Le clan présidentiel fait trembler l’establishment lié à Rab-Dzayer

L’implacable vengeance

Bouteflika ou la monarchie présidentielle

Une digue a rompu, le flot des rancœurs présidentielles cumulées depuis 15 ans jaillit en un jet puissant. Bouteflika a subi trop d’humiliations et de frustrations en se soumettant à la loi des « équilibres des pouvoirs ». Un marché de dupe imposé par la terreur l’obligeant au rôle infâme de potiche d’un dieu. Aujourd’hui, débarrassé de son principal rival, il a les coudées franches. Il tente de rattraper le temps perdu avec la rage de montrer au monde qu’il est le seul maître à bord. Écrivez ! Écrivez ! Abdelaziz Bouteflika n’a jamais été un président croupion. Les limogeages et les mises à la retraite se sont abattus sur les hommes de Mediène dont l’empire est réduit en lambeaux. 

L’Appareil sécuritaire, le DRS et ex-armature de l’ANP, tailladé et dégrossi à l’extrême, fut confié à un rapace du Renseignement qui opta pour la pleine collaboration avec le président. Les autres faucons de rab-Dzayer, aux bras ensanglantés, ont été écartés, congédiés et envoyés à Tataouine. Ironie du sort, eux qui tuèrent des milliers d’Algériens et instaurèrent une dictature totalitaire ont été chassés comme des rats.

Bien avant le limogeage de Mediène, la machine d’épuration s’est mise en branle. Le ministre Amara Benyounes, un fieffé éradicateur repêché par le DRS, fut l’un des premiers à être éjecté du gouvernement. Son limogeage humiliant a fait couler beaucoup d’encre sans jamais être élucidé. Le soutien inconditionnel de Benyounes au 4e mandat, le plus controversé, n’est pas arrivé à faire oublier ses liens avec le clan adverse. Une fois, le puissant général Mediène neutralisé et dégommé du centre de décision, la purge toucha rapidement le reliquat de Toufik dans le milieu politique et administratif. Tout responsable soupçonné d’être son godillot ou d’avoir loué ses mérites, est mis hors d’état de nuire. Parfois le procédé de limogeage tourne à l’humiliation et au drame. Hamid Mezli, le PDG de l’entreprise publique chargée de la gestion du Club des pins, en a fait les frais. Tout aussi brutalement, il fut désarmé et arrêté sans ménagement. Le procureur de la République Belkacem Zeghmati, autre membre de l’establishment réputé proche du général déchu, sans rime ni raison, a subi de plein fouet la vague des évictions spectaculaires.

En bonne logique, d’autres huiles du système seraient sur la liste noire de Bouteflika ou de son frère Saïd. Le clan présidentiel est décidé à ne pas les laisser traîner dans les rouages de l’État. Il redoute des vengeances actionnées à distance. La mauvaise foi d’un ministre, d’un PDG ou d’un simple responsable administratif peut causer beaucoup de dégâts aux projets du président et lui mettre la population sur le dos. Ainsi, une certaine Hanoune verra sa part des sièges parlementaires revue à la baisse. Monsieur Lahcen Aribi, membre du parti de Djabbalah, qui n’a cessé de caresser le général Mediène dans le sens du poil tout en s’attaquant au frère de Bouteflika, lui aussi, devra perdre son poste de président de commission Défense au parlement avant d’apprendre, à la prochaine échéance, que les électeurs ne veulent plus de lui…

Article d’El Khabar en rapport :

A propos El Erg Echergui

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3 commentaires pour Le clan présidentiel fait trembler l’establishment lié à Rab-Dzayer

  1. Mohand Oukaci dit :

    La chasse aux sorcières a commencé après le limogeage du général Toufik.Voici une information toute fraîche d’ Algérie 1 qui accrédite cette thèse.

    Un nouveau SG au MDN et deux directeurs centraux évincés.
    Par Khidr Ali mercredi le 23/09/2015

    Info Algérie1 : Le ministère de la défense nationale (MDN) a un nouveau secrétaire général en la personne du général-major Ali a appris Algérie1 de bonnes sources.
    Le nouveau promu était jusque là à la tête de la direction des personnels militaires (DPM) au ministère.
    Par ailleurs, quelques jours après le départ du général Mohamed Lamine Médiène, alias Toufik, désormais ex chef du DRS, deux nouvelles têtes sont tombées, deux généraux responsables de directions centrales au ministère de la défense nationale
    Il s’agit du directeur de la Justice militaire, le général-major Mohamed-Laïd Guendouz, et du directeur des Relations extérieures et de la coopération (DREC), Noureddine Mekri, alias Mahfoudh.
    Ces deux hommes, réputés proches du général Médiène, ont été limogés de leurs postes respectifs en raison pour le premier de « la mauvaise gestion » du dossier des militaires auteurs des détonations entendues aux alentours de la résidence présidentielle à Zéralda fin juillet dernier, alors qu’on reprochait au second du « parasitage » en s’érigeant en « antenne du DRS » au sein du MDN ont confié nos sources.

    http://www.algerie1.com/actualite/un-nouveau-sg-au-mdn-et-deux-directeurs-centraux-evinces/

  2. Ouas Ziani dit :

    Selon le sergent-major Benhadid, Toufik trouvait que Saïd Bouteflika est un malade mental…c’est peut-être le profil qu’il faut aux sains d’esprit comme l’ex rab dzair

  3. Abdelkader dit :

    Dans un pays qui aurait évolué normalement il n’y aurait pas de « conflit » entre un président de la république et un quelconque responsable civil ou militaire, le chef suprême étant le président « élu ».Or notre président a été amené et proposé au peuple qui a comme de tradition cautionné le choix .Pourquoi alors ce « conflit » entre le président et celui que certains,beaucoup, présentent comme « Rabdzair ».(Appellation qui vise à nuire plus au service qu’à l’homme à des fins sordides).L’Histoire dira sans doute la cause de cette séparation: conflit d’intérêt personnel ou conflit pour l’intérêt du pays.Ce que tout le monde s’accorde à dire est que Tewfik n’a dicté à Bouteflka ni les orientations économiques,politiques ou le choix des hommes à designer aux différents poste de responsabilité si ce n’est à travers les rapports que le Service peut présenter au président , et c’est son rôle,ce dernier étant souverain et libre d’en tenir compte ou pas.Maintenant que le président s’est défait de celui que d’aucuns présentent comme le véritable détenteur du pouvoir, l’Histoire sera implacable envers lui : tous les défis seront portés à son compte ,positif ou négatif.Les reformes pour un Etat moderne et démocratique,le décollage de l’économie, la sécurité ,la diplomatie et la justice libre et pour tous,autant de dossiers sur lesquels le président ne pourra plus invoquer des résistances d’autres centres de décision.Alors attendons pour juger.

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