Un petit changement dans les règlements de compte, une grande évolution de l’armée…

Général Gaïd SalahUn système vieilli, à bout de souffle s’effondre peu à peu, un autre est en train de le supplanter. La présence du général sanguinaire Tartag et de Saïd Bouteflika dans le nouveau système font craindre le pire. A eux deux, ils personnifient l’absence d’une volonté démocratique ou l’instauration d’un ordre de liberté et de justice. Néanmoins, le processus de changement s’est accompagné d’un côté positif.

Jusqu’à présent, le conflit ouvert entre le général Gaïd Salah et le général Mohamed Mediène s’est déroulé relativement dans le calme. Les deux parties ont fait montre d’un certain sang froid. Beaucoup de grabuge médiatique, sans plus. Un changement de pouvoir ne pouvait pas passer inaperçu. Pas de grand fracas, pas d’effusion de sang ni de victime à déplorer. Le moins puissant avait compris que la partie est inégale, que son temps est révolu. Aussi a-t-il décidé de battre en brèche, en silence. Il s’agit pour lui de sauver les meubles et sa peau. Finir sa vie sans être inquiété pour sa gestion criminelle des années rouges et noires. Tout compte fait, la situation évolue sans anicroche. Du moins jusqu’à présent. Nous ne sommes pas à l’abri d’une bombe à retardement qu’il pourra déclencher le moment qu’il juge pertinent.

De son côté, le général Benhadid, un feudataire de l’ancien système, a tenu des propos virulents, à la limite du délire sans recourir à la violence. Il n’a pas fomenté de complot militaire du genre de celui de Tahar Zbiri, le colonel putschiste. Pas plus qu’il n’a participé à un mouvement insurrectionnel secret. Les graves accusations et les outrages publics dont il a accablé le chef de l’état-major et le frère du président ainsi que la volonté manifeste d’affaiblir le nouveau pouvoir par des calomnies insanes auraient dû, dans une autre époque, lui coûter la vie, séance tenante. Que voyons-nous ? Il fut arrêté et mis sous mandat de dépôt. Les journalistes en deuil, telle Salima Tlemçani — comme le monde peut changer. Peu regardante sur la brutalité du DRS, elle s’inquiète à présent du respect des droits civiques… — ont dramatisé à dessein l’arrestation, mais aucun mal ne lui est arrivé. Il n’a pas été mis au secret, une procédure arbitraire ordinaire au temps du DRS de Rab-Dzayer  auquel Benhadid vouait une adoration aveugle. Il n’a pas été brutalisé ni humilié par la Gendarmerie qui a procédé à son arrestation. Il fut traité, rapporte le journal El Hayat, avec fermeté, mais avec respect. Sa dignité d’homme et de général fut prise en considération. Sa femme a eu le droit de le voir pendant la garde à vue au siège de la Gendarmerie de Bab El Djedid. On lui a permis de remettre les effets personnels dont il avait besoin. Et cerise sur le gâteau, il est traduit devant un tribunal civil, celui de Sidi M’Hamed. Ce traitement, annonce-t-il un procès juste et équitable qui pourrait valoir à l’institution militaire honneur et popularité ? Les prochaines semaines le diront.

Les historiens ne manqueront pas de remarquer le contraste entre les règlements violents des anciens conflits militaires où liquidation et tortures étaient monnaie courante et celui en cours. S’agit-il d’un changement de mentalité, d’une nouvelle culture adaptée à l’ère du numérique où rien ne peut être soustrait totalement à la vigilance des médias, des réseaux sociaux… ou simplement une précaution «tactique» dictée par un contexte particulièrement sensible?

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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3 commentaires pour Un petit changement dans les règlements de compte, une grande évolution de l’armée…

  1. Mahdi dit :

    Les mentalités ont changé… avec la démocratisation de la 3G

  2. argazz dit :

    Je vous invite à lire quel chemin prendra la justice Algérienne car un scenario semblable est à imiter. Découverte.
    http://www.ouest-france.fr/justice-un-ancien-de-la-dgse-condamne-pour-avoir-viole-le-secret-defense-3691510

  3. zelmaty dit :

    Gaid Salah, Tartag et le nain arabe bis (Said B.), sont prêt à mettre l’Algérie à feu et à sang, pour sauver les pétrodollars volés et surtout asseoir définitivement le royaume de Tlemcen vassal de l’empire chérifien (maroc pays du clan de Oujda ).
    En quelque sorte cette monarchie zianide sanguinaire est pire que celle des alaouites.
    Saïd B. aussure ses arrières en investissant massivement (l’argent volé en Algérie), au maroc natal, au Qatar, en Espagne ,en France et en arabie.
    En renversant Médiène, le Grand voleur Saîd B. t devenu Rab Dzayer à son tour, aucun obstacle à la fondation du royaume Zianide frère du royaume alaouite marocain.
    Ces 2 monachies arabo-salafiste et wahabiste peuvent maintenant construire le Maghreb arabe royal tant rêvé par les arabo-islamiste (à sa tête le calife arabe xxxx Med 6).

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