La chute d’un dieu et le bouleversement politique

« La succession se fera sans le général Toufik »

Libération AushwitzLa succession se fera sans le général Toufik. Cette citation du professeur Rachid Tlemçani (voir AFP), une véritable sentence cinglante, peut résumer à elle seule un grand changement d’époque. Jamais un observateur ne pensait qu’un jour la légende urbaine du redoutable appareil de répression qu’était le DRS allait finir en queue de poisson et que le dieu omnipotent de l’Algérie mordra la poussière. La génération de la décennie noire n’en revient pas du cataclysme qui se produit sous ses yeux aujourd’hui. Elle le vit comme la fin d’un règne sanglant,  la fin d’un cauchemar.

Le malheur de l’Algérie n’est pas fini pour autant, mais les chances de démocratisation sont plus grandes. Un nouveau régime s’installe, quel que soit le successeur. Si l’armée a reconquis son pouvoir sur le DRS, les intellectuels et les militants, de leur côté, ont une meilleure marge de manœuvre face au nouveau pouvoir.

Sans illusion, les nostalgiques de la terreur continuent d’adorer leur dieu tout-puissant et verser des larmes de son époque, tous les tyrans jusqu’à leur totem Hitler en ont. Au lieu de s’accrocher aux icônes d’un dieu sanguinaire dévoré par les loups et voué à une mort cruelle, au lieu de s’apitoyer honteusement sur le sort de ses suppôts qui jouent piteusement aux victimes expiatoires, ils feraient mieux d’ouvrir les yeux sur les intérêts actuels de l’Algérie : veiller comme toujours, au grain, défendre les libertés, les droits de l’homme et  tous ce qui renforce une nation.

Les forces vives, celles qui ont été bâillonnées si longtemps par le DRS, sont appelées, à monter au créneau et à presser l’armée (en attendant que les ministres aient un poids politique et une conscience nationale) sans relâche de questions et de revendications légitimes. Entre autres, que deviennent les enquêtes du DRS sur la corruption ?

Maintenant que le jeu semble plus clair, qu’il existe un seul guichet pour les plaintes et que les scandales ne font plus, a priori, l’objet de chantages politiques et de pression médiatique entre clans, il importe d’exiger des comptes, de «sergenter» les généraux pour savoir ce qu’ils ont dans le ventre et dans la conscience.

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A propos El Erg Echergui

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3 commentaires pour La chute d’un dieu et le bouleversement politique

  1. Pacoco dit :

    Voila ! Surtout que vont devenir et que deviennent les enquêtes du DRS sur la corruption ? Sachant que le 1 é accusé et concerné inverse la vapeur a son intérêt

  2. Mohand Oukaci dit :

    Effectivement , la succession se fera sans le général Toufik car sa force de frappe a été neutralisée pour de bon et il n’est plus que gardien d’une coquille vide, une armée de secrétaires inoffensifs. De Rab Dzaer, il est réduit à Rab Rih par sa faute car il voulait être comme la grenouille qui voulait devenir aussi grosse que le boeuf,elle s’est mise alors à fumer pour prendre du volume jusqu’à ce qu’elle explose. Lui aussi, il fume le cigare et on l’appelle au sein du DRS, l’homme au cigare.C’est la dégringolade pour lui , il n’est plus que l’ombre de lui-même.Il me rappelle le cas de feu le général Mostefa Benloucif ancien SG-MDN puis chef d’Etat-Major de l’ANP durant les années 1980 qui avait comme lui des ambitions démesurées et qui a été limogé au faîte de sa puissance. Avec l’ élimination du général Toufik de la compétition et sa mise au placard, et en tant que chef de fil d’un clan, on ne peut plus parler à l’avenir de lutte de 2 clans au sein du pouvoir car il n’en reste plus qu’un clan mixte et fusionnel militaro-civil conduit par le général Ahmed Gaid Salah, vice-ministre de la Défense et Chef d’Etat-Major de l’ANP et Said Bouteflika conseiller de son frère Abdelaziz Bouteflika, président de la République.

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