Tartag vire le général piscine

Les langues se délient

Général Toufik Mediène Rab Dzayer 1Navré de ne pas trouver le temps de tout commenter alors que l’Algérie passe par une flambée sans précédent de nouvelles sécuritaires. Le DRS, l’appareil névralgique de la sécurité de l’État, subit une transformation radicale appelée pudiquement « réforme » par les thuriféraires du pouvoir. Mais, pour l’opinion, les visées multiples du changement ne sont pas toutes avouables. La principale et la plus logique en serait la reprise en main par l’état-major de l’ANP de son appareil sécuritaire qui a pris trop de distance et trop de libertés vis-à-vis de la maison-mère jusqu’à devenir un pouvoir autonome dictant ses propres lois. Un autre mobile beaucoup plus secret serait d’effacer les traces des crimes de la décennie noire comme l’a si bien souligné le Journaliste Adlène Meddi dans une de ses interventions au CPP. La dissolution et le dispatching des services impliqués dans les tortures et les exécutions arbitraires vers d’autres structures militaires auront, a priori, pour conséquence de compliquer la tâche d’éventuelles enquêtes.

Cette fois, un autre journaliste, Mohamed Yagoubi, un esprit aussi contrasté que la météo du jour et de la nuit, a balancé une grave révélation sur le fonctionnement du DRS. Sur son mur de Facebook où il a l’habitude de papoter sur l’actualité, il lui arrive de lancer de gros pavés à faire très mal à l’ancien patron de la police politique. Dans le dernier billet, monsieur Yagoubi tire son tout dernier boulet rouge. Il nous apprend qu’un des treize généraux limogés par le général Tatag, avait une réputation humiliante. Le milieu l’appelait « général piscine ». Quoi ? Le sobriquet m’a fait bondir. J’ai imaginé une piscine réservée aux tortures comme celles de Saddam. Non, rien à voir. Simplement, le général piscine avait pour mission de superviser l’entretien et la préparation d’une piscine qu’utilisait Rab-dzayer. Ainsi, au DRS, le légendaire DRS, un aide de camp fut élevé au rang de général uniquement pour s’occuper du  bien-être du dieu de l’Algérie. Comment ne pas penser aux eunuques des temps révolus ?

Questions légitimes. Qui va remplacer le général piscine ? Et qui va nager dans la piscine après la « réforme » ? Que deviendra la piscine sans la supervision d’un général. Y avait-il un général chambre à coucher… Où va nager Rab-Dzayer ? Qui va s’occuper de son bien-être ? Surtout, quels scandales nous attendent sur le DRS, maintenant qu’il ne fait pas peur aux mouches ?

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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