Appartement de Neuilly-sur-Seine : Amar Saâdani n’a pas dit toute la vérité

A défaut des médias algériens, Jeune-Afrique a enquêté sur Saâdani

PP Amar Saâdani TrôneEn complément du dernier billet, une précision sur la fille de Saâdani évoquée brièvement, quelques précisions s’imposent.

Primo : la fille malade qu’il a utilisée comme bouc émissaire ne serait pas sa propre fille, mais sa petite-fille. Ce serait donc le cœur généreux d’un grand-père qui aurait poussé le secrétaire général du FLN à acquérir le luxueux appartement du 15, Victor Hugo, à Neuilly-Sur-Seine. Une histoire émouvante à la Jean Valjean qui, miracle, ressurgit pile poil chez une grosse légume algérienne. Bien sûr, la sensibilité légendaire de la justice algérienne, incarnée en ce temps par un digne homme de loi qu’est Tayeb Louh, ne permettait pas de faire de la peine à la petite fille handicapée. Il était malséant d’ouvrir une enquête sur un grand-père bienfaiteur. Passons.

Secundo : L’enquête de Jeune-Afrique aboutit à une contradiction plus étonnante. Elle conduit tout droit vers un autre scandale. Mais, il en faut bien plus à Tayeb Louh (comme tous ses prédécesseurs) pour bouger son pétard… La petite fille de Saâdani, selon l’hebdomadaire, est née après l’acquisition de l’appartement. Sauf à prêter au drabeki un don de prescience, le mensonge en ce cas est aussi caractérisé que les crevasses de crispation qui parent son front.

La Justice de Tayeb Louh, implacable contre les zawaliya et les activistes, ne fait pas un tralala du scoop de Jeune-Afrique. Il n’y a pas eu de crime prouvé ni de mauvaise fois établie. Elle ne bougera pas, point barre. Dans les médias, le scandale de la naissance de la petite-fille, est passé inaperçu. Personne n’y vas vérifier l’acte de naissance. Fort du satisfecit de Gaïd Salah et de la proximité de Saïd Bouteflika, Saâani devient pour l’État algérien un responsable intouchable et pour sa justice un homme à l’honnêteté irréprochable. D’ailleurs, le DRS était bien au courant de l’appartement. Tout était réglo. Il n’y avait pas de quoi susciter le moindre soupçon… Mais, comme les histoires de Boumaârafi, les multiples attentats sanglants, et sa toute dernière « surprise » quant à la fortune de son bras droit, le sinistre général Lamari, Rab-Dzayer, le grand œil de Moscou qu’aucun pays de la région, dit-on, n’a eu son égal, au pis aller…, n’y aurait vu que du feu.

Amar Saâdani n’a pas tout dit sur l’appartement de Neuilly-sur-Seine, sur l’origine de sa fortune et sur bien de rumeurs accablantes. Il balaya toutes ces « sornettes » d’un revers de main. De la même façon qu’il a blanchi Chekib Khalil. Un simple démenti que ses relais répètent à l’envi. Aucun journaliste n’en a sous le pantalon pour enquêter sérieusement. Aucune structure de l’État ne lui tient rigueur pour ces cachotteries. L’état-major qui fait la pluie et le beau temps se tient muet et grippe les mécanismes d’investigation et adoube le personnage. Ainsi les gardiens du temple, hommes de loi, militaires et politiciens, de haute morale et dignes héritiers de la génération de Novembre, veillent-ils au grain de la patrie.

Article de Jeune-Afrique du 16 septembre 2015 :
http://www.jeuneafrique.com/mag/263983/societe/algerie-saadani-dissimulation-de-preuves-ou-omission/

L’appartement aurait coûté la bagatelle de 800000 euros, d’autres sources parlent de 5 millions d’euro. Sur ce point Tayeb Louh, ne fait pas de cas sur les voies qu’a empruntées cette somme considérable pour prendre le large hors de l’Algérie… Ces enfants vont être fiers de son courage…

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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