Le pouvoir dans les poches de la France

PP ministre Abdelwahab Bernard Emié Ségolène Royal 1Le jour où elle a pris la reine Élisabeth II par l’épaule, Michelle Obama avait semé l’émoi dans toute l’Angleterre. Les médias britanniques lui ont fait un scandale. La première dame des États-Unis fut vouée aux gémonies et laissée pour morte. De même, on imagine mal un ambassadeur français passer son bras derrière le dos d’un ministre chinois. Il n’osera pas. En Algérie par contre, il paraît, l’image le prouve, que les chancelleries des puissances étrangères se permettent des privautés qu’on pensait tabou inviolable tant Alger représentait un haut lieu de la Révolution et de l’indépendance des peuples et une capitale qui compte dans l’échiquier international. Impossible de ne pas y penser en examinant la photo.

L’image d’un symbolisme affligeant, publiée par l’Ambassade de France sur son compte Facebook, provoque une profonde amertume chez les Algériens qui continuent à croire à la grandeur de leur pays en dépit des conflits politiques, de l’instabilité, du terrorisme djihadiste et des crimes de ses généraux. La dépendance forte à la France, de la vie privée des ministres et des généraux algériens, se retrouve concentrée dans cette image. Un subordonné ne pensera jamais s’accointer de la sorte avec son supérieur hiérarchique. L’image est le signe indéniable d’une relation verticale entre l’Algérie et la France. Plus que malséant, plus que propre aux mœurs de la mafia, le geste de l’ambassadeur Bernard Émié, qui ne mesure pas l’indécence de son acte, traduit aussi bien la piètre valeur des hommes qui gouvernent notre pays en ce moment que l’esprit condescendant, voire autoritaire, des ambassadeurs occidentaux bien trop informés sur les vices de cette pourriture, un fait de prince de Bouteflika et l’ex-patron du DRS. Alors, pourquoi se priver d’imaginer un court scénario à l’avenant de la choquante irrévérence. Elle servira de filigrane à une actualité brûlante  ?

Le père  Ubu s’offre Alger

— Viens par là, approche, Abdelwahab. Jamais je n’ai été d’aussi bonne humeur qu’aujourd’hui. La chute de dieu de l’Algérie s’est faite selon le schéma tracé, j’en suis sorti indemne, Hollande a fourgué les Mistral à la poire du Caire, obligé de se concocter une légitimité, et enfin, nous avons attiré la Russie dans le bourbier du Moyen-Orient.

— Je suis content pour vous, votre excellence.

— Merci. Tout ça m’a mis en de bonnes dispositions. Aussi, je voudrais causer un peu avec toi en ami sur un tout autre sujet. Tu me parais un peu frileux. Je voudrais t’affirmer une chose importante. Une vérité mille fois avérée : la France saura privilégier et protéger ses amis hauts placés.

— Je n’ai pas besoin de protection. Pourquoi, vous me dites cela ? Cela me gêne et touche ma dignité.

— oh, le petit futé. On fait la vierge. Qu’importe. D’abord, tu peux me tutoyer. Tous les hauts responsables de ton pays sont des potes à moi. Je les connais comme le fond de ma poche. Ensuite, tu dis que t’as pas besoin de protection… Toi, tu me fais marrer. Décontracte-toi, mon vieux. Je te dis que je suis un ami. Et personne n’entend notre causette. Ici, on a toujours besoin de la France. À titre privé ou à titre officiel. Transférer de l’argent, faciliter les tracasseries administratives des enfants pour inscription, installations, les soins, les cartes de séjour et j’en passe. Tu sais, y a tas de petits besoins sans lesquels vos enfants passeront pour des ringards s’ils ne les obtiennent pas. Ah les enfants et leurs caprices. Croit-moi, j’en connait un bout. Pour les grosses affaires comme les fortunes, les investissements, les acquisitions, la résidence, l’achat d’immobilier les opérations bancaires hors d’Algérie… aussi la France est incontournable. Et elle ne regarde pas l’origine de l’argent qui débarque ou transite… Elle sera toujours là pour aider les amis qui l’aident en retour. Si tu as envie d’être voisin de notre ami Saâdani, le chef du FLN… ou faire du footing avec  Cherif Abbes, l’ancien ministre des Moudjahidine.., y a pas de problème. La France ne rechigne jamais pour ses intérêts. Et encore, je n’ai cité que deux grosses pointures qui, plus est, devaient avoir toutes les raisons de battre froid avec la France. Il y en a des dizaines d’autres responsables qui vivent incognito en France ou s’y rendent régulièrement pour tas de raisons personnelles difficiles à accomplir sans coups de pouce.  A tous, on préserve la vie privée comme si c’était un objet précieux. Ils ne se sont jamais plaint…

— Et c’est quoi, ce retour et ces intérêts ?

— Voilà une bonne question! La réponse : trois fois rien, mon ami. La France voudrait simplement un partenariat privilégié avec l’Algérie. Dans tous les domaines. Y compris, celui dont tu as la charge. Je serai comblé si madame Royal ne retournera pas à Paris les mains vides. Les temps sont durs et la concurrence rude. Nos deux pays doivent se serrer les coudes. Nous faisons tout cela pour le bien de nos pays…

PP ministre Abdelwahab Bernard Emié Ségolène Royal 2Dans la deuxième photo, l’ambassadeur au sourire roublard, semble souffler au ministre Nouri : « allez, souris mon ami, on nous filme et pense bien à ce que je t’ai dis. »

PP Ministre Abdelouahab Nouri

Dans les deux dernières photos, le visage «rayonnant» du ministre Nouri tel que le connaissent les Algériens. En prime le burnous de la souveraineté…Nouri Abdelwahab

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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2 commentaires pour Le pouvoir dans les poches de la France

  1. lyes laribi dit :

    Avec son bournous, il nous rappelle une autre époque. Qui ose dire qu’on est indépendant. Pour la CIA, l’Algérie est un gouvernorat Français et son gouverneur (le DEY) n’est autre que le patron de la DGSE.

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