La commémoration de la mort d’Abdelkader Hachani ?

Un génie au service des forces rétrogrades

Abdelkader_Hachani

Il est chimérique de croire aux hommes politiques bons et de haute stature nationale en Algérie. L’histoire terne, le déclin progressif de son éclat de même que les tragédies vécues et la succession des ratés et des échecs ont déshonoré tout le monde. L’Algérie n’a pas eu un Lech Walesa ou un Vaclav Havel qui a canalisé par un combat émancipateur, les aspirations de liberté et de dignité. Pas un seul nom ne mérite le brillant de l’histoire. Faire l’éloge de l’un d’eux, lui construire une légende reviendrait à manier la baguette d’enchanteur pour esprits embobinés. L’échec collectif est indéniable. L’Algérie, ce corps malade, agonise trop pour mettre une quelconque personnalité sur un piédestal. Les raisons ? Aussi multiples que diverses. La soif du pouvoir, les haines ataviques, les passions idéologiques, le radicalisme religieux, les conflits des ego n’ont laissé qu’une place marginale à la sagesse et à la saine réflexion. Le caractère acariâtre, les vérités à l’emporte-pièce, l’inclination presque naturelle, partout remarquable, au silence coupable devant les dérives de son propre camp indiquent pour ceux qui ont le souci de la vérité nue que le mal algérien n’est pas l’apanage du pouvoir.

Abdelkader Hachani ne déroge pas à la règle. Comme les autres islamistes de son parti dissous, il n’avait pas une vision moderniste de l’islam. Il a, certes, montré un redoutable sens de la manœuvre politique et conduit son parti islamiste à la victoire électorale, mais, au-delà, ses ambitions, ses objectifs n’étaient pas en adéquation avec les défis du monde contemporain. Le cap politique qu’il proposait à la nation, chariâ, théocratie et nécessairement fascisme religieux, allait être fatal à l’Algérie. Sa personnalité avait réussi à occulter pour un moment l’ogre des ultras qui se tapissait au fond de son parti et qui attendait son heure. Après son déchaînement, Hachani s’est montré incapable de brider sa violence inouïe. L’histoire a fini par révéler que son mouvement n’était qu’un magma en ébullition dangereux à tous égards pour l’Algérie.

Le salafisme qu’il arborait et appliquait dans sa vie quotidienne constitue une idéologie réactionnaire. Son radicalisme inconséquent faisait de la libération de la Palestine une question prioritaire, voire urgente ; le risque était grand de voir l’Algérie mise au banc des nations. Le radicalisme intransigeant rendait l’ouverture une ère d’instabilité et de grande hostilité avec l’Occident inéluctable. Sa modération supposée ne s’opposa pas ou n’a eu aucune influence sur les excès et les prêches incendiaires du numéro 2 du FIS décidé d’embraser l’Algérie avec sa charia. Faible face à un Ali Benhadj hargneux et agressif appelant ouvertement à la levée d’une armée parallèle pour faire mouvement vers El Qods, Hachani faisait profil bas.

Sur le plan humain, la mort brutale  de Hachani est dramatique. Condamnable est son assassinat qui ne peut être que l’œuvre du DRS. La compassion, pour autant, ne doit être aveugle. Elle ne doit pas le décharger de ses graves erreurs.

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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