Handala! que dois-je faire ?

La grotte de l’enfer

Handala et EEE– Dis-moi, Handala. Qu’est-ce que tu me conseilles? Dois-je arrêter ou continuer? Je suis fatigué. Ça fait un bon bout temps que ça dure cette histoire de blogue.

-Écoute ton cœur.

-Oui… je me doutais que tu allais me donner une réponse de ce genre, sage et mesurée. Mais elle ne m’aide pas à passer le carrefour. Elle ne m’indique rien. J’hésite. Qui suis-je pour m’en prendre au DRS et son patron? Une particule subatomique perdue dans les tréfonds d’un atome. Je suis rien, un rien de passage. Si on me tombe sur le paletot, on va m’écraser comme une puce. Tu sais tout ça.

– Si je sais ?!!

– Euh… Et personne ne se doutera que j’ai existé. Même dans les statistiques, personne  ne pensera pas à ajouter le chiffre un aux 20000 disparus.  Je suis rien, je te dis. Ce n’est pas comme toi.

-Le cœur battant ne se trompe pas.

– Encore une réponse sibylline Handala. Je veux une vraie réponse. Dans mon cœur, nul âme qui vive. Rien d’autre que des morts et des cris de morts. Ça résonne de partout, sans arrêt comme un écho coincé pour l’éternité dans une boîte hermétique. Les pleures et les cris de misérables habitants d’un hameau m’assaillent et ne me laissent pas tranquille. Parfois j’ai des sueurs et je mets les mains contre mes oreilles. Ils disparaissent pour revenir un autre jour.

– Qui sont-ils?

– Je ne les connais pas. Je ne connais pas leurs visages. Quand j’ai lu leur histoire la première fois, je n’ai pas pleuré. Mais mon sang s’est figé. Leur martyre s’est gravé aux tréfonds de mon cœur. Depuis ils me hantent. Je vois des visages sans traits épouvantés.  Dans l’histoire, il y avait des enfants, des bébés, des filles, des vieux… Arrachés de leur village par une nuit horrible, ils ont été conduit manu militari et jetés dans une grotte comme des ordures avant d’être passés au couteaux vifs et d’autres brûlés vifs. Dans ce supplice, tout le monde regardait mourir tout le monde. Les enfants s’agrippant dans les oripeaux de leurs parents tétanisé qui poussaient des cris d’horreur. L’avènement d’Internet est tombé comme un miracle. Un exutoire pour les faibles et les pauvres comme moi. Ça c’est passé dans la décennie noire.  Voilà ce qu’il y a dans mon cœur. Une grotte de l’enfer.

– C’est quoi la décennie noire?

– Oh Handala, mon frère, je ne t’ai pas invoqué pour te raconter la triste histoire de mon pays, tu es déjà accablé par le fardeau du tien.  J’en ai appellé à ton expérience pour de m’aider à prendre une décision. Le petit Palestinien que le Juif a brûlé, l’autre jour, eh bien, tout le monde s’est indigné, mais moi non. Quand j’ai lu la nouvelle, c’est le bébé algérien cuit au four qui m’est apparu. Tu entends. Ma vie est figée à ces événements. Voilà des années que j’écrive. Comment s’en sortir.

-Mais pourquoi ce «DRS»?

– J’ai fait des recherches, j’ai fait beaucoup de lecture et je suis sorti avec la profonde conviction que c’est le patron du DRS qui a décidé de sacrifier ces pauvres gens. Par pur calcul politique. C’est sadique. Même les sionistes ne font pas ça à leur peuple. Alors dit-moi ce que je dois faire.

– Je ne peux rien pour toi mon frère. Je suis certain que la réponse surgira de ton cœur.

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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