La bombe du général Hocine Benhadid

L’Algérie au bord de l’implosion

Général Hocine Benhadid0L’entretien du général Hocine Benhadid est un coup théâtre. Il prend le contrepied de tout ce qui a fait la réputation de l’ANP et de ses officiers supérieurs. Le général Khaled Nezzar, tout loquace et pédant qu’il fut, n’est pas allé aussi loin dans la critique du pouvoir de Bouteflika. Contrairement à lui, Benhadid a traîné dans la boue le commandement de l’armée. Clou du spectacle, il confirme nombre des graves accusations des partisans du qui-tue-qui. Les généraux Tartag et Smaïn Lamari se voient indirectement traités de criminels.

Ce qu’affirme Benhadid donne la chair de poule et fait vomir. On en ressort avec la certitude que l’Algérie est à la dérive et il ne reste pas beaucoup pour qu’elle sombre dans le chaos. Elle passe actuellement des mains des janviéristes criminels à la haute pègre dirigée Saïd Bouteflika. Le général de corps d’armée Mohamed Mediène n’est plus le « malin » et le puissant patron du DRS qui veillait au grain comme il le soutenait l’année dernière, mais le responsable qui a lamentablement perdu devant un malade mental qu’est à ses yeux Saïd Bouteflika. Il l’accuse même d’avoir été bourrique et traître quand il a accepté de trahir le général Med Lamari. Saïd l’a mis ko, sans coup férir. Quant au chef de l’état-major, Gaïd Salah, son cas est pire. Il serait un fieffé corrompu qui ne fait pas partie de la bande à Saïd. Il ne savait même pas où mettre sa carne au milieu de la guerre des clans. Quel hommage à l’ANP ! La vérité de Benhadid va doper le moral des troupes ; il grimpera si haut qu’il pétera les plombs…

Tout au long de son entretien, le général, le ton péremptoire jusqu’à la névrose — il avait du mal à sortir les mots —, corrobore la nature tyrannique du pouvoir algérien et confirme son mépris total de la souveraineté populaire. Le peuple fait figure d’un tas de pions sur un échiquier ou un harem pour lequel les barons du pouvoir se battent à couteaux tirés. Il ne s’en souvient et ne l’exhorte à se soulever qu’en désespoir de cause, que lorsque, marginalisé, au bout du rouleau, il redoute le coup de grâce de son ennemi Saïd : la succession de son frère.

La portée du procès de Benhadid contre Saïd Bouteflika va bien au-delà des querelles de sérail. Il fera date et entrera certainement dans l’histoire. L’ancien chef de la 4e RM qui utilisait le chalumeau dans la torture des islamistes et plastiquait leurs demeures crève l’abcès et éclabousse de son pus tout le monde. Y compris l’armée. Y compris les médias qui, aveugles, ont soutenu à bras le corps le pouvoir sans jamais s’interroger sur ses dérives. En déblatérant contre le désormais puissant frère du président, Benhadid, un poids lourd issu du cœur du pouvoir, a presque tout craché et dévoilé beaucoup. Il n’a pas mâché ses mots pour contrecarrer l’ambition présidentielle supposée de Saïd. Il a sorti tout le sale linge qu’il connaît et tiré avec sa grosse artillerie. L’odeur pestilentielle qui en résulte, est à la mesure de la haine inextinguible qui le ronge. Ses propos torpillent la crédibilité de l’État algérien, sa cohésion et sa légitimité. L’Algérie aura du mal à reconstruire une image présentable. C’est le moins que l’on puisse conclure.

Enfin, ironie du sort, l’entretien coup-de-poing a été diffusé — et sûrement réalisé — le jour de la 18e commémoration du massacre de Bentalha passé sous silence. Comme si la force insondable de la justice immanente a voulu que les victimes se vengent sur les généraux et le pouvoir politique qui refusent de leur rendre justice.

https://youtu.be/k9dwjT_e7Rk

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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6 commentaires pour La bombe du général Hocine Benhadid

  1. Mohand Oukaci dit :

    Je respecte votre analyse mais moi je pense autrement. Le général à la retraite Hocine Benhadid a vécu loin du centre où se déroulent les intrigues et où se prennent les décisions concernant le pays. Ce centre de décision a pour siège le MDN situé aux Tagarins sur les hauteurs d’ Alger juste en face de l’hôtel Aurassi et où se réunissent périodiquement des réunions entre le chef d’Etat-Major de l’ANP et le patron du DRS. Le général Hocine Benhadid a t-il été un jour convié à cette réunion?Evidemment, non. Ses déclarations à la presse ne relèvent que d’une construction intellectuelle propre à lui et que n’importe quel algérien peut faire .Il n’est pas dans le secret des dieux. Ses affirmations sont tellement trop faible de portée qu’elles n’ont aucune incidence tant sur l’ opinion nationale qu ‘internationale.

  2. toute ma gratitude et ma profonde considération à toute l’équipe de EL ERG ECHERGUI et tiens à exprimer mes voeux de santé et de bonheur à l’occasion de la fete de l’AID.
    Je me suis affronté à ce système avec le serment d’aller jusqu’au bout pour que l’histoire de la tragédie algérienne ne soit jamais travestie.Un défi relevé dans l’arène et sur la place publique.



    25 ans en arrière le mot trahison a été employé à la face du système.

  3. Ahmed dit :

    LU (sur ce général Benhadid)
    —–
    Aujourd’hui un obscur général à la retraite, Hocine Benhadid pour ne pas le nommer, évincé du MDN par feu le général de corps d’armée, chef d’état major de l’ANP Mohamed Lamari, en 1996 pour incompétence et alcoolisme, rue dans les brancards mû par des obsessions maladives. Malgré la réputation de cadre compétent qui lui a été faite, Hocine Benhadid n’a réussi à être qu’un petit général à qui on a retiré son premier commandement pour essai non concluant. Narcissique, imbu de sa personne et surtout alcoolique invétéré, le piètre militaire qu’il a été se permettait d’apporter, à tort et à travers, la contradiction à ses supérieurs se prévalant d’être passé par de hautes institutions étrangères de formation.
    Il était déjà déchu de son commandement lorsque le Général Liamine Zeroual fut coopté ministre de la défense nationale. Ce dernier le racheta en le nommant conseiller auprès de lui.
    Pour la suite voir le lien d’Algérie1.com

  4. Nasser dit :

    A propos du Général Benhadid et ses déclarations :
    .
    Aucune consistance, une propagande décousue et incohérente qui ne rapporte rien de positif que de l’incitation au désordre et à un putsch. En fait cela n’attise ni un feu ni provoque un vent. Aucun argument ! Que des supputations d’un frustré qui a perdu le pouvoir de nuire et les privilèges lorsqu’il était en poste !

    • azzouz dit :

      Hocine Benhadid n’a dit qu’une partie de ce qu’ on a déjà entendue par d’autres officiers de l’anp dans les salons privé qui n’osent pas dire en public toutes les saletés de notre armé

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