Dans le pays du DRS, la contrebande investit dans les détecteurs de métaux !

Dans notre merveilleux pays où les patriotes se comptent en millions et les généraux intègres et de hautes statures en centaines et où les services de renseignement passent pour les plus efficaces de la région, on ne compte plus les surprises. Dans ce pays dirigé par de hauts responsables au nez long comme une carotte, les voleurs ricanent à ces léchages de bottes. Peut-être même, si une enquête sérieuse est faite, qu’ils n’y sont pas étrangers, ils y participent corps et âme…

Tout en se tordant de rire, nos charmants voleurs, des grands, des pros de la prédation, de ceux qui savent se tapir comme Rab-Dzayaer, poursuivent tranquillement le développement de leur État informel, dont l’économie à présent fait du coude à coude en matière de contribution au PIB avec l’économie de bazar officiel. Et c’est tout naturellement que la première Marmita du gouvernement, dont le célèbre nez atteint la stratosphère, a demandé ces derniers temps à l’économie parallèle de déposer ses bénéfices dans les banques officielles pour, croit-on savoir, aider le gouvernement à absorber le choc du prix de pétrole… Marmita a donné l’Aman, l’argent sale ne connaîtra pas de soucis…  Puisque l’un dépend de l’autre, autant  officialiser les relation et se serrer les coudes en temps de vaches maigres.

Aux dernières nouvelles, l’État informel vient de diversifier ses ressources. L’ANP est la première institution qui peut le confirmer et constate que ça ne chôme pas chez l’État informel. Tous les jours ses éléments sillonnent le sud à la recherche des bandes terroristes et tombent sur des convois de contrebandiers. Des convois de drogues, de tabac, des produits alimentaires subventionnés, des téléphones portables, du carburant, ils trouvent de tout. Les seigneurs de la contrebande n’ont pas de scrupules nationalistes et surtout n’ont aucun respect pour le DRS réputé redoutable ou les autorités militaires dont les journalistes n’osent jamais exiger de comptes. Les hors-la-loi vendent même les armes à feu et des armes de guerre à qui voudra bien payer. Terroristes ou pas, ils s’en branlent. Business is business et l’argent n’a pas d’odeur. Il y a deux jours un détachement de l’armée a mis la main sur une marchandise plutôt inhabituelle…

Dans le Triangle Tamanrasset, Bordj Badji El Mokhtar et In Gezzam, zone frontalière bien connue du général Hassan et son unité d’élites…, vingt-six détecteurs de métaux ont été saisis et exposés aux médias. La nouvelle est passée par les faits-divers… Qu’est-ce que cela peut bien faire aux autorités et à la classe politique que même des derricks soient vendus au marché noir… Pourtant cette histoire dépasse l’entendement. Pourquoi des détecteurs électroniques de métaux circulent-ils dans le Sud algérien ? Qui les exploite ? Dans quel but ? Qui sont ses fournisseurs ? Quelle route empruntent- ils pour arriver jusqu’à notre désert. Qui s’y intéresse ? Le carnet d’adresses des contrebandiers doit être très épais. Des noms de gros bonnets ne sont pas du reste. Que dit l’armée à ce sujet ? Ce qui est certain, c’est qu’il ne faut pas compter sur le DRS de Rab-Dzayer pour trouver des réponses à ses questions.

La découverte de cet équipement de prospection laisse pantois. L’Algérie a peut-être atteint une nouvelle phase dangereuse. Un tournant dans l’expansion de l’activité informelle. La mafia, s’appuyant sur le désœuvrement d’une jeunesse locale abandonnée, diversifie ses ressources. Comme elle est active et suit la marche du monde, elle s’informe. Ses argus ont dû lire les rapports alléchants sur la richesse supposée du sud. Appâtée, elle aurait décidé de rechercher les gisements de métaux précieux par elle-même. Ainsi, elle se servira à la source et n’attend plus l’arrivée des entreprises nationales ou étrangères pour les corrompre… L’État informel, sous le nez des salonnards d’Alger, se paye des techniciens, des ingénieurs et le moment venu, si la prospection donne des conclusions probantes, se dotera de ses propres ateliers d’extraction…

Une jeunesse de Bordj Béji El Mokhtar, à l’extrême sud algérien, livrée à elle-même :

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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3 commentaires pour Dans le pays du DRS, la contrebande investit dans les détecteurs de métaux !

  1. ait ouamar dit :

    C’ est quoi le probleme des detecteurs de metaux?Je ne comprends pas comment au 21e siecle on peut interdire ce genre de gadget et de bien d’ autres qui sont pourtant en vente libres dans tous les pays civilisés dirigés par des gouvernements democratiques et………. pas populaires du tout !Gadgets bien plus sophistiqué allant du drone equipé de camera jusqu’au capteur de son et autres jumelles a infra rouge.Nous vivons en corée du nord et nous ne le savons pas………quel pays mes aieux!

  2. Mohand Oukaci dit :

    Cette histoire de ruée vers l’or ne concerne pas à vrai dire l’Algérie d’après tout ce que j’ai lu sur ce sujet. Le grand sud algérien ne sert que de terre de transit pour les aventuriers chercheurs d’or pour s’y rendre aux gisements frontaliers avec le Niger.
    Le nord du Niger a connu ces derniers années une grande ruée vers les montagnes du Djado où plus de 10.000 personnes de plusieurs nationalités ( Algériens,Tchadiens, Libyens, Soudanais, Mauritaniens, Nigérians, Nigériens) ont afflué après la découverte d’un gisement.
    Le gouvernement du Niger a décidé en juillet 2014 de fermer provisoirement le site afin de la sécuriser mais la fièvre de l’or n’a pas baissé. Deux sites sont particulièrement prisés. L’un près de la frontière et un autre à Tchibarakaten, dans l’extrême nord de l’Aïr, près de la frontière algérienne.
    Cet article d’El Watan témoigne que les chercheurs d’or n’opèrent pas en territoire algérien.

    Ruée vers l’or dans le désert du Sahara
    El Watan 19 août 2014

    A Djanet, on ne parle que de cette mine d’or qu’est devenu le pays voisin, le Niger. «Il paraît qu’il suffit de retourner la terre pour tomber sur de l’or», dit la rumeur qui s’est répandue comme une traînée de poudre dans la région.
    Les appétits n’ont pas tardé à s’afficher, notamment chez les jeunes dont certains n’hésitent pas à tenter la traversée du Ténéré pour aller à la recherche de ce nouvel eldorado. Un véhicule 4×4 Station a été intercepté avec à son bord trois personnes transportant quelques kilos de terre mélangée, dit-on, à de la poudre d’or. «Cela devient fréquent, ce genre de saisies, on ne parle que de cela ici mais personne n’est vraiment revenu avec de l’or en bonne et due forme.
    C’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin», indique une source locale. Des jeunes Djanetis ont tenté le diable en emportant dans un véhicule 1600 litres d’essence et un détecteur de métaux et en prenant la direction du Niger. Ils ont été appréhendés par les gardes-frontières et déférés devant la justice. Brûlant des pneus et fermant des routes, des jeunes de Djanet ont tenté de les faire libérer par la manière forte. Les sages de la région les en ont dissuadés vu l’importance des charges retenues contre les malfaiteurs.

  3. Bendi dit :

    Heureusement que la californie n’ etait pas sous les bottes de la junte algerienne sinon ça aurait été une grande caserne à ciel ouvert ………………………….. « Dieu bénisse l’Amérique « car La ruée vers l’or transforma profondément la Californie. Alors petit hameau constitué de tentes, San Francisco se développa sous la pression de la croissance démographique ; des routes, des églises, des écoles et d’autres bâtiments y furent construits. Un système de loi et un gouvernement furent créés, gouvernement qui mènera à l’admission de la Californie en tant qu’État américain en 1850. De nouveaux modes de transport se développèrent : le bateau à vapeur, qui devient un moyen de transport régulier, et les chemins de fer. L’agriculture, futur pan majeur de l’économie californienne, commença à se développer à travers tout l’État.Ruée vers l’or en Californie — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ruée_vers_l'or_en_Californie

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