La démocratie passera par Ali Haddad et Amar Saâdani

« La distance qui séparera l’Occident et les pays des dictatures (arabes) et des coups d’État se creusera invariablement et s’approchera de la distance qui sépare l’homme et le singe. » Mustapha Mahmoud (penseur égyptien 1921 – 2009)

PP Chekib Khalil Ambassade Algérie Washington 01 11 2015 (2)Ces derniers jours, j’ai du mal à écrire. Les énormités que je lis et j’entends ont provoqué en moi un effondrement et l’inhibition de toute réaction politique. J’ai perdu le nord et l’envie d’écrire. Quatre nouvelles violentes ont provoqué, coup sur coup, l’essentiel de ma dépression. L’apparition de Chekib Khelil dans l’ambassade d’Algérie narguant de son sourire et du verre de champagne tous les Algériens qui attendaient son jugement, le retour toute honte bue de Khalida Messaoudi à l’opposition, le discours orwellien d’Amar Saâdani — on va danser pendant une décennie aux mesures de sa derbouka —, les ingérences assidues d’Ali Haddad, cette créature au rôle monstrueux (dixit Rachid Boudjedra) créée par Saïd Bouteflika, et, enfin, le grand pavé du ministre du Commerce : vingt milliards de dollars sont tombés dans l’escarcelle des importateurs escrocs, et ce depuis de longues années, dans toutes ces nouvelles, il y a de quoi devenir malade.

Dans la stupeur intense que j’éprouvais, deux pensées sont venues à mon secours et m’ont permis de m’en sortir. D’abord, j’ai pensé au recul que prenaient les hommes sages comme Mahatma Ghandi. Le sang-froid exemplaire devant les tensions politiques et les répressions meurtrières des forces tyranniques venait du fait qu’ils examinaient le chaos qu’ils vivaient d’un angle qui nous échappe. Ils se mettaient hors du temps et scrutaient les évènements dans un contexte historique. Si l’Algérie devait éclater en mille morceaux ou vivre trois siècles sous l’empire du mal, son histoire ne sera après tout que de l’histoire. Autrement la malédiction qu’on vit depuis 1992 représente une tranche courte sur l’échelle de l’histoire de l’humanité. Un épisode sombre et banal. Le recul soulage. Ensuite, si l’Algérie, me suis-je dit, entame un autre tournant dramatique marqué par un pouvoir de nature mafieuse, elle le doit sans aucun doute aux généraux sanguinaires. Lorsqu’on plante de mauvaises herbes, on ne récolte pas de roses, disait justement Mahatma Gandhi.

Haddad, Saâdani, Said Bouteflika, Messaoudi, Hanoune et tutti quanti, sont des avatars vivants sortis de la fabrique de Nezzar — Rab Dzayer. Grâce à la terreur et au totalitarisme militaire de ces deux monstres, le peuple a été réduit en un tas sujets amorphes incapables de se défendre contre un régime de voleurs. Il s’est accommodé avec les injustices, les scandales et le langage anesthésiant des marionnettes du Pouvoir. On croit volontiers que le pays est sous l’emprise d’un puissant narcotique. Chekib Khelil passe du jour au lendemain par la grâce de la derbouka du pire ministre que l’Algérie ait connu au plus grand des ministres de son histoire. Les milliards de dollars qui sont partis en fumée sous le mandat du cow-boy, Saâdani n’en a rien à cirer ; il n’appelle pas à une enquête sérieuse. Ce n’est pas l’argent de son père ; sa derbouka ne réveille pas la justice, la traîtresse, tenue sous bonne garde par son ami Tayeb Louh.

L’autre pensée salvatrice m’a tiré du pessimisme noir vers un espoir tenace, l’espoir qui fait vivre. Comme si la vie n’a pas voulu céder à la mort, ou que dans les pires moments le Bien a tenu à signaler sa présence et à donner un coup de pied au mal qui se propage. Il faut dire qu’il empreinte des chemins insondables. Peut-être que l’apparition brutale des Haddad, Saâdani, Marmita, Ould Kablia, ce genre de personnalités sans facultés intellectuelles, sans talent particulier qui cacherait leur compromission et expliquerait leur gloriole, ne sachant même pas tenir un langage digne des grands responsables, est-il le prélude de l’évènement libérateur qu’attend avec impatience le peuple. Par les interventions délirantes répétées des sots, par leur intoxication ouverte et continuelle, ils exacerbent les tensions, attisent le feu et font mal au cœur. Quand ça bouille trop, c’est toute la baraque qui saute. Advienne que pourra !

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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2 commentaires pour La démocratie passera par Ali Haddad et Amar Saâdani

  1. BOUKERMA dit :

    Bonjour,

    Merci pour cette fresque.

    Chekib Khelil : « les Algériens attendent son jugement », sûrement, mais les fin limiers du DCSA n’ont révélé que des soupçons ! Ils auraient bien voulu l’épinglé, mais à ce que je sache ils n’ont rien trouvé et pourtant ils étaient bien motivés ! La question qui se pose : l’avis infondé du peuple ou les accusations sans preuves des journalistes et politiques peut il remplacer les preuves dans un état de droit ?

    « Le retour toute honte bue de Khalida Messaoudi à l’opposition » : vous avez mal vu, elle n’est pas opposée au pouvoir (BOUTEFLIKA) elle s’insurge contre un fonctionnement qu’elle juge – à tort ou à raison (car elle n’a rien dit!) – anormal des institutions. Et en plus elle peut faire de la politique c’est son droit.

    « Le discours orwellien d’Amar Saâdani » : là on doit dire une chose claire : de mémoire d’homme je n’ai pas encore vu un homme qu’on donnait (inculte) dire des choses aussi sensés et aussi pertinentes. De ses attaques contre le DRS, pour un état civil … il n’arrête pas d’épater avec son discours que même l’opposition n’a pas; Imaginer le SG du parti-état qui tombe à bras raccourcis sur une importante institution de l’état et pas des moindres le terrifiant DRS, alors que l’opposition au mieux ne dit rien, spectatrice; D’autre comme HANOUN sont allé défendre ce qu’ils ont combattue le plus pour l’instauration d’un état de droit et de la démocratie.Si Saadani n’est pas seul on l’a comprit, BOUTEFLIKA a toujours communiqué au peuple Algérien par le biais de tierce personne, souvenez vous du communiqué de Reuter, es ce que le messager ou le porte parole qui doit être sujet à critiques ou le message lui même ? On peut même critiquer BOUTEFLIKA, que personne ne critique comme TOUFIK, GAID SALAH…. On a peur de tirer franchement sur notre cible.

    « Les ingérences assidues d’Ali Haddad, cette créature au rôle monstrueux (dixit Rachid Boudjedra) » D’abrds je dois vous avouez que, pour moi il y a une compétition trés disputé entre BOUDJRA et HADDAD sur le plan de la monstruosité ! « créée par Saïd Bouteflika » : Frankenstein.
    Pour le rôle qu’on a donné à HADDAD : occuper les espaces TV pour remplacer le grand BOUTEFLIKA, car le petit veut rester marionnettiste comme a été le Gle TOUFIK, vu que SELLAL a échoué et ses blagues ne font rire personne.

    « Enfin, le grand pavé du ministre du Commerce : vingt milliards de dollars sont tombés dans l’escarcelle des importateurs escrocs, et ce depuis de longues années »; Là aussi je viens à votre secours pour ne pas devenir malade : les interprétations alarmistes des journalistes font tourner les choses à leurs avantages, il est vrai que le sérail est en guerre contre REBRAB et ses « imminents associés(Toutou) », la surfacturation dans les importations de CEVITAL ne sont un secret pour personnes, les appuis de REBRAB sont tombés il est à la merci de tout le monde même du ministre du commerce, LOUISA HANOUN n’a jamais critiqué REBRAB par logique clanique, mais HADDAD c’est l’autre clan, on ne ratera pas une occasion.

    « D’abord, j’ai pensé au recul que prenaient les hommes sages comme Mahatma Ghandi. Le sang-froid exemplaire devant les tensions politiques et les répressions meurtrières des forces du mal venait du fait qu’ils examinaient le chaos qu’ils vivaient d’un angle qui nous échappe. Ils se mettaient hors du temps et scrutaient les évènements dans un contexte historique. »
    Mais l’histoire de l’Algérie n’a pas commencé en 1992.
    L’Algérie a entamé des tournants dramatiques marqué par des agissements puérils et de nature mafieuse, depuis l’écartement de MESSALI HADJ et ensuite l’élimination de ABANE RAMDANE, les généraux sanguinaires dont vous parlez sont un détail de l’histoire . les vrais coupable sont BOUSSOUF, Krim BELKACEM…. Lorsqu’on plante de mauvaises herbes, on ne récolte pas de roses, disait justement Mahatma Gandhi.

    « Haddad, Saâdani, Said Bouteflika, Messaoudi, Hanoune et tutti quanti, sont des avatars vivants sortis de la fabrique de Nezzar — Rab Dzayer. Grâce à la terreur et au totalitarisme militaire de ces deux monstres », Décidément vous donnez beaucoup d’importances à ces deux gars qui en réalité n’en ont pas!

    « Le peuple a été réduit en un tas sujets amorphes incapables de se défendre contre un régime de voleurs et s’est accommodé avec les injustices » : le peuple Algérien n’a que ce qu’il mérite,
    Si une partie du peuple se soulève c’est pour casser l’autre partie et feront la même chose que ce que fait le pouvoir, ou peut être pire. Les algériens qui ont voulu vivre normalement dans la dignité
    humaine sont partis.

    « Les scandales et les milliards de dollars qui sont partis en fumée sous le mandat du cow-boy, Saâdani n’en a rien à cirer » ; j’ai loupé un épisode combien de milliards ? on n’est pas sûr, y a eu t il surfacturation ? je ne sais pas si elle a été estimée, car les seuls qui peuvent le faire c’est les gens qui travaillent, les italiens par exemple, mais ils ne l’ont pas fait ce n’est pas leurs boulots ils n’ont rien à y gagner, eux ils s’intéressent à l’argent de SAIPEM qui a été déboursé dans des opérations d’approches commerciales pour les faire rentrer dans le trésor ITALIEN. S’il y a surfacturation ou insuffisance technique c’est aux Algériens de le faire. Mais qui va le faire, sûrement pas Saadani!

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    EEE : Merci pour la «contre-fresque». Du joli travail et pas bête comme style. Je corrigerai ma fresque cependant quand on démontera avec des arguments béton les faits incontestables suivants :
    – Qu’on me donne un exemple où un ministre en exercice fut épinglé par Rab-Dzayer et sa DSCA dans toute son histoire. Rab-Dzayer n’épingla jamais personne, (il abat les hauts responsables…) ou marchande… S’il n’a rien trouvé de compromettant contre Khelil, c’est qu’il est le dernier des connards. Il fallait l’envoyer en Italie pour apprendre les b.a-ba des enquêtes…
    – Les preuves… Ah! Les maudites preuves. Un argument des tyrans qui contrôlent justice, juges, commissions, parlement… Le manque de fermeté, l’absence de volonté d’enquêter, l’absence d’audition publique dans une grande commission ad-hoc, et le laxisme ambiant qui empêche de récupérer l’argent volé, constituent la plus grande preuve de l’implication de Khelil et de tout autre ministre dans d’autres scandales. Dans un pays totalitaire, un complice exige des preuves, mais ne porte pas plainte, n’exige pas d’enquête, ne se débat pas pour faire éclater la vérité, ne met pas un mécanisme sérieux pour la recherche de la vérité. Il garde le silence, commente du bout des lèvres, nie d’un revers de main et balance ses vérités «verbales», telles que «Khelil est gentil, Khelil est beau». D’un autre côté, un ministre souillé ou un dignitaire éclaboussé injustement par un scandale et ne défend pas son honneur devant un tribunal, a des choses à cacher ; il préfère la honte et le déshonneur que la vérité…

    – Khalida et le droit… Si elle a le droit de s’exprimer, les Algériens ont celui de montrer et de s’insurger contre ses tartufferies. A moins que ce droit n’existe pas…
    – Le couple Mediène-Nezzar. ÉtonnantE votre opinion sur ces deux bêtes de la répression sanglante. L’un commandait les escadrons de la mort et abattait à tour de bras sans discernement des islamistes quel que soient leur liens avec les groupes armées, on rappelle pas ses dégâts, et l’autre, mine de rien a fait sortir les chars et l’armée des casernes à deux reprises pour provoquer les plus grandes tragédies de l’Algérie… Vous dites qu’ils n’avaient pas d’importance…?
    Je crois que vous construisez vos jugements avec une extrême légèreté. Désolé je m’en tiens à ces points, le reste répond à la même logique.

  2. BOUKERMA dit :

    Merci pour le fairplay.

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