« Benhadid, une canaille. Le général Mediène parrainait la mafia de l’argent »

Yagoubi, sort-il de sa réserve ?

Presse Mohamed Yagoubi 1Le jeune directeur du journal arabophone El Hiwar, Mohamed Yagoubi, continue à souffler le chaud et le froid. De sa plume tranquille aux mots tièdes, il publie des papiers politiquement corrects à la frontière de l’angélisme affecté et de la raideur muette. Il évite ainsi, croit-il, des déboires judiciaires à son journal.

Sur sa page personnelle de Facebook, le ton du Yagoubi change, le contraste est tangible. L’ancien présentateur d’une émission télé à Echourouk TV s’y permet d’éructer des pensées refoulées dans son for intérieur, des pensées qu’il traîne depuis bien longtemps. Sans s’approcher des dossiers sécuritaires, sans aller jusqu’à dégainer sur les responsables nommément, toujours avec son style serein, il met ces derniers sur la sellette, déballe leurs scandales et leur balance de graves accusations. Son journal n’est pas le New York Time ou le Canard enchaîné, pas plus que lui n’est un signe précurseur de l’émancipation de la presse nationale, mais la hardiesse dont il fait preuve est mieux que rien et bien mieux qu’El Watan et cie.

Dans les derniers billets, il est allé plus loin que d’habitude.

Sur le général Benhadid, le directeur d’El Hiwar n’est pas allé avec le dos de la cuillère. Il écrit : « il a prétendu qu’il était contre l’arrêt du processus électoral. Oui, mais celui qui se tait sur la violation de la volonté populaire ne mérite pas de respect». (Facebook, 28 septembre)

Sur Rab-Dzayer qu’il surnomme de « spectre », Yagoubi est plus prudent, mais n’en révèle pas moins son omnipotence acquises sur le dos de la Constitution. Ainsi en est-il quand, réagissant au sujet de la controverse qui a éclaté entre le ministre Bouchouareb et Rabrab, il accusa le milliardaire d’avoir profité de la protection du général Mediène et d’avoir recouru à des lignes de crédits mirobolantes. Plus agressif, il se tourne vers le patron du DRS et le pointe de son index : « Le spectre couvrait les grands voleurs et ruinait les insoumis à son pouvoir. Aujourd’hui, le vent à tourné » (Facebook, 29 septembre)

Ici avec Hamrouch

Mouloud Hamrouch Mohamed Yagoubi

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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