Les accusations d’un ex-responsable de la Police jettent le général Nezzar au tapis…

Le mystère de la longévité biologique de Nezzar et de Rab-Dzayer peut-être élucidé

Général Khaled NezzarAlors que la plupart des anciens hauts officiers de l’armée qui ont trempé dans le sang du peuple algérien ont passé l’arme à gauche, il s’en trouve que les plus hauts gradés, ceux-là mêmes qui dans l’ombre manœuvraient aux postes de commandement à des moments critiques de l’histoire et prenaient de lourdes décisions, sont vivants. Bien vivants et ils occupent les premières loges de la scène politique. Ils suivent comme nous au quotidien les développements politiques et sociaux du pays sur lequel ils ont laissé de profondes empreintes. Que devient el bled sans eux ? Où va-t-il après leur départ ? Ont-ils pris les bonnes décisions, les bons choix ? Des questions auxquels ils cherchent, on l’imagine sans difficulté, des réponses chaque matin. D’autres questions plus prosaïques, plus intimes leur brûlent les lèvres. Sont-ils toujours respectés ? Jouissent-ils des mêmes sympathies et alliances de jadis ?

Deux militaires sortent du lot et se distinguent par leur ancien poids politique et par l’extrême importance que revêt à leurs yeux l’actualité nationale : Rab-Dzayer et le général Nezzar. Les deux derniers janvieristes — une race de ratapoils impétueux comme l’Algérie n’en a jamais vu —, planqués dans leurs résidences impériales, ont les yeux rivés sur les médias. À l’affût du moindre indice qui leur confirme le bien-fondé de leurs politiques controversées, imposées au bulldozer lorsqu’ils étaient au faîte du pouvoir, ils cogitent et ruminent. Il ruminent leur passé et passent au crible leurs alliances, comptent  leurs relations anciennes. Ils craignent les défections et la solitude, l’esprit taraudé par le spectre d’une mort en pestiféré.

Les deux anciens hommes forts de l’Algérie n’ont pas mis longtemps pour s’apercevoir de l’évanescence de la gloire et l’illusion de la grandeur. La tournure dramatique qu’a prise l’histoire de l’Algérie a gâché la retraite dorée qu’ils se sont taillée. Le cœur serré, torturé par leur ego brisé, ils assistent, impuissants, au retournement de l’histoire. Le jugement implacable du peuple achève leur lueur d’espoir. Il ne leur laisse aucune chance de s’expliquer. Ils endurent de sacrées avanies que certains acteurs, affranchis de leur autorité, leur balancent de temps à autre en pleine figure. De la puissance dont ils se targuaient via les médias soldés, il ne reste plus que ruine et débris calcinés. Il ne reste plus rien. Sur les pages glorieuses de l’histoire, rares, leurs noms seront introuvables. Pire, leurs derniers jours sur terre encombrent les nouveaux maîtres.

Dernier épisode de la justice immanente, le général Nezzar qui n’est pas à son premier déboire public, est cloué encore une fois au pilori. Khaled Ziari, un ex-responsable de la lutte antiterroriste, le rend nommément premier responsable des crimes contre l’humanité perpétrés durant les évènements d’octobre-88. Le plus célèbre des Dafist feignit l’indignation, mais ne porta pas plainte. Il s’est limité à gribouiller une réponse quelconque pour sauver l’honneur. Comment peut-il agir autrement ?  Il ne veut pas vivre les affres d’une autre chronique judiciaire. Il a comprit qu’avec 500 morts et des milliers de torturés, qu’avec son putsch désastreux et le DRS qu’il a légué à l’Algérie, il ne peut pas s’en tirer à bon compte, sans payer la facture, moralement du moins. Le combat est perdu. Définitivement. Aux yeux des Algériens, il sera le général assassin tortionnaire. Pour un homme qui fut longtemps puissant, habitué à être obéit au doigt et à l’œil et qui fit la pluie et le beau temps, c’est atroce. Assailli par plusieurs témoins, affaibli par la vieillesse, il n’a ni le temps ni la fougue d’antan pour se défendre comme avant. Surtout, il n’a plus ce visage qui demande à ses anciens amis, vieillards pour la plupart, de l’aider à laver son honneur mille fois souillé. Il a honte de les charroyer encore une fois derrière lui dans les tribunaux. À croire que Dieu n’accorde longue vie aux hauts responsables après la retraite qu’à ceux qu’Il veut torturer sur terre avant leur rappel.

http://www.tsa-algerie.com/20151005/khaled-ziari-rpond-khaled-nezzar/

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Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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4 commentaires pour Les accusations d’un ex-responsable de la Police jettent le général Nezzar au tapis…

  1. Belahreche dit :

    C’est le retour à la guerre entre le DRS et la DGSN. Cette dernière a refusé de se mettre sous l’auspice de la première. Mais un grand félon a trahi cette noble résistance. Le Patron de l’ONRB, un certain Mohammed ISSOULI. On a intenté au patron de la DGSN Mhamed TOLBA. Le cardinal nomma un ancien Harki, radié de l’ANP, à la tête de la police. Un certain Ali TOUNSI alias El Ghaouti, qui a radié KHALED ZIARI. Ce dernier tente de reprendre le flambeau de la résistance de la police contre l’ogre Etat-DRS.

  2. Aomar rami dit :

    Les grands tyrans vivent au delà de la limite raisonnable. Ils doivent expier sur terre pour soulager leurs victimes de leur haine. Tel sera le cas de Nezzar ét Mediene.

  3. said ait abdallah dit :


    Des hommes face à la trahison.

  4. lyes laribi dit :

    C’est le vrai visage de la trahison. C’est l’école des traites. WIN TROUH YAKATEL AL AROUAH, WIN. وَلاَ تَحْسَبَنَّ اللّهَ غَافِلاً عَمَّا يَعْمَلُ الظَّالِمُونَ إِنَّمَا يُؤَخِّرُهُمْ لِيَوْمٍ تَشْخَصُ فِيهِ الأَبْصَارُ (42) مُهْطِعِينَ مُقْنِعِي رُءُوسِهِمْ لاَ يَرْتَدُّ إِلَيْهِمْ طَرْفُهُمْ وَأَفْئِدَتُهُمْ هَوَاء (43

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