Hassan Ouali requinque un général décrépit

Les dernières danses de l’ancienne tyrannie

NezzarkjhgqweEssoufflé par l’âge et les contradicteurs, pourchassé par les victimes aussi bien d’octobre-88 que ceux de la décennie noire et enfin accablé de témoins de son propre camp, le général Khaled Nezzar, le « cabrane frança » comme on le surnomme, ne finit pas d’essuyer les revers de son passé sanglant. Le sale temps obscurcit sa fin de vie. Sa seule apparition en public ou dans les médias fait l’effet d’un trouble-fête. Il dérange et encombre. Son nom, son visage, sa voix pâteuse jettent le froid et rappellent combien les douleurs et les souffrances du peuple étaient atroces. Il fut le premier général à tirer sur les foules. Seule la France coloniale l’avait précédé. Il incarne le fleuve de sang, les morts, les tortures et le premier fossé qui s’est creusé entre le peuple et son armée. Il a rompu l’harmonie. Plus rien ne sera comme avant ; il y a l’ANP d’avant et d’après Nezzar.

Hacen OualiSes interventions politiques ? Un verbiage inaudible, risible. Ils évoquent l’écho de la fuite en avant d’un criminel de guerre que la mort, pour on ne sait quel dessein, rechigne à happer et à en soulager la terre. Que peut bien dire un tel personnage central de la tragédie nationale sur le sort du DRS ou sur son patron déchu sinon nous corner les oreilles encore et toujours avec ses fanfaronnades et son vieux bafouillis ? Son expertise militaire? On sait ce qu’elle vaut : un zéro pointé. Il suffit d’entendre son explication sur le bilan macabre de Bentalha et sur « l’incapacité technique » de l’armée à sauver la population dans l’obscurité de la nuit… Hallucinant! Dans sa déposition devant la procureure helvétique, octobre 2011, l’impayable rivalisait avec le mensonge. Les négations et les dénis, il en a plein la bouche. « Le DRS est un département qui n’a jamais existé, avait-il balancé sans sourciller. On l’a inventé pour politiser les choses. » ; aujourd’hui, il pinaille sur sa restructuration…

Apparemment, ce pedigree ne remplit pas les yeux de certains. Il est des journalistes qui prennent le roquet au sérieux et s’intéressent à ses opinions. El Watan, inconsolable depuis la chute brutale du dieu de l’Algérie, a prêté au général une oreille attentive. Il a chargé quelqu’un de produire un rapport sur l’intervention de Nezzar sur le site Algériepatriotique où il a commenté les réformes au sein du DRS et apporté son soutien à son ami Rab-Dzayer. Une belle occasion que le journal ne manquera pour rien au monde. On se dit qu’après tout, El Watan ne fait que son travail. Il informe ses lecteurs du contenu de la déclaration du général Nezzar. Quoi de plus licite ?

Le journaliste choisit, Hacen Ouali pour ne pas le nommer, voit dans l’intervention de Nezzar autre chose qu’un simple commentaire. Il ne se limite pas à un rapport neutre comme celui de son confrère de TSA. Il y rajoute une touche qui en dit long sur son mépris pour les milliers de victimes de Nezzar. Passant sous silence les graves décisions dont il était le principal responsable et feignant d’ignorer les casseroles qu’il traîne, Ouali présente le général dans ses meilleurs atours et lui attribue une envergure politique importante. À le lire, l’intervention Nezzar, le « général influent », aura un impact considérable sur le cours des évènements liés aux réformes du DRS. La polémique et le cafouillage qui en ont découlé prendront de l’ampleur, et peut-être connaîtront un tournant décisif. L’article sera parsemé d’expressions antiseptiques similaires. Il est « politiquement actif », son « intervention témoigne du désordre », il a fait une « interpellation lourde de sens », son « message prend tout son sens », etc. Hacène Ouali n’a ménagé aucune finauderie pour redorer le blason terni. L’article, qui par omission volontaire, reprend à son compte le négationnisme des éradicateurs, a dû flatter l’ego du général. Un général usé par les crimes qu’il traîne comme un boulet sans peser sur sa conscience…

Décidément, le départ de Rab-Dzayer a laissé un grand vide dans certains médias. Ses orphelins ne cessent de l’invoquer…

http://www.elwatan.com/actualite/le-drs-n-est-pas-sous-l-autorite-de-l-etat-major-21-10-2015-305964_109.php

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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