Lamamra ou la diplomatie des zouaves

Du rôle de ce qui tient lieu de ministre algérien des Affaires étrangères

Par Cherif

P - LamamraJe souhaite revenir, à ce propos, sur les péripéties du récent épisode (humiliation), relatif à une interdiction d’entrée en France, à compter du 26 août 2015, pour les algériens détenteurs de passeports ordinaires. Cette mesure a pour origine, une note datée du 21 juillet 2015, et émanant de la police française de l’air et des frontières (PAF), à l’adresse de deux compagnies aériennes (Air Algérie et Aigle Azur).

Ayant vraisemblablement pris connaissance de cette interdiction à travers la presse, Lamamra se voit contraint de prendre langue (plutôt, l’avion) avec les responsables français. C’est ainsi que quelques heures après la publication de cette information et certainement prit de panique, ce dernier, sans qu’il ne soit invité, s’envola illico presto, en direction de Paris (23 juillet), afin de prier (supplier), Fabius de surseoir à cette démarche.
Sur place, le ministre algérien fit part à Fabius, de son vœu que les algériens ne soient pas pénalisés, en déclarant à cette occasion, ce qui suit:

« J’ai reçu des assurances que les autorités françaises compétentes sont activement saisies de la question et que des instructions sont données aux services et aux organes concernés afin de veiller à ce que les circonstances particulières liées à la délivrance des passeports biométriques aux citoyens algériens ne soient pas marquées par des entraves et à des difficultés à l’occasion de leur déplacement dans les prochains mois ».

Le fait le plus significatif à retenir dans cette scabreuse affaire, est qu’un minimum d’égard et de bienséance aurait voulu que les autorités françaises saisissent leurs ‘homologues’ algériennes, dans la plus totale discrétion pour évoquer cet aspect et l’aplanir, sans que cela ne fasse les choux gras des médias. Mais si les choses s’étaient produites de la sorte, il se serait alors agi de deux Etats discutant d’égal à égal, ce qui est loin d’être le cas. Maintenant, il n y a pas lieu d’être un clerc pour imaginer l’affront qu’essuya Lamamra, des suites de cette épreuve affligeante.

Moralité : Quelle que soit l’ampleur des concessions et soumissions à l’égard des étrangers, l’Algérie, du fait du non Etat, ne cesse de récolter mépris sur mépris.

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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