La purge dans l’armée : les réserves du lieutenant Habib Souaïdia

Lieutenant Habib SouadiaComme une réponse directe à l’appel du capitaine Chouchane, le lieutenant Habib Souaïdia, un autre célèbre opposant à la junte militaire exilé en France, a réagi à la cascade des évitions et des nominations qui ont touché d’importantes structures militaires. Sa lecture de ce soubresaut de la chronique militaire va à l’encontre de celle du capitaine Chouchane. Rien de nouveau sous le soleil ne semble dire l’ancien officier des forces spéciales.

Le lieutenant Souaïdia voit dans un simple épisode dans la guerre des clans. C’est une foire d’empoigne entre criminels qui n’ont nullement l’intention de rendre le pouvoir au peuple. Aux hommes d’honneur comme il les a qualifiés et les hommes libres, il recommande la prudence et ne pas crier victoire même si, reconnaît-il, le général Toufik vient d’encaisser un coup cinglant. Selon lui, le patron du DRS risque prochainement une traduction devant un tribunal militaire ou au mieux il sera neutralisé et mis à là la retraite obligatoire sans perdre sa « gloire » (les guillemets sont de lui) et ses privilèges.

L’auteur du mémorable « La sale guerre », qui donné l’urticaire au sinistre général Nezzar et ses sbires, s’appuie sur un chapelet de mesures et de postions graves et inadmissibles imputées au général de corps d’armée Gaïd Salah et son équipe. Il évoque l’ouverture du ciel à l’aviation militaire française, l’ouverture des portes de l’École des forces spéciales au CEM français à trois ou quatre reprises », le retour paras de Bigeard au Sahara et d’opérer avec les forces spéciales de la IV RM, l’autorisation aux sociétés françaises d’exploiter le gaz de schiste, etc.

La prudence du lieutenant est louable, car rien n’indique que l’état-major agit dans l’optique d’une rectification de l’histoire et la mise à l’écart des criminels. Par contre, les arguments sur lesquels il s’appuie, eux, laissent perplexe. Pour tout dire, ils sont sujets à caution. Pour la simple raison qu’ils ne font pas de nuance entre les erreurs, les contraintes politiques ou les concessions tactiques d’un côté et les crimes contre l’humanité de l’autre. Si Gaid Salah veut réellement nettoyer l’armée des éléments qui longtemps l’ont souillée par leurs crimes et une politique suicidaires, il serait dangereux de faire la fine bouche aujourd’hui.

L’armée doit de son côté donner des signes clairs pour permettre gagner la pleine solidarité du peuple.

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2 commentaires pour La purge dans l’armée : les réserves du lieutenant Habib Souaïdia

  1. Mohamed dit :

    Pourtant le criminel Tartag est toujours au pouvoir, en quoi peut-on parler de purge?

    • Amar dit :

      Au «pouvoir», ça c’est toi qui le dis!
      En Algérie, une fonction officielle ne veux pas toujours dire «être pouvoir».

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