Le SCORAT «rapatrié» par le MDN !

Le silence pesant de Rab Dzayer

DRSLe démantèlement du DRS (version rab-Dzayer) se poursuit. Sous le sceau de la confidence, des médias algériens ont rapporté une autre nouvelle spectaculaire. Après le groupement d’intervention spécial (GIS), c’est au tour du Service de coordination opérationnelle et de renseignement antiterroriste (SCORAT) d’être soustrait du commandement du général Toufik et de rentrer sous la coupe du ministère de la Défense.

Le déclin implacable du général Toufik ne semble pas avoir de fond. Jusqu’où ira la saga du démembrement de sa toile tentaculaire ? Sans mot dire, jusqu’à aujourd’hui, à petit feu, il a perdu ses plus importantes unités d’intervention. Le DRS d’aujourd’hui apparaît comme une carcasse de celui que l’Algérie redoutait plus que tout et son patron, un fantôme hagard et sans voix.

Le silence de Rab-Dzayer a un relent d’impuissance, de résignation. Ses hommes liges se font discrets. Les tièdes protestations de ses relais habituels, se limitant à des incompréhensions ou des simples mises en garde contre les dangers d’un tel processus, se comptent sur les bouts des doigts. Autant dire que c’est la torpeur générale. Un coup dur consommé. D’aucuns pourraient même penser à une concertation avec l’« ex-homme fort de l’Algérie », mais des arguments l’évacuent sans difficulté. En refusant de recevoir des mains propres de Gaïd Salah l’anecdotique médaille de la bravoure le 5 juillet dernier au MDN, le général Toufik avait compris que l’envers de la médaille était une insupportable humiliation. Des fourches caudines à franchir devant ses pairs et son principal adversaire. Son absence déguisée sous quelque motif dérisoire plaide pour la thèse de la rupture entre les deux hommes. Le colonel Mohamed Khalfaoui, un ex-officier du DRS à la retraite, encore sonné par le processus a été formel, il a reconnu à la télévision l’existence du conflit entre les deux responsables militaires (Voir TSA).  La mise au ban du général Toufik, du moins la déstructuration de sa toile, est réelle. Sans son consentement.

Reste maintenant de savoir à quoi l’Algérie doit la sérénité qui accompagne ce bouleversement majeur. Le processus entamé de droit suit son cours par à coup depuis plusieurs mois dans un calme apparent. À la vieillesse du général honni? L’usure du temps? Aux grands risques encourus? À une maladie quelconque ? À la conscience d’avoir fait trop de mal au pays ? Une poignée de personnes serait dans le secret de dieu ; l’opinion y compris les observateurs n’y aura pas droit. On spéculera à tout va, mais la vérité restera sous le boisseau probablement à jamais. Les milliers de victimes de ce monstre n’en seront pas plus incommodés par ce secret. L’essentiel, qu’il disparaisse pour espérer ouvrir les dossiers de la décennie noire.

Une autre question importante autour de ce sujet reste sans réponse. Qu’est-ce qui motive le général de corps d’armée Gaïd Salah et son EM à dépouiller ainsi Rab-Dzayer de ses armes maîtresses ? La volonté de recentrer le travail des services dans le contre-espionnage comme l’indiquent certains médias? De lever tout équivoque quant à la suprématie du MDN sur toute autre structure militaire? La plupart des observateurs favorisent la thèse de la guerre des clans pour des considérations politiques. Une guerre sourde qui se manifeste à travers des soubresauts sporadiques plus ou moins virtuels comme « l’affaire de Zéralda ». Cette thèse, si elle donne une explication simple à la question, n’en est pas moins battue en brèche par des indices indéniables. Les graves accusations portées contre le général Hassan Aït-Ourabi, dont détention illégale d’armes et établissement de faux barrages, ainsi que l’interdiction de quitter le territoire signifiée au général M’Henna Djebbar pourraient donner lieu à  une autre thèse. Plus sombre. Elle expliquerait, en passant, le silence de rab-Dzayer: l’état-major de l’ANP a découvert la politique démentielle du général Toufik et découvert dans quoi il a entraîné l’armée sans son consentement. Il se pourrait que le général Bachir Tartag de concert avec le général Abdelkader Kherfi (tout deux issus du DRS et engagés par Bouteflika comme conseillers à la présidence), ait craché le morceau et fait des aveux très graves concernant la décennie noire.

L’ANP contre le DRS version Rab-Dzayer reste aujourd’hui un vrai mystère. Il est très peu probable que le MDN aspire à réhabiliter la dignité ou la souveraineté du peuple algérien. Les éloges de Gaïd Salah pour un grand corrompu comme Saâdani laissent peu de doute. Quant au général innommable, quels que soient les raisons de l’EM à vouloir l’affaiblir, il est d’ores et déjà frappé d’indignité. Qui l’aurait parié? Lui qui se prenait pour un dieu, il connaîtra solitude et fin infâme en attendant la descente aux enfers. Cette fin tragique n’assouvit pas la haine de milliers de ses victimes, mais elle leur rend un tant soit peu de justice. Peut-être qu’elle sera suivie de l’ouverture des dossiers criminels du DRS…

http://www.impact24.info/le-scorat-change-de-commandement/

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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