son pouvoir. Les coups cinglants qu’il a essuyés, par mesure disciplinaire ou par calcul politique, depuis 2013 ont affaibli son influence. Même sa vieille garde hésite de réagir. Il semble que le général Gaïd Salah qui a joué à la main tendue avec l’anecdotique « médaille de bravoure » pour son rival  — un hochet que le général Toufik n’accepta pas de bon gré — , ait la confiance des membres de l’état-major. Il n’aurait pas pris ces graves décisions s’il savait en terrain miné.

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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