ONU : l’Algérie condamnée pour tortures et… excréments du DRS

Une justice de rêve

Hachemi Boukhalfa juge OuarglaHachemi BoukhalfaParfaite et sublime. Telles seraient les qualités que l’on accorderait à la Justice du régime algérien. Comment ne pas s’émerveiller au conseil jeté en toute bonne foi au creux de l’oreille de Hachemi Boukhelfa, une énième victime du DRS, par un juge rempli de commisération. «Fait en sorte que ton supplice n’ait jamais existé. Imaginez que le mitard infect où on t’a jeté et gardé pendant huit jours ne soit qu’une vision chimérique. Les bastonnades, les cris, la cruauté, le sang, le chiffon, eh, bien, si tu aimes ton pays, mettez tout ça sur le compte d’une hallucination vertigineuse.», susurra le juge au cœur paternel — imaginons. Il rappelle le «Soyez raisonnable!», le conseil chargé d’amour et de compassion de Farouk Ksentini aux mères éplorées. «Dit-toi bien, mon fils, que les excréments qu’on t’a fait ingurgiter n’étaient qu’un mauvais rêve ; ta souffrance s’émoussera au fil des jours, elle finira bien par disparaître. Croit-moi, le traumatisme, les séquelles, si tu en garde, ne te tueront point.»

Les conseils amicaux, débris d’une conscience tombée en rade, font mal au cœur des victimes. Le juge de Ouargla qui a dû passer par l’épreuve du lit de Procuste a bien retenu son complément  du Droit para-universitaire requis pour l’exercice de la magistrature en Algérie. Un mini programme judiciaire que les facultés hésitent par pudeur à l’introduire ouvertement dans le cursus des futurs juges, procureurs et avocats. Les lois qui y sont enseignées pourtant priment et rendent caduques toutes celles qui sont  dispensées à l’université.

Aux plaintes de torture, d’assassinats et de disparitions attribués au DRS, des réponses claires, catégoriques et sans appel sont fournies en off par les honorables représentants du Droit algérien. Au gré de l’humeur et de l’inspiration, chaque juge est tenu d’éclairer les plaignants sur une loi fondamentale de l’ère de Rab-Dzayer. Deux exemples pour édifier l’excellence de notre système judiciaire. A Saber Saïdi, un cyber-activiste victime du DRS,  11 jours au secret accompagnée de tortures physique et morale, cru bon de porter plainte devant un juge pour demander justice. Le juge affable et compatissant a bien reçu le plaignan et lui a donné les même conseils. Avec une légère variante, monsieur Saïdi fu chassé du buerau du magistrat avec une pluie d’insanités et des blasphèmes. An3adin rab… la suite de la symphonie vulgaire est trop bien connue. Elle reflète la noblesse et le haut degré de conscience qui prévaut dans la magistrature. En attendant l’apparition d’un Tayeb Erdogan en Algérie, ni Tayeb Belaiz, ni Tayeb Louh, ni tayabet El Hammam et moins encore les tayabet du Conseil de la magistrature nous ont à ce jour éclairés sur la conformité de la mise en garde du juge d’El Harrach ou de Ouargla avec le Droit algérien…

Monsieur Boukhelfa n’a pas suivi le conseil avisé du juge et a refusé la fatalité. Il a déposé une plainte auprès des Nations unies, là où la loi ne subit aucune altération post-universitaire, et a gagné sa cause. L’Algérie a été une nouvelle fois condamnée et son image ternie. Quant au goût « raffiné » des excréments du DRS, il l’a déjà oublié en pensant à la quantité d’étrons que les Algériens consomment à chaque scandale financier, à chaque fraude, à chaque apparition affligeante de Bouteflika…

Tout bien pesé, la justice de rêve qu’a imposée le général Mediène pendant son long règne a donné lieu à un pays de rêve…

http://fr.alkarama.org/algerie/communiques/item/1972-le-comite-contre-la-torture-de-l-onu-condamne-l-algerie-pour-les-actes-de-torture-infliges-par-le-drs-a-hachemi-boukhalfa

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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