Bouteflika

Voici quelques changements qui se sont produits en Algérie pendant les mandats du président Abdelaziz Bouteflika depuis 1999. La liste n’est pas exhaustive et ses éléments sont donnes en vrac.

Certains tabous ou constantes nationales ont sauté. Des bouleversements politiques et phénomènes sociaux et des pratiques inconnues ont fait leur apparition par la volonté du président, par son silence, par ses négligences ou par incompétence tout simplement. Des fléaux ravageurs vont marquer durablement l’époque de Bouteflika qui n’a pas montré une réelle volonté de les combattre.

  • L’usage du français par le président imité par de nombreux hommes d’État (comme Zerhouni) devient monnaie courante.
  • La langue française s’invite à l’APN et dans les discours et les déclarations officiels en violation flagrante de la Constitution.
  • «L’arabe marmita» comme celui d’Abdelmallek Sellal devient une langue courante parmi les ministres et les haut commis de l’Etat. Une caricature humiliante née par la volonté du président.
  • Bouteflika officialisa la langue tamazight sans referendum contrairement à ce qu’il a promis publiquement
  • La législature de 2007 est fragile et manque de légitimité à cause d’un fort taux d’abstention lors de son élection. Quatre-vingts députés de l’APN de 2007 -2012, sont analphabètes !. Le président Bouteflika laissa faire et profita de cette faiblesse pour faire sauter le verrou des deux mandats de la Constitution.
  • La LFC. La loi de finances complémentaire est la grande invention de Bouteflika. Elle lui permet de disposer des finances de l’État selon ses désirs sans s’embarrasser de l’avis des parlementaires qui pourtant ne demandent qu’à lui plaire. La LFC modifie des plans financiers, introduit des projets faramineux, voire annule ce qui a été prévu par la loi de finances adoptée par le parlement troufion. Le parlement n’a pas de rôle important dans la gestion des finances de la nation. Il ne peut même pas affirmer, vérifier ou confirmer la bagatelle que détient Bouteflika à l’étranger. Le parlement entend parler des 200 milliards à l’étranger comme tout autre citoyen ou l’apprend comme simple information de la bouche du directeur de la Banque Nationale d’Algérie.
  • Résignation devant la montée en puissance des Services de sécurité
  • Ce qui était un fait sur le terrain, Bouteflika l’officialisa : la police et la gendarmerie passent sous le commandement de l’armée. Une percée démocratique offerte par le président au peuple algérien….
  • Le chef des services secret atteint le grade suprême du général corps d’armée et fait de lui un vis-à-vis du chef de l’état-major et du président. C’est du jamais vu. Dans le monde développé et libre, le service de renseignement n’est même pas intégré dans l’armée…
  • L’armée algérienne déshonorée en octobre 88 et en 92-2000 à cause du DRS, siège désormais à côté d’Israël en tant qu’armée supplétive de l’Alliance atlantique (OTAN). Elle participe parfois à des manœuvres militaires symboliques avec ses membres y compris Israël… Bouteflika n’a pas tourné la veste seulement sur le plan l’idéologie économique…

  • À la faveur de la flambée des prix de pétrole et des recettes astronomiques qu’engrange l’État, l’armée nationale accapare autoritairement la part du lion pour se lancer dans une course aux armements sans précédent faisant de notre pays l’un des premiers au monde dont les dépenses en armement sont énormes. Sous l’ère de Bouteflika, l’Algérie est qualifiée de «puissance régionale». Malgré son budget royal, aucun effort n’a été fait pour assurer une autonomie militaire, l’ANP reste une machine à consommer et est incapable de produire le moindre missile. En cas d’invasion… Allah Youster
  • Sous le mandat Bouteflika, l’Algérie a acquit de nouveaux équipements militaires, dont les principaux (les joujoux) l’Avion de combat Soukhoï Su-30MK et les batteries anti-aériennes les Pantzir. Après 50 ans indépendance, l’armée a aussi construit des avions légers (SAFIR-43), pour la surveillance et les secours en temps de paix, et pour la plaisance des officiers…
  • Bouteflika est le premier président algérien à collaborer militairement avec la France. Il lui donne l’autorisation d’utiliser l’espace aérien national pour le passage de ses avions militaires en vue d’occuper le Mali et d’y chasser les terroristes, rebelles touareg compris…
  • Il supprima le poste du chef de gouvernement et instaura celui de premier ministre au pouvoir cosmétique, ses prérogatives sont réduites au rôle de coordinateur entre les ministères.
  • Placement des réserves de change (173 milliards $ en 2009) à l’étranger et leur utilisation dans l’investissement international en bons de trésor dans la Banque américaine principalement (fonds souverains). Ni le parlement ni le peuple n’ont été consultés. Bouteflika décide d’ignorer les multiples gels des avoirs contre des pays arabes de la part de l’Administration américaine lors des conflits politiques. Le pain des Algériens se retrouve ainsi à la merci de « l’impérialisme international »…
  • Un nouveau billet de 2000 dinars fut mis en circulation en 2011
  • Bouteflika est le premier président algérien qui cache officiellement son lieu de naissance (Oujda). Un secret de Polichinelle. Ce lieu rappelle trop un certain clan…
  • Un grand nombre de hauts responsable civil et militaire sont septuagénaires ou plus
  • Éviction brutale de Bachir Boumaaza du Senat
  • Assassinat de Abdelkader Hachani
  • printemps noir 121 morts en Kabylie
  • Tremblement de terre
  • Inondation de Bab El Oued
  • Attentat sanglant contre Bouteflika à Batna
  • Résurgence de la culture des Zaouïas et leur ingérence dans la vie politique

  • Les veillées ramadanesques de travail avec les ministres sont un caprice inventé par Bouteflika.
  • Abdelaziz Bouteflika ne parle ni au parlement algérien supposé représenter le peuple, ni aux journalistes algériens qu’il qualifia de « tayabat el hammam ». Il préfère être interviewé par des médias étrangers, plus dignes de son rang…
  • Après plusieurs années de refus de nouveaux partis, à la veille des élections législatives de 2012, il inonde le paysage politique avec des micro-partis qui brandissent son portraits.
  • Arrivée des Chinois, et apparitions des boutiques chinoises.
  • Nomination des frangins au poste de conseiller du président
  • Légalisation de l’importation de l’alcool. Les premières brasseries étrangères s’installent et font leur publicité dans les journaux algériens (Stella Artois chez El Watan).
  • Le président Bouteflika est le premier président algérien et même le seul président arabe à avoir offert des bouteilles de vin « de terroir » à la Maison-Blanche et au Pentagone avant, pendant et après l’invasion de l’Irak. Ces faits sont inventoriés dans les sites officiels de l’administration américaine. Les responsables américains sont tenus de rendre compte de tous les présents qu’ils reçoivent. Bouteflika, avait senti que les Américains avaient un grand besoin du vin algérien pour soulager leur conscience… La ville de Felloudja appréciera.  Belkhadem avait raison de recommander aux Libyens de faire les absolutions avant de parler de l’Algérie…
  • Présence illégale des immigrants subsahariens en grand nombre sur le territoire
  • Chasse illégale de l’Outarde algérienne, une espèce d’oiseaux protégée par la loi,  par les émirs du Golf dans le Sud algérien.

  • Publicité sauvage, illégale et déloyale pendant les élections surtout présidentielles. Les affiches géantes du président envahissent le cadre urbain, partout, sur les façades des administrations et des établissements publics (qui devaient observer une stricte neutralité), dans les stades, etc.
  • Mobilisation, dévoiement déloyal et illégal d’organismes sociaux autres que les associations de masse habituelles dans les campagnes électorales au profit du candidat du système. Les scoutes , la FAF, des associations qui luttent contre les maladies, etc.

Des scoutes participent à la campagne pour le président-candidat Bouteflika, 2009! Pourquoi ce pourrissement de la vie sociale M. Bouteflika ?

  • Mesures sociales populistes et déloyales à la veille des élections présidentielles ( ex.: distribution en grandes pompes de grandes enveloppes budgétaires à de nombreuses wilayas à la veille des élections de 2005. L’effacement des dettes d’agriculteurs à la veille des élections de 2009. Etc.)
  • Lors des élections législatives et communales de 2012, le vote des militaires a été massivement favorable pour le FLN…
  • Son parti inventa une loi électorale, dites loi du seuil de 5%. Elle a permis à ce parti de voler des centaines de milliers de voix qui sont allées aux autres partis.
  • Bouteflika est le premier président qui a  exploité une victoire sportive à des fins politique. Il laissa son portrait accroché ostensiblement au devant du bus qui a servi pour la parade triomphale de l’équipe national de football victorieuse d’Oum Derman, un match mémorable contre l’Egypte.
  • Les premiers baltaguiyas algériens (sou-traitants de la répression du régime) mobilisés contre les manifestants antipouvoir apparaissent pour la première fois à Alger en janvier 2011. Leur phénomène restera lié à la présidence de Bouteflika.
  • Acquisition d’un avion «présidentiel» (force one…), A34 est « un quadriréacteur de la dernière génération à 300 millions de dollars! », dont le luxe a fait baver Angela Merkel en 2008 d’après un journaliste d’El Watan.
  • Bouteflika autorise la mise en place d’un réseau de caméras de surveillance dans les zones urbaines sans aucun débat publique. Il n’y a ni garantie de la vie privée, ni contrôle parlementaire , ni charte pour réglementer cette surveillance.
  • Bouteflika  autorise l’usage l’introduction des tasers dans la répression policière avec tous les risques de dérive que cela comporte dans un pays  qui n’est pas un exemple de liberté et de démocratie. Il n’y a ni garantie, ni débat publique, les prisonniers n’ont pas le droit à la parole…
  • Bouteflika autorise l’importation et l’utilisation des bergers allemands par la gendarmerie dans les opérations de maintien de l’ordre. (Les Allemands dressent les chiens et les chiens dressent les Algériens)
  • Les cadres de Sonatrach s’affranchissent de la tutelle du ministère de la Santé en ce qui concerne les soins à l’étranger. Bouteflika les a autorisés à établir et à payer leur propre moyen de transfert vers l’étranger avec l’argent du pétrole…. Aucune résistance de la classe politique ni des médias.
  • Bouteflika a été atteint d’un AVC «léger». Soins et convalescence toujours à l’étranger. Convalescence aux Invalide de longue durée.
  • Guerre sans merci par scandales de corruption interposées entre Bouteflika et les services de sécurité.
  • Sur décision de Bouteflika, le privilège du passeport diplomatique est étendu à tous les hauts fonctionnaires et hauts officiers, actuels ou anciens, et à leurs ayants droit.
  • La corruption à grande échelle. L’Algérie est classée parmi les pays les plus corrompus de la planète.
  • La corruption électorale au sein du FLN et du RND. Vente des premières places dans la liste des candidats aux riches les plus offrants. Un phénomène que ni Bouteflika ni son administration n’ont combattu.
  • Opulence des députés. Sur décision de Bouteflika, les députés ont vu leur rétribution exploser atteignant des sommes indécentes, eu égard au niveau de vie des Algériens. La députation est devenue un but et a attiré les aventuriers et les prédateurs facilement manipulables. La décision de Bouteflika est intervenue en 2008 quelques semaines avant l’utilisation du parlement pour l’amendement de la Constitution qui a permis à Bouteflika de briguer son 3e mandat. C’était une collaboration gagnant-gagnant…
  • Les émeutes quotidiennes et leur banalisation
  • Explosion de la criminalité urbaine et rurale. Des batailles rangées entre bandes rivaux ont vu le jour et se sont propagées sous le règne de Bouteflika. Un autre enfer pour les Algériens.
  • L’appareil judiciaire sous Bouteflika se dote de nouvelles instruments de persécution :
    Des accusations inédites ont vu le jour : «dénonciation de crime imaginaire», «incitation à rassemblement non armée», font la joie des procureurs.
  • Les cités chinoises, des concentrés de grandes tours. Si le cadre de vie dans ces mégacités reste relativement acceptable jusqu’à aujourd’hui, leur avenir reste incertain, voire inquiétant. Le système Bouteflika n’a pas lancé une politique d’envergure de sensibilisation pour la sauvegarde du cadre de vie urbaine et de promotion du civisme.
  • Le phénomène d’El Harga prend de une grande ampleur
  • Le phénomène des immolations.
  • Le phénomène des kidnappings parfois provoquant des psychose parmi les population.
  • Sous couvert d’œuvres caritatives, apparition et prolifération dans de nombreuses wilayas des bureaux du «club lions», une organisation sournoise au relent maçonnique qui dit-on est secrètement dirigée par des sionistes américains.

Autres bouleversements :

  • Le cours du pétrole flambe et passe du 20 $ environ à plus de 100 $ ! Une manne inespérée pour l’Algérie. L’Algérie éponge ses dettes extérieures et se libère des créanciers mondiaux (FMI, BM, le club de paris).
  • Grâce à la manne pétrolière, Bouteflika lance de grands chantiers d’infrastructure : Logements, autoroutes, barrages et usines de dessalement. Dans la plupart de ces mégachantiers, le surcoût dû à la corruption et à la mauvaise gestion se chiffre en milliards de dollars…
  • Le problème de l’eau est réglé dans certaines grandes agglomérations. D’autres attendent attendent leur tour. L’eau du robinet n’est pas potable. Les Algériens, dans beaucoup de villes, achètent leur ration chez les vendeurs ambulants avec tous les risques que cela entraîne notamment chez les enfant.
  • Lancement (enfin!) d’un programme de conception d’un satellite de télésurveillance qui reflète peut-être d’une ambition spatiale.
  • Alsat 2 est une version qui n’est pas 100 % algérienne, mais c’est un excellent début.

  • Le couffin de Ramadan, une invention de Bouteflika. Une solution de fortune. Il fait oublier le droit, encore inaccessible, à une vraie allocation-chômage qui garde la dignité des Algériens et les préservent de tendre la main.
  • Le tissu social ou les emplois à 3000 DA/mois. Le subterfuge de Bouteflika pour cacher le fort taux de chômage.
  • Parkings sauvages dans toutes les villes de l’Algérie. Racket des automobilistes. L’aumône devient obligatoire sous peine de perdre la voiture. Une taxe quotidienne imposée par un sous-pouvoir informel…
  • Passeport biométrique
  • L’Internet et le portable se sont vulgarisés.
  • Bouteflika encouragea le tourisme des pieds noirs et celui des juifs.

Au plan international beaucoup de bouleversements :

  • le 11-Septembre
  • la flambée du prix du pétrole
  • l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak
  • La pendaison de Sadam Hussein
  • La division du Soudan mettant l’Algérie à la première place en terme de superficie en Afrique
  • Tsunami au sud de l’Asie
  • Tsunami du Japon et grave accident nucléaire
  • élection du premier président noir américain
  • Crise financière mondiale provoquée par les spéculation immobilières américaines
  • Le printemps arabe fin 2010-2011
  • La fuite de Zine Eddine Ben Ali en Arabie Saoudite
  • La démission, arrestation et jugement de Moubarek
  • La Syrie s’enlise dans une guerre civile atroce
  • La Libye se libère de Kadhafi, mais peine à se débarrasser de l’anarchie due aux milices armées.
  • Un ambassadeur américain est tué à Benghazi par des bandes hystériques à la suite d’un film américain blasphématoire contre le prophète.
  • Le coup d’Etat contre le président Mohamed Morsi (issu des frères musulmans) après un an de son élection. Le leader du putsch est le maréchal Abdefettah Sisi, ministre de la Défense.
  • La crise du Mali
  • Le complexe gazier de Tiguentourine (In Amenas) fut attaqué par une vingtaine de terroristes «islamistes». L’assaut des forces spéciales a causé la mort de 38 otages étrangers. (16 janvier 2013)
Publicités

Un commentaire pour Bouteflika

  1. wah fkir dit :

    Quelle gaspillage de talent et d’énergie !
    Mr elergchergui, vous accablez « l’homme » de toutes les malédictions et tous les maux qui surgissent, selon vous, depuis son élection en 1999. Vous vous trompez !
    Les maux sociaux en hibernation depuis toujours sont apparus sur la place publique, après s’être dissimulés derrière l’hypocrisie populaire dont celle des donneurs de leçons religieuses qui coulent des jours heureux au Qatar. Le tamis ayant accomplis sa mission, l’ivraie et le bon grain sont séparés. Je ne vous dérangerez trop en énumérant tous les points où vous commettez des erreurs d’appréciation, mais en choisirais deux :
    – l’adhésion de l’Algérie en tant que membre supplétif de l’OTAN, au côté d’Israél : la situation précaire de l’Algérie en 1999 a contraint le Président à certaines concessions. Ce là s’appelle « la politique », et elle permet à tous d’exercer ses passe-temps, tels le Blogging, au lieu d’avoir à courir pour échapper aux bombardements des avions de cette OTAN ou de sauver sa gorge des mains de leurs mercenaires !
    – dans la remarque « Résurgence de la culture des Zaouïas et leur ingérence dans la vie politique », vous occultez un point, les Zaouias ont toujours fait de la »politique », mais uniquement lors du djihad contre la puissance coloniale, autorisant d’u coup à la majorité des algériens d’aujourd’hui de se réclamer de l’Islam. Une statistique que vous pourrez ajouter à votre bilan d’exercice : 5000 (cinq mille) ZAOUIAS supplémentaires (nouvelles ou rénovées) dispensent l’enseignement du Coran à des enfants, grâce auxquels les bénédictions divines nous sont allouées, à tous, croyant ou renégat !
    Le Coran, Mr elergchergui, dont une verse est au yeux d’Allah plus chère que tous les discours et messages personnels du monde, les miens inclus.
    Une question à vous poser :
    La liste de vos partenaires ( Le Monde, Salima Ghazali, ElJazira, AlgérieWatch, ElKhabar, ElWatan, ElMagharibia) dévoile certaines de vos associations de nature suspectes. Ce qui m’amène à la question «Pour qui travaillez-vous en réalité ? »
    Les liens de vos partenaires sont quand à eux connus : la juiverie internationale.
    Ne seriez vous pas le subterfuge d’une équipe sophistiquée de journalistes, pas un individu isolé, dont la mission est de prêcher le vrai pour diffuser le faux ?

Les commentaires sont fermés.