Maître Sellini apprécie une loi de guerre décrétée par… le général Hassan

Le général Hassan, l’autre version de Djamel Zitouni

DRS en AlgérieLes agissements du général Hasssan n’étaient pas normaux pour reprendre le truculent chroniqueur Hafid Derradji. Pour tout dire, n’a jamais été normal ce qui se passait au DRS sous le règne de Rab Dzayer. Les actions sur le terrain de l’ex-patron de SCORAT, pompeusement affublé de M. Antiterrorisme par des esthéticiens en mal d’inspiration, cristallisent la mégalomanie du général Mediène et montrent à quel point il méprisait ses pairs de l’état-major. Son pouvoir discrétionnaire acquis grâce au sang des milliers de morts (innocentes et non) a dépassé toutes les lignes rouges. Il rompait la discipline, fragilisait l’unité du commandement et sapait les piliers du ministère de la Défense, l’unique, dit-on, institution viable et sérieuse sans quoi le pays s’effondre. La politique du Rab Dzayer, dieu de l’Algérie des disparitions et des carnages, implicite dans les propos de maître Sellini dont la communication et la compétence laissent à désirer, consistait à créer des milices autonomes échappant à tout contrôle. Littéralement, une armée en mode parasite dans une autre armée.

Si l’on désosse avec tantinet de soin l’entretien accordé par maître Sellini au journal numérique « Tout sur l’Algérie » et qui a fait polémique, le général Hassan opérait sur le terrain militaire incognito, sans se référer ni informer au préalable sa hiérarchie comme l’exige le b.a.-ba de toute armée qui se respecte. Des missions aussi dangereuses et aussi sensibles que prendre contact et traiter avec des groupes terroristes dans des zones frontalières ont été volontairement occultées à l’état-major en amont comme en aval.

Le mobile bien tenu de la sensibilité de ses missions cache une insubordination manifeste aux autorités militaires. Le détenu de la prison de Blida a affirmé qu’il n’informait sa hiérarchie qu’après la réussite de ses missions délicates. C’est extrêmement court comme explication. Il ne précise pas qui a pris la décision de le laisser jouer solo. De telles pratiques sont simplement impensables dans les grandes nations chez qui le ministre de la Défense et le président sont au courant et responsables de toutes les manœuvres militaires. Ignorant ou faisant fi du règlement militaire, le général Hassan agissait dans une clandestinité totale. Des missions secrètes non approuvées par l’ANP dans ces zones sous surveillance militaire où l’armée déployée en force avait ordre de tirer sur les véhicules suspects. On devine les grandes précautions et les moyens qu’il utilisait pour semer sa vigilance… Il prétend que ses missions étaient dans l’intérêt du pays et consistaient à récupérer des armes des mains des terroristes… Hormis les obligés classiques du DRS, qui pourrait croire à sa bonne foi ? Mais le plus important, est-ce recevable ?

Dans cette affaire, en fait, il faut être aveugle pour en rester au niveau de la responsabilité du général Hassan. Il n’y aura pas un chat dans toute l’Algérie qui n’y verra pas les griffes de Rab Dzayer. On peut conclure sans risque que le pauvre général est tombé dans un piège, il fait les frais d’une obéissance aveugle à un général mégalomane. Il a probablement participé à des crimes contre l’humanité sous le couvert de défendre l’Algérie, mais avait-il seulement les facultés de discernement ? Les aveux et la faiblesse des arguments laissent croire qu’Aït Aourabi serait incapable de comprendre les enjeux, les dangers et par-dessus tout l’irresponsabilité des actions non autorisées et non suffisamment encadrées. Dans son for intérieur — qui sait —, son chagrin est immense : celui avec qui il concertait et fixait les missions secrètes n’a pas assumé sa complicité. La clé du mystère de son aventurisme se trouve dans les réseaux sociaux. Des activistes assurent qu’il fut un subordonné de moindre importance et qu’il a vu ses promotions militaires montaient en flèche. Le général Hassan n’était en fait pas pourvu d’une instruction de haut niveau qui l’aurait aidé à voir l’illégalité de ses actions. Il ne pouvait avoir la lucidité d’un capitaine Ahmed Chouchan ou d’un colonel Mohamed Samraoui. Il y avait chez lui un côté de Djamel Zitouni que Rab Dzayer a exploité à fond.

Pour clore ces remarques, l’on peut affirmer que les propos de maître Sellini incriminent plus son client et le DRS qu’ils ne tentent de les défendre. On s’interroge aussi sur le crédit  qu’il accorde sans broncher aux déclarations de son client. Comment n’y a-t-il pas vu un danger pour l’unité de l’ANP qui reste malgré ses dérives le seul rempart de l’Algérie ? Par ailleurs, certains reprochent à l’avocat, preuve à l’appui, un amateurisme étonnant et une méconnaissance déconcertante de la loi militaire alors qu’il joue avec l’avenir d’un général-major impliqué dans une affaire extrêmement sensible ; un dossier où son client, malgré son grade élevé et l’importance du poste qu’il occupait, est un simple lampiste.

http://www.tsa-algerie.com/20150903/entretien-avec-me-abdelmadjid-sellini-avocat-du-general-hassan/

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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